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Peux-tu te présenter ?
Je viens des Essarts le Roi (78) et je fais du rap depuis 2006 sous le pseudonyme de Boris Pare-Balles (en référence au film Snatch) avec mon collectif DJERIKAN ; on avait fait deux net-tapes gratuites intitulées « Les Pimpsons vol.1 & 2 » avant que je me consacre à un projet solo sous le nom de PARE BAAL. Mon univers est un mélange de cinéphilie, de mysticisme, de spiritualité et de politique, de références culturelles en tout genre, de jeux de mots et de proverbes détournés, de l’argot à ne plus savoir quoi en faire, mais très peu de vulgarité.

Comment es-tu devenu musicien ?
J’ai commencé à l’époque des logiciels Ejay sur PC qui permettaient d’assembler des boucles déjà faites pour « composer » des instrus. J’ai voulu conserver cette méthode en apprenant les bases de la MAO sur Cubase : c’est par le sampling que je me suis fait une brèche dans l’univers des « zikos » alors que 10 ans après je ne suis toujours pas foutu d’aligner deux accords sur un clavier. Je faisais donc mes beats « à l’oreille » et je chopais des textures de sons dans tous les sens, c’était une époque très créative. Je dis « je » mais on était plusieurs à cette époque à graviter ensemble autour des machines. A peu près à la même époque, j’ai découvert par hasard qu’un type m’avait clashé, ou plutôt il me citait en exemple dans un morceau qu’il avait enregistré chez un pote qu’on avait en commun. J’ai alors répondu à mon tour en enregistrant un titre dans lequel je le démolissait. Il a remis ça et j’ai dû encore répondre ! C’est là qu’on s’est mis à écrire des rimes et à enregistrer nos couplets sur les instrus qu’on faisait, de là à découler les deux net tapes dont j’ai parlé.

Où et quand as-tu joué la première fois ?
Un été autour de 2007, on était descendu au Portugal pour des vacances avec une dizaine de potes : on délire sur la plage et là mon pote portugais, le seul qui parlait la langue vient vers nous en disant qu’il nous a inscrit à une scène dans un bar. J’avais gravé un skeud d’instrus avant de partir et on a acheté un poste CD pour répéter un minimum avant le show. En fait c’était un spectacle de breakdance avec des DJ’s et il y avait quelques interventions de rappeurs, principalement portugais. Quand ça a été notre tour, je me souviens que certains ne connaissaient même pas leur texte, il y en avait même un qui tenait carrément un bout de papier avec ses lyrics écrits dessus pendant qu’il rappait face au public, à mourir de rire! Pour ma part, j’avais un bon coup dans le nez et je portais un gilet fluo de sécurité avec un chapeau chinois. Je crois que j’ai même pas pu terminer mon couplet tellement c’était le bordel, on a finit par un « Obligado! » et le public a quand même applaudi.

Quels sont les cinq morceaux que tu apprécies le plus ?
Alors dans le désordre ça donne :

  • DMX – Let me Fly (en fait son album It’s dark and hell is hotest pour moi le meilleur album de rap)
  • Michael Jackson – They don’t care about us (au delà de la musicalité et de l’énergie du morceau, c’est le plus grand pied de nez à l’industrie jamais réalisé)
  • Simon & Garfunkel – Sound of silence (celui-là je le dois à ma mère, un jour peut-être, je le samplerai)
  • Bob Marley – Caution (à écouter dans un coffee de préférence)
  • Chick Corea – Sorceress (un des morceaux préféré de mon père, forcément ça marque)

Quel est le dernier disque que tu as écouté ?
C’est vrai qu’autrefois j’étais toujours à la page sur tout ce qui sortait mais depuis que je fais du son, j’ai un peu lâché le pied et j’ai revendu mon lecteur mp3 16Go pour préserver mes oreilles ! Récemment, j’ai pris une bonne claque chez un pote avec l’album These Days… d’Ab-Soul, c’est sorti le 24 juin, soit 2 jours après le mien ! Ce mec n’est pas très connu pour l’instant mais il a démarré avec Kendrick Lamar, Schoolboy Q et Jay Rock, qui ont maintenant  une bonne notoriété. Souhaitons lui la même réussite, en tout cas l’album change du paysage actuel…

