Les auteurs, Tarek Ben Yakhlef et Sylvain Doriath, étudiants et membres du mouvement graffiti à Paris nous décrivent une formation artistique qui trouve son origine et ses racines dans la rue.

Ils tracent les étapes successives de l’évolution plastique du graffiti à Paris depuis 1985. Chacun s’accorde à dire que le graffiti à Paris, exécuté rappelons le par des artistes venus des 4 coins de la planète, a franchi une étape décisive puisqu’elle a supplanté le style New-yorkais (dixit Futura 2.000). Ainsi nous apprenons que le graffiti est un mouvement à part entière, avec des idées et des règles concises. Le lecteur non averti comprendra aussi qu’un tag sur un immeuble 19ème siècle, un métro, le long d’une voie ferrée ou dans un terrain vague ne se limite pas à l’inscription d’un nom en caractères romains stricto sensu mais qu’après s’être choisi un pseudonyme, le tagueur s’évertuera à faire des recherches calligraphiques et typographiques quant à sa représentation. Il commencera sur une table de classe ou sur une feuille de brouillon avec un crayon à papier, un stylo bille ou un feutre, poursuivra sur un mur avec une bombe de peinture ou sur une banquette de métro avec un marqueur et finira dans un atelier de peinture. Les auteurs s’attachent ainsi à nous faire saisir leur logique d’interprétation de la société et de ses leurres. Il faut savoir qu’un tagueur n’est pas nécessairement « un adolescent de la zone » mais peut-être également fils de journaliste, de banquier, de ministre. Le Tag: un cri est poussé par une génération insatisfaite voulant saisir sa chance à l’égal de tout être humain et être reconnu du grand public sinon d’un public indépendant de son entourage. L’élément urbain comme support de travail devient alors l’espace d’expression idéal pour ces jeunes peintres. Nous ne pouvons nier aujourd’hui, en 1991, que les tags et les graffes font partis intégrantes de notre univers. Peut-être, et cela est légitime, interprétons-nous ces signes, de plus en plus difficiles à décrypter, comme une insulte à notre patrimoine mais notons par ailleurs que notre architecture n’en a jamais été affectée, non plus nos œuvres d’art, non plus les gens physiquement et matériellement.On peut penser que la musique n’est pas le seul moyen d’adoucir les mœurs. Prenons l’exemple d’un chantier en construction: vaut-il mieux se retrouver t`ace à des palissades grisâtres sans vie ou face à des murs rendus vivants par des graffeurs et animés par des personnages de bandes dessinées, un paysage spatial, un combat fantastique ou une œuvre sans nom à caractère géométrique, cinétique ou abstrait. Autant de sujets, pour n’en citer que quelques-uns, que ce livre dévoilera au cours de sa lecture et que vous n’aurez pu voir faute d’avoir été au terrain de Stalingrad (Paris 19ème), sur le chantier de la Pyramide du Louvre, dans les dépôts du métro, du RER ou de la SNCF ou encore faute d’être passé avant les services de nettoyage. Le lecteur ne pourra être insensible au fait qu’au moins 90 pour cent des œuvres représentées dans ce livre n’existent plus qu’à travers des photographies.

Il découvrira ou redécouvrira des compositions artistiques d’un art éphémère malgré lui accompagnées de dessins réalisés par les graffeurs eux-mêmes et d’interviews définissant un nouvel ordre de pensée. Mieux encore, Tarek et Sylvain nous expliquent les techniques de peintures, les styles, les motivations et les leitmotiv de ces tagueurs et graffeurs. C’est un mouvement certes né aux États-Unis en 1971 avec Taki, confirmé par Jean-Michel Basquiat et Keith Haring à New York, exporté par d’autres artistes dans tous les pays industrialisés mais qui a pris un nouvel essor en France. Paris demeure la ville la plus cartonnée au monde par les artistes graffeurs, français et étrangers depuis 1975 et rassemble une palette de styles très large. Notre capitale redeviendrait-elle le centre mondial des Arts Plastiques ?

D’horizons divers ces jeunes ont tous une même passion, le plaisir d’écrire, et une même envie, être reconnus par leurs pairs. La communication au sein de ce groupe est à la fois murale et orale. Les exploits,en effet, se transmettent de bouche à oreille jusqu’à la déformation absolue de la réalité créant parfois des situations compliquées. (toyage, bagarre, …)

Bando

Pour comprendre l’esprit et les motivations des Tagueurs il faut tout d’abord envisager leur évolution dans le temps et dans l’espace, tout en expliquant par la suite les ruses et les techniques employées dans la tentative d’exploits toujours plus dangereux.

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