Revas, pour l’amour du graff

Alors que les crews ALEZ, PRC, DKPEZ, LSA sont déjà ancrés dans le paysage réunionnais dans les années 2000, REVAS découvre le graffiti et explore les maisons abandonnées de l’ouest de l’île en quête d’adrénaline. REVAS du TEA crew est désormais un pionnier pour la nouvelle génération de graffeurs à la Réunion.

Attiré par l’ambiance, l’aventure et sa petite histoire du soir. Il entre sans hésitation dans le mouvement à la recherche de terrains inconnus, difficiles d’accès pour investir des lieux vierges en graffiti.

REVAS : « Des expéditions qui parfois sont hasardeuses et difficiles d’accès, à cause du matériel, de la chaleur ou encore des bois épineux. MAIS ça vaut le détour. »

LA PETITE HISTOIRE

R : « Un plan qui à la base devait se passer tranquillement, comme sur des roulettes qui s’est terminé en course-poursuite avec le propriétaire, ses amis et son fusil, le long d’une autoroute, c’était une sacrée expédition ! »

VANDALE UN JOUR, VANDALE TOUJOURS

R : «  Tant que le mouvement et que ma passion me procure du plaisir, j’espère continuer à peindre et pourquoi pas être toujours là dans 40 ans. Papi et encore en place ! Le côté engagé dans la recherche d’un mur inconnu du public ou faire des fresques entre amis me prend déjà pas mal de temps, donc m’exposer en galerie n’est pas à l’ordre du jour. »

SON POINT DE VUE SUR L’ÉVOLUTION DU GRAFF À LA RÉUNION

R : « Le graffiti à la Réunion connaît des pics d’activités et des moments de relâchement dû au coût du matériel qui reste toujours aussi cher. D’un point de vue mondial, difficile de constater l’évolution de notre petit caillou mais le côté artistique urbain a pris beaucoup d’ampleur. »

DÉDICACE

R : « Je souhaite remercier et passer un gros big up à mon entourage et toutes les personnes que j’ai pu rencontrer durant ces dernières années. »

Influencé par la diversité de son crew, du graffiti réunionnais et de ses voyages, il profite de ses connexions locales, nationales et européennes pour vivre sa passion qui est la peinture et rêve de développer des projets graffitis à des fins humanitaires dans les pays en difficulté.

Interview de Tefi

tefiTefi

Cette interview est née d’une drôle de rencontre dans le métro… Téfi et un de ses amis montent dans une rame dans laquelle je me trouve. Au moment de descendre, il m’adresse la parole : « Tarek ? »… Je lui rétorque aussitôt qu’il peut me joindre par mail via le site Paris Tonkar… Quelques mois plus tard, notre magazine lui consacre ce portrait fort intéressant…

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
On me surnomme Tefi. Artiste et de temps en temps « catartiste » ou street-artiste (peinture, pochoir, sculpture, toys faits maison comme mon canard punk). J’aime toucher à tout et j’aime les belles choses, sans forcement faire passer un message, juste faire plaisir et toucher le plus de gens possible…

_MG_3055Te souviens-tu des premières fois où tu as vu des graffiti dans la rue ?
Je me rappelle juste qu’à un moment il y en avait partout. J’ai grandi dans l’ouest parisien : j’adorais dessiner et faire du skate. J’imagine vers 1991, j’avais 14 ans. La culture street et hip-hop était en plein essor. J’ai eu Spraycan artet Subway artdans les mains, mais j’adorais surtout les dessins de Mode2 dans « Noway skateboarding mag ». Dans le graffiti comme le dessin, c’était un extraterrestre !

Est-ce que cela t’a donné envie de faire la même chose ?
J’ai bien dû graffer un jour un perso-aérosol ou poser un ou deux tags sur la petite ceinture mais j’étais bien meilleur en dessin sur papier ou en arts plastiques. Quand j’étais dehors, c’était pour skater ou voir mes potes. Ce n’est que bien plus tard que je suis retombé amoureux de la rue…

Quand est-ce que retombes dedans ?
Je me suis remis à créer vers 2008 puis à peindre et faire des pochoirs chez moi. Je m’intéresse à tout en général. Internet m’a permis de voir ce qui se fait dans le monde. J’ai aussi rencontré Honey (un graffeur ) en 2011 qui est devenu un super bon pote : il a adoré mon travail et m’a convaincu de sortir poser avec lui dans la capitale. Mon premier délire a été de customiser les cyclistes peints au sol. Puis c’est allé crescendo et mon champ d’action s’est élargi ainsi que mes créations : la rue, les carrières…

