Exposition Utopie(s) Urbaines

Exposition Utopie(s) Urbaines

:: VERNISSAGE : le 24 avril 2015 à partir de 17h30 ::

GraffArt et le magazine Paris Tonkar ont le plaisir de vous annoncer « Utopie(s) Urbaines » la prochaine exposition à la galerie Amarrage à Saint-Ouen.

Du 24 avril au 25 mai, 12 artistes aux univers très forts et personnels se réunissent dans ce lieu emblématique des Puces de Saint-Ouen pour vous proposer de découvrir leur travail graphique et pictural à travers leurs peintures, pochoirs, illustrations, photographies et volumes… Jo di Bona réalisera une fresque le 22 mai.

Les artistes :

Tarek (peinture et volume)
Spray Yarps (pochoir)
Basto (peinture et pochoir)
Mat Elbe (pochoir)
Sophie Neury (photographie et peinture)
Vincent Pompetti (peinture et illustration)
RNST (peinture et pochoir)
Gags (collage papier)
Gregos (volume)
José Jover (illustration)
Codex Urbanus (illustration)
Happy Fingers (pochoir)

Et des invités surprises…

Infos pratiques :

Galerie Amarrage
88 rue des Rosiers, 93400 Saint-Ouen
Ouverture du vendredi au lundi de 10 heures à 19 heures 30
Métro : Porte de Clignancourt (ligne 4) ou Garibaldi (ligne 13)
Bus : Marché Paul Bert (ligne 85)

Partenaires :

Graffart.fr
Courriel : graffart.ass@gmail.com
Téléphone : 01 40 10 15 86
Site : www.graffart.fr

Paris Tonkar magazine
Courriel : elzar58@hotmail.com
Site : www.paristonkar.com

Paris Tonkar : historique du tag (1991) sur DWT Magazine

1986-1989 : c’est la première explosion de ce phénomène. Le métro, en effet, commence à être « ravagé », surtout les lignes 13 et 4. Les CTK se mettent à faire les couloirs de certaines stations et ce, avec l’aide précieuse des NTM.

Littéralement cartonnée à partir de la fin des années 1980, la capitale française deviendra alors européenne. Allant jusqu’à intriguer outre-atlantique par son vandalisme et sa créativité, Paris avait frappé fort. Collant au mieux à l’esprit de l’époque, la sortie de « Paris Tonkar » en 1991 en fera le premier ouvrage entièrement consacré au tag et graffiti à Paris. Ce livre culte avait brillamment retranscrit l’éclat de ce milieu durant les années 1987 à 1991. Nous en reproduisons ci-dessous une partie consacrée à l’historique du tag avec l’autorisation de l’auteur, Tarek Ben Yakhlef, que nous saluons au passage.

Tags à Paris au début des années 90
Tags à Paris au début des années 90

 

D’horizons divers ces jeunes ont tous une même passion, le plaisir d’écrire, et une même envie, être reconnus par leurs pairs. La communication au sein de ce groupe est à la fois murale et orale. Les exploits, en effet, se transmettent de bouche à oreille jusqu’à la déformation absolue de la réalité créant parfois des situations compliquées. (toyage, bagarre, …) Pour comprendre l’esprit et les motivations des tagueurs il faut tout d’abord envisager leur évolution dans le temps et dans l’espace, tout en expliquant par la suite les ruses et les techniques employées dans la tentative d’exploits toujours plus dangereux.

Suite de l’article : Paris Tonkar : historique du tag (1991) » DWT » DWT Magazine.

Salaam Palestine, carnet de voyage en terre d’humanité

Salaam Palestine, carnet de voyage en terre d’humanité
Massenot, Pillorget et Abel (La Boîte à bulles, 2013)
Le carnet de voyage est un genre à la mode, on en trouve pour tous les goûts mais celui-ci mérite qu’on s’y plonge. A l’origine du projet, l’illustrateur Bruno Pillorget, rejoint par une romancière et un photographe, a imaginé en 2009 un échange artistique entre France et Palestine fondé, pour leur part, sur des expositions en Cisjordanie montrant leur travail. Voici enfin publié le passionnant récit, illustré de dessins et de photographies, de leur séjour, qui fait la part belle aux Palestiniens rencontrés dans les villes où ils ont exposé (Jérusalem, Ramallah, Hébron, Naplouse) ou durant leurs déplacements. Croquis, aquarelles et photos sont superbes, complémentaires dans leur  différence, et rendent les personnages présentés plus attachants encore, tout en illustrant leur environnement proche : maisons, rues, champs, objets de la vie quotidienne, le livre nous en livre mille et un détails… Quelques photos donnent également un petit aperçu du street art qui s’est fort développé dans les Territoires occupés : pochoirs, fresque ou slogans sur le mur de séparation réalisés par des artistes locaux ou internationaux ! Quatre ans on passé depuis ces belles rencontres et la situation est loin de s’être améliorée en Palestine, ce qui rend d’autant plus précieux le témoignage de nos trois artistes français. Nul doute qu’ils réalisent ainsi leur vœu de nous faire partager « le fardeau de cet espoir » des Palestiniens, comme le réclamait avec force le poète Mahmoud Darwich. MLB

