Le graffiti pour sauver des vies. L’art s’engage contre le coronavirus au Sénégal

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Un livre d’art engagé

En pleine pandémie du coronavirus, l’ouvrage Le Graffiti pour sauver des vies, richement illustré, montre comment l’art urbain s’engage dans la lutte contre le virus.
Depuis plusieurs semaines, les artistes graffeurs des collectifs RBS Crew, Undu graffiti et Doxandem Squad utilisent leur art pour lutter contre la propagation du coronavirus au Sénégal. Partout dans Dakar et ailleurs, des graffitis informent la population sur les gestes barrières universels à adopter pour se protéger et pour protéger les autres. Dans ce contexte, le street art permet en outre d’alerter l’opinion sur les risques encourus par les plus démunis et de rendre hommage au personnel médical. Avec cet ouvrage disponible en téléchargement gratuit, la Fondation Dapper souhaite mettre en lumière cette initiative artistique et sanitaire d’une envergure sans précédent. C’est aussi l’occasion de contribuer à la mémoire de ces œuvres éphémères et, plus largement, d’une pandémie qui aura marqué notre époque.

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Téléchargez la version de votre choix. La Fondation Dapper met gracieusement à votre disposition plusieurs versions de cet ouvrage numérique :

L’auteure :
Aude Leveau Mac Elhone participe à l’organisation des expositions de la Fondation Dapper, principalement au Sénégal. En 2018, elle a notamment contribué à la mise en œuvre d’une résidence artistique de graffeurs lors de la biennale d’art contemporain africain Dak’Art. L’année dernière, elle a été co-commissaire de l’exposition Vivre ! Photographies de la résilience sur l’île de Gorée. Aude est également secrétaire générale de la Fondation Dapper.

Les collectifs :
@doxandem_squad
@rbscrew_sn
@undugraff

Interview de Pascal Pacaly

74532756_416859929267278_8630442636181766144_nPeux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis un écrivain stéphanois de 42 ans. Je travaille dans le monde du livre depuis quelques années et j’écris de la poésie depuis mon adolescence. J’adore la littérature américaine qui m’a amené à écrire, avec Rimbaud et Sade. J’ai pas mal écrit sur le rock français et la poésie… Tout ça se trouve au sein de la maison d’édition des Joyeux Pendus. Pour nous les livres sont le savoir, le meilleur moyen d’apprendre sur notre humanité et notre société. Et grand fan de foot aussi, ah ah et de cinéma !

Associer des poèmes et des œuvres d’art est assez original. Comment as-tu eu cette idée et pourquoi ?
C’est un mélange de plusieurs choses. D’une part l’envie de montrer ces superbes illustrations, photos et peintures. Quand tu es amoureux de l’art, quand tu sais ce que cela représente du point de vue humain : le message, l’éternité, le témoignage… C’est une œuvre débordant d’amour, c’est la volonté de mélanger les genres les pays, les gens… Quant à la poésie, on est là à fleur de peau, entre écorchés vifs, on explore la douleur, la solitude…. Histoire de peau, de rencontres, d’amour, de déchirures…

Peux-tu nous en dire plus sur le choix des œuvres ?
Alors comme je dis toujours, les papillons et les fleurs bleues, pas pour moi, du moins dans les textes, car sinon j’adore ça ! Mais j’aime aller là où on ne va pas, c’est plus intéressant. Les fêlures des gens aussi… Là, on est dans le vrai, dans les émotions à fleur de peau… Donc on s’oriente déjà vers du « sombre »… Après, concrètement, il y a des gens que je connaissais, et pour d’autres, je me suis laissé guider par le bouche-à-oreille ou la découverte du hasard. Facebook n’a pas que des inconvénients, heureusement, quand on se donne la peine de monter d’un cran, de chercher un peu de culture, d’art et d’artistes, on trouve…