Pourquoi est-ce que la rue est devenue importante dans ta création artistique ?
J’adore poser dans la rue. Ce n’est pas pour le côté vandale mais bien pour le plaisir que cela me procure. C’est pour cela que mes créations ne sont conçues que pour la rue. J’aime surprendre, trouver le bon spot. Et puis c’est une galerie à ciel ouvert… On peut s’y faire connaître rapidement même si ce n’est pas mon but premier…

Que penses-tu des artistes de rue d’un jour ?
Je n’ai rien contre les graffeurs ou les streetarteurs d’un jour, surtout s’ils ont la bonne touche d’humour ou de créativité au bon moment et au bon endroit. J’aime quand c’est simple et beau : il ne faut pas oublier que c’est un art éphémère et que la rue appartient à tout le monde !

petits ducks

Peux-tu nous parler de ton univers et de ceux que tu as croisés lors de tes sorties ?
Apres les sessions cyclistes, les catas m’ont permis de toucher pas mal de supports, surtout les zones d’eau (j’y ai posé un cygne, un plongeur, un dauphin). Je pose principalement où je vis (Paris centre et ouest) : des pochoirs principalement, mais je me suis mis aussi à la production de pièces uniques après avoir découvert le polyuréthane. J’ai fabriqué ma mascotte (mon canard punk) t mon blaze dans 2 formats. J’ai dû en coller plus de cent, dont au moins 70 à Paris. Côté pochoir et, depuis peu, collages, customisation d’affiches, mon inspiration se fait par le biais de personnes, du mobilier urbain… en bref, tout ce qui me passe par la tête ou qui sort de mon appareil photo. Je suis plutôt quelqu’un d’instinctif, c’est pour cela que je me suis mis à faire des animaux afin de les réintégrer dans le décor parisien en taille réelle. Ils sont inoffensifs, tous beaux…  même le mec qui les retire n’a pas envie de leur faire du mal (rires)… Je me suis mis depuis peu à la sculpture en carton. Depuis 2011, j’ai fait pas mal de rencontres sympas à des expos comme à la galerie 154 ou même sous terre avec quelques membres des GRK, des FC ainsi que le pochoiriste Nobad. Les catas sont une bonne école et mes créations y sont respectées.

pont alex III

Tes œuvres ont-elles voyagés ?
Quand on commence à poser, on a du mal à s’arrêter. En voyage, j’emporte des stickers et mes petites pièces. Je les poses avec mes amis, ma copine ou même seul (ça m’arrive souvent). J’en ai à Berlin, à Bali, au Vietnam, à Lisbonne, en Espagne, en Belgique et même au Mexique. J’ai envie de toucher un maximum de gens, de voir la réaction des gens sur place. Et cela permet de faire de belles rencontres aussi…

Photographies : Tefi

Interview de Madame

+IMG_8435

Madame, vous la connaissez sans le savoir ! Des moustaches rouges ou de grands collages papiers ornent régulièrement les murs de Paris… Mais aussi en Province où elle se rend pour de grandes réalisations murales. Mais qui se cache derrière cette moustache ?

Pourquoi avoir choisi comme nom d’artiste Madame ?
Ce nom m’est venu au tout début lorsque je bossais encore avec Sword (Johann Bouché-Pillon). Il y a quatre ans de cela, je le suivais dans ses pérégrinations nocturnes pour le photographier et il m’a progressivement proposé de coller aussi certaines pièces que je faisais et qu’il avait vu trainer chez moi. De petits collages alors assez simples. Au moment de les coller, la question du nom à y apposer s’est posée et, sans même réfléchir, j’ai fabriqué assez maladroitement un pochoir estampillé Madame (dont je me sers toujours d’ailleurs). Je ne sais pas, je trouvais ça simple et propre. Efficace en quelque sorte. Je trouvais ça obsolète et clinquant à la fois et ça faisait pas mal référence à des moments clefs de mon enfance et de mon adolescence. C’était logique.