Peux-tu nous parler de ton dernier album ?
Mon premier street-album est sorti au début de l’été, je l’ai appelé Blitzkrieg! (Guerre Eclair en allemand) un peu en hommage à mes origines austro-hongroises, un peu aussi pour le processus de création mais surtout pour le thème de la guerre qui est plus que d’actualité et, bien qu’il soit assez récurrent dans l’imagerie du rap, il me semble que la façon dont je l’ai exploité est quelque peu originale. C’est un recueil de 15 titres totalement autoproduit, aussi grâce aux coups de pouce de quelques personnes que je salue. J’ai ainsi pu rassembler des instrus de 8 beatmakers, dont I.N.C.H, Nizi, Al’Tarba ou encore un russe du nom de PsychoDel. On a rajouté quelques guitares, des scratchs et d’autres arrangements, enregistré à la volée dans différents studios et home-studios, dont quelques feats avec Terry et Zanz, tous les deux membres de mon collectif ; j’ai aussi enregistré un morceau avec Qazid, un MC de Berlin et un autre avec RikC et Original Tonio qui viennent aussi de mon secteur. Pour les visuels, j’avais une idée précise de ce que je voulais alors j’ai mis plusieurs graphistes sur le coup pour m’aider ; pour la version CD, j’ai même pu intégrer des illustrations d’un artiste anglais qui collaient parfaitement avec le concept. L’idée est de « jouer » un peu sur les apparences, à l’image de ce que font généralement les médias.

« J’vise à la pupille vu qu’optique est le nerf de la guerre … » P.B.

Quelle est ton actualité ?
Je prépare quelques clips, dont au moins un extrait de l’album : Le Projectionniste, qui traite justement de mon penchant pour le cinéma ; et un autre totalement inédit que j’ai déjà enregistré et qui change un peu de ce que j’ai fait jusqu’à présent. On travaille avec des gars de chez moi à organiser quelques concerts. J’ai bien envie de voir ce que les morceaux peuvent donner sur scène. Sinon j’ai déjà des instrus de côté et quelques collaborations intéressantes qui devraient se faire prochainement.

Quel a été ton dernier coup de pression ?
Pas vraiment de coups de pression mais le dernier évènement marquant que j’ai en tête c’est quand un label m’a contacté il n’y a pas si longtemps « en vue d’une signature ». Je me rends là-bas, à environ une heure de chez moi en bagnole et, là, les mecs me font patienter. J’apprends dans un bruit de couloir que le système de clim est en panne et dehors il fait presque 30 degré, à l’intérieur surement plus. Le type qui m’a contacté arrive enfin, c’est une jeune recrue, plus jeune que moi, il est en nage et il a l’air stressé dans son costume alors que tous les autres présents dans les locaux ont l’air détendu en T-shirt et short. On s’installe dans une des régies et le gars commence à me questionner quelques minutes jusqu’à ce qu’un de ses supérieurs l’interrompe pour lui dire qu’il doit partir interviewer Disiz car ce serait intéressant pour lui. Il s’excuse et un autre prend sa place. Tandis qu’il lit à voix haute les notes prises par le précédent, je m’aperçois qu’il n’avait rien compris de ce que je lui avais raconté, il avait entre autre noté que j’envisageai une « carrière à la Booba », alors que c’est lui qui avait mentionné son nom et que je n’y avais justement pas porté d’intérêt. Ce rendez-vous n’a évidemment pas été concluant, Dieu merci. Independentzia !

Un dernier mot ?
Paix. Et merci à toi.

Le site officiel : http://www.pare-baal.com/
Photographies : Pare Baal