Chroniques musique #2

Voicing
12 Mé & Raph / Mosaic Music Distribution / 2011
Le jazz est l’avenir du hip-hop ? Ce dernier a régulièrement emprunté au répertoire du Jazz, souvent des lignes de basse efficaces, parfois des samples choisis, quelquefois la couleur. Mais il y a rarement eu d’union novatrice, surtout en France. 12 Mé & Raph ont décidé de tenter l’expérience. Par amour de ces deux musiques, le MC et le saxophoniste ont réussi avec Voicingune fusion personnelle et efficace. D’une vraie richesse musicale déclinée avec brio par des musiciens brillants, ce troisième album possède une unité qui ne trompe pas : la sincérité. Une musique au groove percutant (les influences Boom Bap de 12 Mé sont bien présentes), aux harmonies colorées, un flot assuré qui trace sa voix entre saxe, clavier, basse, scratch et beat box ; l’osmose est parfaite. Les textes eux aussi ont la belle couleur de la sincérité, ils nous parlent avec simplicité du quotidien banal et parviennent, sans violence, à nous  confronter à des questions existentielles. À voir sur leur site la très belle et new-yorkaise vidéo de « Last Sunday » (Vivien Floris / Make 2 Work Productions), premier titre extrait de Voicing et faite vous plaisir avec le graphisme noir et blanc de « Jean-Pierre ». Belle découverte : le hip-hop a un avenir…

Kohndo
Soul Inside / Greenstone reccords / 2011
Je n’ai pas trouvé la soul inside… Cet album possède en apparence toutes les qualités pour se transformer en une réussite commerciale : enfin de la soul classe et française ! Une production professionnelle et sans tache, brillante même, de bons musiciens et des arrangements calibrés, une foule d’amis prestigieux en invités (featuring, un titre sur deux) et Kohndo qui pose son flot clair qu’on adore, ses textes fluides, chantant même bien, sur « Lick me ». Soul Inside se décline sans complexe en plusieurs genres : soul, rock, rap, funk… Et malheureusement, ça ne prend pas complètement. Les morceaux rock manquent de tension réelle, les morceaux soul de profondeur, et au final, ces variations tombent à plat. Après plusieurs écoutes répétées de cette production très brillante, l’impression fatigante d’avoir à faire à un objet trop lisse, sans risque, sans nouveauté. Dommage ! J’aurais vraiment voulu aimer cet album de Kohndo. Essayez de votre côté, peut-être serez-vous capable de trouver la Soul Inside…

Nicole Atkins
Mondo Amore / Razor & Tie / 2011
Nicole Atkins possède la voix du rock. Un grain léger à filer des frissons, une aisance dans la maîtrise de la puissance, des tensions permanentes qui ne cèdent jamais. Sa musique, assurée par son solide groupe « The Black Sea », est un mélange de tout ce que la culture blues et rock U.S. peut contenir, du plus dynamique (l’accueillant « Vutlures », le très bon « You Come to Me ») au plus romantique (« This is For Love », « Hotel Plaster », « Heavy Boots »). Mais aussi une ballade joyeuse (« Cry Cry Cry ») et une autre moins heureuse (le sublime « You Were the Devil »), et même un authentique folk far-west (« My baby don’t lies »). Étant donné le talent brut de la jeune dame, on aurait aimé plus de titres énervés, plus risqués et peut-être moins de romance. Dans ce petit set de dix titres, seul « War is Hell » semble extrêmement dispensable. Le titre qui clôt Mondo Amore, « The Tower », semble au début relativement faible, mais son final lyrique et grandiose fait vite regretter cette pensée. Ce dernier morceau devient même un bel adieu que l’on ne se lasse de ré-écouter. Pour résumer, on aime Nicole Atkins, on adore Mondo Amore (en plus elle a tourné en 2010 avec The Black Keys, le grand pied bien sauvage…).