image[1]Peux-tu nous décrire ta pratique artistique dans la rue ?
Plus qu’une pratique de rue je crois que c’est une démarche globale qui trouve sa finalité, son aboutissement, dans la rue. Je construis à partir de vieux documents divers (publicité, vieux ouvrages, magazines, tissus, gravures) de nouvelles images en les redécoupant. J’essaie en quelque sorte de faire dire de nouvelles choses à des images et à de l’iconographie ancienne. Un peu comme si ces vieilles images pouvaient reprendre vie à notre époque. Ces collages une fois constitués sont scannés puis imprimés en grands formats pour être apposés dans la rue. Ces images sont toujours constituées d’une image et d’un texte qui dialoguent mais ne sont jamais l’illustration l’un de l’autre. C’est ce que j’appelle des images à tiroir, avec une lecture multiple possible. Je ne montre pas, ni n’oriente dans une quelconque interprétation. Je tente juste de proposer une porte ouverte sur autre chose que ce que l’on voit, et c’est pour ça qu’il me semble logique et important de coller ces pièces, une fois abouties, dans la rue. C’est là qu’elles y trouvent tout leur sens. C’est un parcours de la sphère intime à celle publique, multiple et anonyme.

image[2]

image[3]

Quelles sont les thématiques que tu affectionnes le plus ?
De manière assez flagrante la thématique du genre me tient beaucoup à cœur, et tout ce qui en découle. J’aime à interroger cette notion et finalement l’importance de celle-ci. Mais au travers de cette thématique « fil rouge », je travaille beaucoup sur les notions de frontière, de transgression, de jeu et bien évidemment d’amour, heureux ou pas.

P1010813 copieLe papier est à la base de tes productions de rue. Comment réalises-tu tes œuvres ?Comme je te le disais, je pars de vieux documents (début du siècle jusqu’aux années 60/70) et je redécoupe tout à la main pour reconstituer une nouvelle « image ». C’est donc un travail tout d’abord de recherche de matière première (tissus, papier, agraphes, cartons) puis de composition de matière, de couleur et de sens, de la même manière qu’un tableau. Ces pièces, une fois scannées, sont collées à Paris ou ailleurs. C’est un travail de papier et de matière, sans doute lié à l’importance que j’attache à l’empreinte, à la trace humaine dans la création quelle qu’elle soit. Une sorte d’artisanat qui me tient vraiment à cœur. Sans doute parce que j’aime la fragilité et que le papier dans la rue en est la pure incarnation.

Pourquoi ajouter une moustache à ta signature ?
Cette moustache a débarqué sous le « madame » au moment de la création de mon pochoir, encore une fois comme une évidence. Une sorte de pied de nez aux détracteurs de ma féminité adolescente ou un clin d’œil à la bande de mecs que je fréquente quotidiennement, sans doute un peu des deux. Mais c’est aussi en rapport aux thèmes que j’aborde dans mes pièces.

IMG_4608(1)

IMG_6280

IMG_9974

IMG_4960As-tu d’autres pratiques artistiques en atelier ou ailleurs ?
J’ai pratiqué le théâtre durant 10 ans (dont 8 de manière professionnelle) et j’ai également été scénographe. A vrai dire, je crois que mes pratiques et la curiosité que j’ai s’accroissent surtout dernièrement : je pense chaque jour à de nouvelles choses à tester, il ne me manque que le temps et un poil d’espace. Je crois qu’il est hyper important de s’essayer à de nouvelles choses pour se renouveler et pour surprendre. Les artistes que j’aime le plus sont ceux qui sont toujours là où je ne les attends pas. C’est tellement beau la surprise. Dans l’art comme ailleurs.

La rue est-elle importante dans ta manière d’appréhender ton art ?
Elle est essentielle. Même si dernièrement j’ai eu pas mal de projets et que j’ai moins collé dans la rue, c’est toujours une partie intégrante de ma démarche. Toutes les pièces que je crée sont collées dans la rue et ne sont jamais exposées si elles n’ont pas été collées préalablement. Puis c’est avant tout pour rencontrer et échanger que je fais tout ca, alors quel autre meilleur lieu pour le faire que la rue ?

