Baloo parle ///// Interview de Vincent Pompetti


///// Tu as été sacré 2e plus grand fan des Simpson de Belgique. As-tu déjà envisagé d’aller graffer un Homer sur un mur ?
C’est vrai que je suis fier d’être le second plus grand fan belge des Simpson !  J’ai rarement reçu des prix, jamais à l’école du moins…  Et là, en participant à cette émission, j’arrive second. Pour la petite histoire : juste avant que l’émission ne commence, j’ai donné sans le savoir une réponse au gars qui a gagné. Sinon, il ne m’est jamais arrivé de graffer quoi que ce soit, mais je me suis fait « greffer » Homer en pied et en couleur sur l’épaule gauche, un super tatouage qui me vaut d’être traité de cinglé par mon entourage.


///// Les Simpson ont un côté « bubble-gum » : es-tu attiré par l’univers du graffiti et ses lettres déformées ?
Je t’avoue que je n’y connais rien en graffiti. Ce n’est pas que le côté graphique qui m’attire dans les Simpson, mais surtout l’esprit de la série. Ce n’est pas pour rien qu’on en est à la 21e saison : un record pour une série animée !
///// Il y a un côté festif et joyeux dans ton dessin. La bonne humeur est-elle un leitmotiv pour toi ?
Oui ! Comme on dit chez nous : « il vaut mieux en rire qu’en pleurer, la grimace sera plus belle ». J’ai comme tout le monde des baisses de moral de temps en temps, mais je préfère positiver.  Il faut dire que je ne me prends pas trop au sérieux…
///// Es-tu un habitué de l’univers du cirque ?
Non, je suis allé pour la première fois de ma vie au cirque Bouglione, il y a quelques mois seulement. Mais les récits de cirque me passionnent depuis que je suis gamin, j’ai d’ailleurs fait un album jeunesse sur ce sujet (La bourde des trois clowns) et, durant ma « période fanzine », j’ai dessiné des histoires sur ce thème, dont une sur un scénario de Philippe Foerster.
///// Dans Circus, on retrouve « les faibles contre les puissants » et pourtant l’histoire est à la fois légère, humaine et grinçante. Est-ce ton avis ?
C’est surtout dû à Tarek qui a scénarisé cet album. Je suis content parce que justement, il a abordé l’histoire du côté positif et puis n’oublions pas que Circus est catalogué « jeunesse »…

///// On remarque que le méchant cherche constamment à ralentir le parcours des héros, mais il n’arrive pas à les déstabiliser. Qu’en dis-tu ?
Parce que justement, ça parle de gens qui vivent leur passion et qui essayent d’en vivre, que les héros sont optimistes. Et ça, on connaît, nous les auteurs de BD qui vivons notre passion et devons nous battre pour essayer d’en vivre.
///// Dans le cirque comme dans le Street art, il y a une volonté de barioler le quotidien. Alors, Baloo bientôt déguisé en clown ?
Je me considère d’ailleurs comme un clown, un amuseur. Le problème est que certains éditeurs nous considèrent aussi comme des clowns, mais dans le sens péjoratif…

Circus de Tarek et Baloo

Voici une approche peu banale du monde du cirque que nous proposent Tarek et Baloo. Ces deux auteurs font preuve d’inventivité et de chaleur humaine pour traiter ce thème classique. Circus est sur le déclin, ses meilleurs artistes ont été recrutés par l’horrible Vazata, un homme sans scrupule et manipulateur. Dépité, le patron de Circus recrute une troupe de bras cassés ne maîtrisant pas leur numéro. Il s’est décidé à leur laisser une chance, misant sur le côté «expérimental» de son futur spectacle. Vazata jubile car il n’attend qu’une chose : la chute de Circus afin de dominer encore plus le monde du cirque. Mais le destin réserve parfois des surprises : un agent africain choisit Circus pour une tournée sur son continent… Les artistes sont maladroits ? Ce n’est pas grave, le public le voit et les encourage. La confiance aidant, les spectacles s’améliorent, des artistes locaux rejoignent la petite troupe persévérante. Vazata fulmine. Il est prêt à tous les coups fourrés pour parvenir à ses fins… Sur fond de bonne humeur, les auteurs posent un propos sur la sincérité face à la rapacité ambiante. Pas de miracle donc, mais pas de désespoir non plus. La patience est une vertu qui permet de traverser bien des tempêtes…
Les dessins expressifs de Baloo réussissent à donner vie à tous les personnages, des trapézistes aveugles et unijambistes à Vazata l’enragé, sans oublier l’inénarrable Ours savant dont on ne sait si on l’aime ou on le déteste pour sa jactance. Un album qui n’aura donc pas volé son appellation « de 7 à 77 ans ».

La bande dessinée : Circus (tome 1 : En route pour l’Afrique !) de Tarek et Baloo, Idées +, 2010