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Qui es-tu ?
Je m’appelle Alain, plus connu dans le milieu dans lequel j’évolue sous le nom de Freeworker. Je suis avec Soulist le résident des soirées What The Funk (qui ont fêté leurs 10 ans en 2013), le co-animateur de l’émission radio Future Basics Radio Show sur Radio Campus Paris, un des contributeurs de la playlist « Beats » sur le site de streaming 22Tracks, rédacteur pour le site hip hop 90bpm ; et enfin, je fais quelques vidéos autour de la musique. Mais il m’arrive de dormir de temps en temps (rires)…
Comment es-tu devenu Dj ?
On me pose très rarement la question et cela va me permettre de répondre avec honnêteté. Je suis devenu DJ un peu par la force des choses. J’ai été à la base « l’intendant » de « Sound Of Brothers », un collectif de DJs et amis. Du fait de nos origines principalement antillaises, africaines et asiatiques, nous nous étions spécialisés dans des sonorités très « banlieusardes » comme le rap français, le hip hop, le new jack swing, la (bonne) RnB ou le ragga. J’utilise le terme « banlieusards » car nous évoluions en banlieue et nous ne traversions jamais le périph.
Et puis arriva un temps où les parcours familiaux, les opportunités professionnelles ou les ambitions individuelles divergentes nous ont fait prendre des directions différentes. Pour ma part, j’avais l’envie de continuer dans la musique et les soirées et je me suis mis à mixer car c’était une des conditions pour exister.
J’ai toujours été passionné de musique et j’ai juste rajouté une corde à mon arc par « dépit ». Ce que je ne regrette absolument pas.
Où et quand as-tu mixé pour la première fois ?
Pour le peu que je me souvienne, j’ai dû toucher mes premières platines au sein de Sound Of Brothers à l’âge de 20 ans. Et c’était dans l’une de nos soirées dans une salle polyvalente de banlieue.
J’ai ensuite rencontré Soulist qui était programmateur dans un bar et comme beaucoup, j’ai écumé par la suite tous les bars et les endroits où l’on voulait bien de moi. Depuis, j’ai eu la chance de jouer presque partout à Paris et dans quelques salles prestigieuses et aux cotés d’artistes non moins prestigieux. Sans compter quelques dates en France et à l’étranger.
Quels sont les cinq morceaux que tu apprécies le plus ?
Question sempiternelle (rires)… J’en ai beaucoup mais je vais m’efforcer de rester dans la thématique qui nous concerne. Et puis, ne vous attendez pas à des surprises ou des perles introuvables.
  • Public Enemy : Rebel Without A Pause –> J’ai découvert l’album « It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back » tardivement vers 91, quand j’avais 17 ans. Clairement, je ne comprenais pas les paroles en anglais mais je connaissais la verve militante du groupe et ce qui m’a plu c’est cette instrumentation remplie de tant d’énergie que finalement l’imagerie que je me faisais du morceaux était suffisante. Plus tard, j’ai su le sens du morceau et cela m’a conforté dans ma passion de ce morceau. J’ai eu l’honneur de rencontrer Chuck D, il y a quelques années, et j’ai une grande admiration pour cet homme qui est résolument une des icônes de l’histoire du hip hop.
  • Bones Thugs-N-Harmony : 1st Of Tha Month –> 1995 : j’ai 20 ans et je ne rate jamais une émission de « Yo MTV Raps ». Et puis un jour passe à l’antenne le clip de ce groupe de Cleveland dont le flow me donne une claque. Je n’avais jamais entendu ça et j’ai adoré.
  • Ice Cube : It Was A Good Day –> C’est simple, je crois que je suis un fan absolu de ce mec. Et ce titre m’a un peu marqué car il était une sorte de pause, de respiration au sein de l’œuvre du rappeur. On était tellement habitué à son univers gangsta west coast que « It Was A Good Day » venait tout calmer d’un coup. Et d’ailleurs le thème de la chanson en témoigne : une journée sans problèmes.
  • Cymande : Dove –> Un morceau magique de 10 minutes d’une finesse insensée. J’adore cette construction sous forme d’une narration qui pour moi, représente tellement l’histoire de la black music dans son ensemble. Avec War, Cymande est pour moi un des groupes majeures de la scène afro – punk – soul.
  • LL Cool J : Pink Cookies In A Plastic Bag –> Encore ma période « Yo MTV Raps ». Mais là, ça me rappelle qu’on allait avec mon frère presque tous les week end écouter des disques chez les jumeaux de La Fourche. Et même si mon premier album cassette fût « Bad », je me souviens que ce morceau passait en boucle, parmi d’autres, dans notre chambre pendant qu’on se prenait pour des stars de la NBA avec notre petit panier.
Quel est le dernier disque que tu as écouté ?
J’ai la chance de recevoir pas mal de disques et malheureusement, je les écoute un peu tardivement après les avoir stocké. Ce qui fait que le dernier disque que j’ai écouté n’ai pas forcément de première fraicheur. Mais là j’ai fait un effort avec le dernier album de Lack Of Afro « Music For Adverts » qui est sorti le 4 mars.
 
Quelle est ton actualité ?
Et bien la « routine » : l’émission de radio tous les mercredis, la playlist « Beats » sur 22Tracks toutes les semaines, la tribune What The Funk sur 90bpm qui devrait être publiée dans les prochains jours, et enfin la préparation des prochaines soirées What The Funk.
Je vais également bosser sur quelques vidéos avec le projet Black Belt et j’aimerais passer à la prod de mes propres morceaux dans les plus brefs délais.
Quel a été ton dernier coup de pression ?
En réalité, comme j’ai trop de choses à faire par rapport au temps que j’ai, je suis tout le temps sous pression. Ce qui me permet de rester dynamique et alerte dans ce que je fais.
 
 
Un dernier mot ?
Je tenais à remercier Rocket pour nous avoir permis de nous exprimer en rap français, à travers la mixtape. Il est clair que ce n’est pas la musique qu’on « défend » dans le cadre de What The Funk. A Paris, les scènes musicales sont un peu « ghetoïsées » et le rap français fait partie des styles que beaucoup s’approprient et se trouvent les seuls légitimes à exploiter.
Je tenais juste à dire que bien que nous évoluons dans des scènes différentes, il y a plein de passerelles et surtout on a pour la plupart les mêmes influences et même sources. Le rap français fait malgré tout partie d’une période de ma vie et il est certain que cette mixtape nous a replongé bien des années en arrière.