P1090064

P1090303

P1090304

P1100028

P1090310Quelles sont tes dernières collaborations les plus marquantes ?
La plus marquante et la plus durable est celle avec Fred Le Chevalier qui, après avoir vu mon travail dans la rue, m’a contactée et avec qui je travaille régulièrement mais qui est aussi et avant tout devenu un ami. Celle aussi sans doute avec Nicolas Villa (graffeur, graffiste, peintre italien de Gênes) avec qui j’aime travailler et auprès duquel j’apprends beaucoup techniquement. Sinon toutes les collabs ainsi que les rencontres que j’ai pu faire dans ce milieu depuis mes débuts ont été hyper marquantes et instructives aussi bien humainement qu’artistiquement.

Colles-tu dans d’autres pays ?
Oui, je colle un peu partout au gré de mes voyages, en Italie, dernièrement au Mexique, bientôt à New York. Je trouve ça hyper grisant et excitant de laisser une trace dans un ailleurs, loin de ce que l’on connaît.Puis généralement ça fait l’objet de bien chouettes rencontres. Sans compter que c’est de la matière première pour les travaux à suivre.

P1220599

Peux-tu nous parler de tes prochains projets ?
(Rires)… Je suis hyper superstitieuse donc du coup j’essaie de tenir ma langue généralement mais pour survoler le sujet, je te dirais qu’il y a des voyages en préparation avec, je l’espère, des rencontres et des collabs à la clef. Une expo peut être ici ou à l’étranger, un festival en Italie et plein d’autres choses. On verra ce qui fonctionnera ou pas. Merci infiniment à toi comme à tous.

P1100030

Photographies : Madame et Tarek

We need art : La plateforme dédiée à l’art urbain

Sans titre

WE NEED ART, c’est quoi ?
WE NEED ART, c’est une plateforme internet marchande dédiée à l’art urbain. Aujourd’hui, j’ai convaincu 18 artistes français, de Paris ou de province de participer à l’aventure et j’espère bien que d’autres se joindront au mouvement. La plateforme met en ligne des toiles originales réalisées par ces artistes, et ceci, à des prix raisonnables pour que tout le monde y trouve son compte, les artistes, mais aussi les acheteurs. Pourquoi uniquement des toiles ? Parce que c’est le support de référence selon moi.
Sur WE NEED ART, c’est l’artiste qui fixe le prix de ses œuvres et la plateforme ne rajoute aucune commission à ce prix. On se rémunère différemment. Il n’y a aucune notion de placement financier, c’est uniquement le plaisir d’acquérir une œuvre qui plaît à un prix cohérent.

Sans titre1

Quels sont les atouts de WE NEED ART ?
J’ai voulu mettre l’accent sur les œuvres bien sûr, mais aussi sur les artistes eux-mêmes. Nous avons réalisé une courte vidéo de présentation de chacun d’entre eux avec Tim JARROSSON qui est un motion designer de talent, ce qui permet de les découvrir en action, dans leur environnement, réalisant une toile ou un mur, et nous expliquant leur parcours, leur recherche, leur univers. C’est très dynamique et coloré.
Pour les œuvres, j’ai tenu à ce que les artistes commentent en quelques mots leurs créations. Il est vrai que chacun peut et doit se faire sa propre idée de l’œuvre qu’il contemple, mais c’est bien aussi d’avoir la vision de l’artiste.
En plus, si les visiteurs du site sont intéressés par une œuvre, nous pouvons leur présenter « en vrai » dans notre showroom, car il reste encore beaucoup d’amateurs qui aiment voir ce qu’ils achètent. C’est un plus. Ce n’est pas une galerie, c’est juste un espace où l’œuvre peut être vue sous toutes les coutures. Par contre, il faut prendre rendez-vous.

Sans titre2

Sans titre4

Qui es-tu ?
Je suis juste un collectionneur amateur qui a eu envie de faire quelque chose pour permettre à plus de gens d’accéder à l’art urbain sur toiles. En discutant avec pas mal d’artistes, je me suis rendu compte qu’il n’était pas facile pour eux de vivre de leur art, alors pourquoi ne pas profiter d’internet pour faire connaitre ces artistes au plus grand nombre ? Et voilà, tout est parti de là. Internet est un vecteur formidable pour toucher la France entière. C’est déjà un automatisme dans beaucoup de domaines, et l’art urbain ou non, était un peu en retard dans ce domaine.