As-tu un autre projet sur le feu ?
Plusieurs en fait. Plein de livres, mais celui qui, je pense, retiendra le plus l’attention est le tome 3 de La France est rock, dont le but est de raconter l’histoire et les coulisses des groupes de rock français. De montrer aussi, que la France, ce n’est pas que de la variété, qu’il y aussi des tas de groupes qui se battent pour réaliser leurs rêves, que des tas de bénévoles dans plein de festivals se démènent pour que cette scène existe. Il y aura pour ce tome 3 des groupes/artistes comme Miossec, La Rue Ketanou…

Quels sont les retours des lecteurs sur ce livre ?
Écoute, je ne crois pas avoir eu de mauvais retours, même si ça peut paraître prétentieux… Après, voilà, aux éditions, on a mis le paquet pour que ce soit à la fois un beau livre, et accessible au niveau du prix. Je pense que bien évidemment les illustrations sont pour une grande part dans ce succès. La variété surtout de celles-ci : peinture, street art, graphisme, dessin, photo et aussi de multiples pays : France, Japon, USA, Belgique, Italie. Bon, et j’ose croire que les poèmes plaisent également un tout petit peu !

Si tu devais donner envie de découvrir ton livre à un éventuel lecteur ou une éventuelle lectrice que lui dirais-tu ?
Qu’il y a des douleurs qu’on peut rendre belles. Qu’écrire les interludes est une petite solution et une grande émotion. Que les arts sont une richesse incroyable depuis des millénaires, et que ce livre présente un témoignage de quelques artistes du monde entier, de ce que fut, de ce qu’est leur vision de la vie à un instant T.

Où peut-on acheter ce livre ?
On peut passer par les librairies, mais le mieux, le vraiment mieux est de passer directement par nous.

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Crédit images : Destroy Trash/ Toon Hertz/ Tarek/Jean Yarps/ Kiki Chapiron/ No Soucy Frédéric Truteau/Ptit Marc

« … Dans ton cratère je prends feu
C’est l’ardeur, un peu contagieux
Combats pour enlever l’armure
Sous tes champs de violence, nos griffures
Allez mords-moi fort
Allez sois conquistador mi amor 
Entends-tu la clameur ?
C’est l’entracte de nos heurts
On jouira côte à côte
On se pèsera l’âme en toc
Plus tu pousses et mieux je bloque
On enfouira nos entrailles sous la terre
L’Amour avec des vers 
Poumons d’outre-tombe remplis d’air
Dans le fleuve de tes artères
Voilà que je me régénère »

74532756_416859929267278_8630442636181766144_nPour commander le livre, c’est ici : leseditionsdujoyeuxpendu
Le teaser : Apocalypse Mi Amor – Pascal Pacaly
Visite du livre : Apocalypse Mi Amor

Les Misérables, un film à voir !

Découvrez la bande annonce de LES MISÉRABLES réalisé par Ladj Ly.

Stéphane, tout juste arrivé de Cherbourg, intègre la Brigade Anti-Criminalité de Montfermeil, dans le 93. Il va faire la rencontre de ses nouveaux coéquipiers, Chris et Gwada, deux « Bacqueux » d’expérience. Il découvre rapidement les tensions entre les différents groupes du quartier. Alors qu’ils se trouvent débordés lors d’une interpellation, un drone filme leurs moindres faits et gestes…

Un film réalisé par Ladj Ly.

Avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga, Jeanne Balibar, Steve Tientcheu.

En salle depuis le 20 novembre 2019 LES MISÉRABLES

Bande Annonce VF © 2019 – Le Pacte

Chroniques #10

Le Bestiaire fantastique du street art
Codex Urbanus et Chrixcel, Alternatives

Bestiaire street art
Les animaux fantastiques que l’on retrouve surtout dans la littérature jeunesse ou encore dans la bande dessinée sont quasi inexistants de la peinture contemporaine et moderne. Cette thématique est revenue en force avec l’art urbain, que ce soit le graffiti utilisant l’imagerie des comics et de la BD ou le street art ; et le Lowbrow, mouvement pictural né en Californie dans les années 70. Ce livre raconte à sa manière, légère et amusante, sous le regard d’un praticien, Codex Urbanus, l’apparition de ces drôles de bêtes sur nos murs depuis quelques temps déjà… Une bonne lecture si vous aimez les animaux fantastiques en tout genre.

