Exposition « Ma rue par Achbé & Les Trottoirs »

L’une sillonne les trottoirs du monde entier depuis plus de trois ans à la recherche de pépites graphiques et de compositions artistiques. L’autre craie sur son trottoir de Montmartre et d’ailleurs ses messages engagés, poétiques et (im)pertinents depuis plus de deux ans.

La rue par Achdé

Il était donc naturel que leurs chemins se croisent … Venez rencontrer Mélanie, alias Les Trottoirs, et Claudie, alias Ma rue par Achbé, en chair et en os et (re)découvrir leur travail à l’occasion de leur première expo-vente de photographies qui se tiendra à partir du vendredi 22 novembre 2019 à l’Atelier Beauregard.

INFOS PRATIQUES

  • Adresse : Atelier Beauregard, 30 rue Beauregard, 75002 Paris.
  • Dates de l’exposition : les 22, 23, 24, 29, 30 novembre et 1er décembre de 13h à 20h.
  • Vernissage jeudi 21 novembre à partir de 19h.
  • Entrée libre.

Retour sur le Graffiti 974 JAM – 1ère édition

La Réunion a connu un mois d’octobre 2019 animé par plusieurs événements street-art et graffiti ! Retour en images sur l’un d’entre eux : Le Graffiti 974 JAM, 1ère édition organisé par Le Graffiti 974 et l’association LORD de la Rochelle. Un événement qui a duré 2 jours, les 26 et 27 octobre 2019 à l’Etang du Gol de Saint-Louis (RE). Un public qui a répondu présent et des graffeurs et street-artistes plus que motivés à peindre sur la fresque ou sur les murs libres du spot ! Le rdv est pris pour l’année prochaine !

Par Les Yeux de l’endormi

Comment le writing s’affranchit de la banalité et de la gouvernance pour révéler sa réalité ?

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Minas

Le writing apparaît comme une pulvérisation formelle des canons de l’écriture, et de l’identité, qui entraîne un questionnement ontologique. Son axe se situe au centre de l’anthropocentrisme et de l’autodétermination des individus, tels qu’on les retrouve chez les humanistes. La signature du peintre apparaît à la Renaissance lorsque son statut change. Il passe de l’artisanat, classé parmi les arts serviles, au statut libéral. Ce statut est accordé car Alberti et de Vinci défendent la peinture comme une activité intellectuelle. Ils signent dès lors leurs œuvres, et pendant plusieurs siècles elle se fera discrète au coin généralement droit et bas du tableau. Est-ce parce que l’humanisme a failli dans sa volonté de remplacer Dieu par l’humain, que la signature est devenue l’objet central de l’oeuvre, et se délocalise du tableau au réel ? Son remplacement par la haute bourgeoisie, laisse toujours l’humain à la périphérie du monde, et le libre arbitre est anéanti par des constitutions pour maintenir cette configuration.

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Jolee

La dimension anthropocentriste se love dans l’acte de signer. Le writing, en en faisant son sujet principal, met l’humain au centre de l’oeuvre – rejoignant la peinture réaliste telle que Jean-François Milet l’impulse en peignant des paysans – par la signature qui fut créée pour attester de l’existence d’un être en son absence.  Et si les lois définissent l’organisation sociétale et soumettent celle-ci à la dépendance de la nation envers l’état, alors défier les lois devient une contestation de cette structure. Le writer dans sa performance (définie par l’art comme les répercussions d’une action sur l’environnement) passe de la passivité à l’action pour modifier le réel. L’autodétermination s’exprime dans l’infraction législative, car ce sont plus les lois qui déterminent l’action. C’est le point de vue de l’observateur qui en fait un acte créateur et une activité intellectuelle ou une dégradation volontaire et criminelle. 

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Psyckoze

Le writing opère une torsion de l’écriture, cette pratique noble qui donne corps aux idées, permet d’échanger des concepts parmi les plus abstraits, de les véhiculer à travers l’espace et le temps, de témoigner une présence malgré l’absence, et de gouverner le monde par ses lois. Ce faisant, il dérobe l’identité à la signature en lui offrant la possibilité de la remplacer par un mot – plus rarement un prénom – existant ou non, relevant de notre propre expérience du monde. La pratique du writing est ouverte à tous, grâce à la popularisation de l’écriture, qui accompagne l’accès facilité à l’instruction, apparu avec les révolutions industrielles. Les règles tacites du writing incitent chaque writer à opter pour un pseudonyme unique. Cette originalité questionne l’absence de singularité des prénoms, et rappelle que l’art doit d’être un acte créateur. Il débarrasse l’être de son l’aspect formel  (identitaire) au bénéfice de l’aspect intérieur (la pensée). Le writing engage la coalescence entre le corps et l’esprit. Il se dévoile comme un objet d’étude esthétique qui porte son champ d’effectivité au-delà de la signature . 

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Musa

Cet acte déploie dans la ville son contraste entre sa présence exubérante et la discrétion de son auteur. Cette précaution entraîne un anonymat, généré par la volonté de ne pas être inquiété par les autorités juridiques, qui va rejoindre le mot substitué à l’identité pour intensifier une volonté d’effacer la surface, trop superficielle, pour s’attacher au fond, bien plus substantiel. L’artiste en effaçant son identité au profit de son oeuvre, signe-t-il le manifeste résolu d’être le symbole d’une masse considérée comme une force de travail, dans le cadre des politiques qui engagent des doctrines mettant le social au service de l’économie, et la volonté de s’extraire de cet amas ? C’est en tout cas ce que le writing propulse comme réflexion autour des conditions de l’existence qui se débat autant dans le champ culturel qu’à l’assemblée nationale.  

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Shuck Two

Le writing apparaît comme un super réalisme contre une faillite humaniste. Il déclare la primauté de l’essence de l’être par la connaissance (transmise par l’écriture) comme condition préalable à la conscience de l’être (annoncé par la signature) afin de pouvoir s’affranchir de l’état dont il n’a plus besoin pour organiser sa vie politique (grâce à la conscience permise par la connaissance). 

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Jolee