Sans titre5

Après, ce n’est pas mon métier, j’ai pris 6 mois pour tout organiser, convaincre les artistes, développer le site, tourner les vidéos, sélectionner les œuvres … Et voilà…aujourd’hui, c’est en ligne.

Et les artistes ?
Sans titre7Les artistes qui m’ont suivi dans ce projet sont d’origines diverses, de différentes générations, de Paris ou de province. Beaucoup d’entre eux sont d’anciens graffeurs des années 90 et 2000 mais il y a aussi de jeunes artistes dans la vingtaine. Je les ai contactés, je suis allé les voir personnellement… Paris, Nantes, Lyon, Saint-Brieuc, Caen… un vrai tour de France, avec la SNCF, tout est possible, même pendant les grèves.
Leurs créations sont très variées, collage, pochoir, graffiti, abstrait ou un mix de techniques. Cela donne des œuvres d’une grande qualité. Beaucoup d’entre eux sont également muralistes, ce qui leur permet d’exprimer leur talent sur des surfaces bien plus grandes. 10 d’entre eux ont réalisé une performance LIVE le samedi 13 octobre après-midi à l’Espace ALBATROS à Montreuil, c’était génial. Une grosse ambiance, musique, public… et le soir, nous sommes tous allés diner dans PARIS. C’est un bon groupe.

WE NEED ART, c’est pour quand ?
Le site est déjà en ligne donc on peut déjà admirer les œuvres disponibles mais on ne pourra passer des commandes qu’à partir du 18 octobre 2018.

Comment vois-tu l’évolution de WE NEED ART ?
La plateforme est ouverte à d’autres artistes, bien évidemment. J’ai pas mal d’artistes en tête à qui je voudrais proposer le projet, mais je pense que le lancement de la plateforme va aussi donner envie à des artistes de participer. J’aimerais bien arriver à une cinquantaine d’artistes, mais je dois garantir la diversité des œuvres et des techniques proposées. C’est ce qui fait l’attrait de notre plateforme. Ensuite, il faut que l’artiste accepte la règle du jeu. Chez WE NEED ART, pas de cotation officielle de type galerie (qui intègre la commission de cette dernière) et de cotation atelier d’artiste inférieure de 50%. L’artiste affiche son prix et perçoit ce prix, c’est le circuit court de l’art, de l’artiste à l’amateur.
Je donne rendez-vous à PARIS TONKAR dans un an, et on en reparle !!

Site : www.weneedart.com

Réseaux : Instagram et Facebook

Interview de Orbiane Wolff

Pour découvrir les coulisses de « One Shot », Orbiane WOLFF – Présidente de Superposition – nous a relevé les secrets du projet.

visuel_one_shot-1400x990

Comment est né le projet « One Shot » ?
Ce projet est né de la rencontre de Superposition et du Centre Commercial Confluence dans le cadre des afterworks artistiques et des samedis arty destinés aux familles. Je me suis alors posée une question toute simple : que deviennent les magasins entre deux exploitations de marques ? Nous nous sommes rendus compte qu’il y avait toujours une période de transition représentant l’opportunité de présenter une exposition éphémère. Nous avons visité le lieu et toute l’équipe a été emballé par cette coque (NB: magasin inoccupé) immense permettant un recul intéressant sur les œuvres et d’autant plus lorsque ce sont des fresques murales !

34191608_411694849305963_4432161006839398400_n
De là, nous nous sommes lancés le challenge d’organiser l’exposition « One Shot » puisque le temps imparti était très restreint dû à l’arrivée prochaine d’une nouvelle marque. Je dois l’avouer que nous avons relevé ce challenge avec grand plaisir et grand enthousiasme. « One Shot » a également suscité un engouement immédiat de la part des artistes dès l’instant où je leur ai proposé d’y participer.
De plus, l’enjeu de cette exposition est de sensibiliser à la fois notre public averti à l’art et ce nouveau public qui va découvrir cette exposition de street-art dans un lieu dont la destiné première est la consommation de produits marchands et non de culture. Ce contraste entre consommation de masse et proposition culturelle me semble être une des pistes majeures de réflexion de l’exposition « One Shot ».

Parvati_One_Shot
Je tiens particulièrement à remercier le Centre Commercial Confluence d’avoir été sensible à cette problématique et a encourager la promotion des artistes dans le milieu du street art.