Ma rue par Achbé
Achbé, Alternatives

Ma rue par achbé
Achbé intervient dans l’espace public depuis 2016 et propose une œuvre originale, engagée et percutante qui suscite chez les passants montmartrois, son quartier de prédilection, intérêt et sympathie avant de toucher un public beaucoup plus large sur les réseaux sociaux. Sur le bitume parisien, elle trace à la craie des formules qu’elle photographie. Libérée dans la rue, sa parole se fait image, au sens propre comme au figuré. Elle suit sa propre voie en marge des arts urbains.
Un livre ludique fort sympathique à regarder et que l’on peut offrir aussi.

Visages de Scampia
Davide Cerullo, Gallimard

Visages de Scampia
En 2015, l’artiste Ernest Pignon-Ernest souhaite prolonger à Naples le parcours de son projet « Se torno » qui l’a vu coller sur les murs de Rome et de Matera l’image d’un Pasolini au regard sévère portant dans ses bras son propre corps sans vie. C’est Davide Cerullo, enfant du quartier passé par la criminalité avant de trouver la rédemption dans la poésie, qui va lui ouvrir les murs de Scampia, banlieue populaire de Naples dans laquelle l’artiste voit un univers pasolinien d’aujourd’hui. Le Français découvre son travail photographique saisissant depuis une dizaine d’années la vie du quartier dans ses aspects les plus durs mais également avec l’espoir et la conviction que les enfants seront sauvés par l’instruction. Des textes d’auteurs renommés comme Erri De Luca ou Christian Bobin joignent leur voix à celle d’Ernest Pignon-Ernest pour introduire les photographies de Cerullo. Cet ouvrage est magnifique et nous montre le côté obscur de la société italienne, celle des pauvres et des perdants de la mondialisation. Vous aurez certainement envie de vous replonger ou de découvrir la somme publiée sur Ernest Pignon-Ernest par le même éditeur. L’humain avant tout.

Chroniques #9

Green Art
Linda Mestaoui, Alternatives

Green art

Réunissant plus d’une trentaine d’artistes contemporains internationaux, cet ouvrage s’inscrit dans le courant du land art, mouvement né au début des années 60 aux États-Unis, utilisant le champ infini de la nature comme matériau et support de création. L’artiste, par ses interventions phénoménales en forêt, en ville, à la montagne, ou encore en plein désert, sensibilise le public à la beauté de la nature et à l’urgence écologique. Le Land art demeure hélas encore assez peu connu du grand public pour des raisons de faible médiatisation mais aussi parce qu’il est difficile d’en faire partout et surtout dans les zones très habitées des centres urbains… Ce livre a au moins le mérite de nous offrir un panorama de la scène actuelle avec des photographies magnifiques et un texte très didactique. Une belle surprise !

Guide du street art en France
Collectif, Gallimard

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Après le succès du Guide du street art à Paris, la maison Gallimard lance un nouveau guide concernant dix villes françaises où l’art urbain s’est imposé : Lille, Rouen, Rennes, Nantes, Bordeaux, Toulouse, Sète (on se demande pourquoi), Marseille, Lyon et Strasbourg. Une carte indiquant l’itinéraire à suivre, les sites à voir et les bonnes adresses, un parcours fléché, des rubriques détaillées pour en savoir plus et des focus sur des œuvres, des lieux ou des artistes incontournables sont encore présents dans ce petit livre à posséder quand on souhaite faire du tourisme « urbain ». Un petit reproche toutefois : autant de villes dans un même guide nous semble être réducteur car Lyon ou Marseille, pour ne citer que ces deux exemples, possèdent autant de murs peints que Paris… Et à quand un guide sur la banlieue parisienne ?