16403011_1086038271523838_3778617004796498224_o

Pourquoi avoir nommée l’exposition « One Shot » ?
One Shot c’était maintenant ou jamais ! Cette coque (NB : nom donné d’un magasin inoccupé) était une réelle opportunité de faire une exposition grand format. Nous savions que ça allait demander beaucoup de travail puisque les temps de coordination, de sélection et de production étaient très courts. « One Shot » fait référence à la fois ce défi organisationnel mais aussi au fil d’Ariane donné aux artistes dont l’énigme et la problématique traitée par 20 regards différents me semble être une urgence planétaire.

Comment s’est faite la sélection des artistes ?
La direction artistique s’est faite naturellement puisque nous avons décidé de mettre une fois de plus en avant les talents de demain auxquels nous croyons et pour la première fois l’invitation de deux artistes que j’ai eu la chance de rencontrer à l’occasion de mon séjour récent au Canada.
En tant que commissaire d’exposition, j’avais vraiment une volonté de faire une programmation hétéroclite qui puisse donner un aperçu des différentes techniques présentes dans le street art aujourd’hui. Cette notion est très importante, c’est pour cette raison que vous pouvez retrouver du graffiti, du collage, de l’illustration, des volumes lors de cette exposition.
« One Shot » c’est aussi une programmation qui m’a semblée évidente dans le sens où nous tenions à remercier les artistes qui nous suivent depuis le début ! Évidemment tous ne sont pas présents car certains sont déjà sur le projet de transformation de la rue Victor Hugo.

Loodz_One_Shot

Que peux-t-on trouver/faire à One Shot ?
Vous pourrez admirer des œuvres sur 200m² de surfaces linéaires de murs dédiés aux artistes et qui ont été réparties en fonction des envies de chacun ! Certains vont peindre à même le mur, d’autres ont trouvé des moyens détournés d’occuper l’espace. Il y aura également un accrochage des dernières œuvres des 20 artistes que nous avons la chance de présenter pour cette exposition.
Toujours dans un but de démocratisation de l’art, nous allons organiser des visites guidées par la médiation, des ateliers tous publics encadrés par les artistes tous les mercredis et les samedis et qui vous invitent à venir découvrir des techniques diverses et variées. Il y aura également des expériences musicales, nous aimons associer ces deux types d’art qui nous tiennent à cœur chez Superposition ! Vous pourrez aussi découvrir des surprises et des expériences proposées tout au long de ces 33 jours d’ouverture, il faudra donc bien suivre le programme sur Superposition !

Sphinx_One_Shot

Il y aura-t-il d’autres expositions comme celle-ci ? Un « One Shot#2 » ?
Pour l’instant « One Shot » reste un one shot. Deux, s’il y en a je serai ravie mais pour l’instant nous allons nous concentrer sur cette première expérience afin de la mener au mieux. Il faudra donc rester aux aguets pour voir si un « One Shot#2 » sera programmé. Cependant vous pouvez d’or-et-déjà noter qu’il y aura notre anniversaire pour les 3 ans de Superposition (où l’on compte bien faire un get together friendly) et une cinquième édition de l’Urban Art Jungle Festival en 2019 !

Le_Monster_One_Shot

Si tu devais donner trois bonnes raisons de venir ?
Dans un premier temps, c’est de venir découvrir le travail des artistes qui va être orienté autour du thème principal du réchauffement climatique et de l’écologie. Un sujet qui nous tient à cœur au sein de l’équipe et qui gagnerait à être vue par tout le monde. C’est donc une invitation à la réflexion sur le monde dans lequel on vit et sur les effets de notre environnement qui va être traitée par 20 regards différents, point essentiel de cette exposition. Deuxième raison, la caractéristique monumentale du projet ! L’exposition « Wild Washing » de Kalouf visible à SITIO était déjà engagée. Ici « One Shot » sera une exposition différente avec des murs peints et le facteur grand format va vous surprendre ! Et troisième point, pour vivre une expérience, venir participer aux ateliers gratuits, pour venir rencontrer les artistes et profiter de cette émulsion culturelle qui sera à portée de main car je le rappelle Confluence est au bout du tram !

40940631_10156158162813813_3708854347728158720_n

Je vous invite tous à découvrir en avant-première l’exposition le 11 octobre à partir de 18h !

Photographies : SITIO