LE CHAT PAPA – Un chat pas comme les autres

Cela fait quelques mois déjà, qu’un chat pas comme les autres se balade à la Réunion. Heureux, en colère, malicieux, angélique, ce chat laisse ses humeurs sur les murs de l’île.  DWANE est un street-artiste mais avant tout un papa qui souhaite apporter du bonheur à sa fille et au public sur le chemin de l’école ou du travail.

© Le Chat Papa
© Le Chat Papa

– Qui es-tu ? (Blaze, d’où viens-tu ?)

Réunionnais, né à la Réunion au début des années 80. J’ai grandi dans le sud entre Petite-Île et l’Étang Salé. Plus tard, j’ai passé 3 ans à Berlin peu après la chute du mur. C’est là que j’ai découvert le street-art.

Pour le Blaze, c’est plus compliqué. J’en ai eu beaucoup. Au début, c’était surtout des associations de lettres sans vraiment de signification. Un temps, j’ai posé INC (ink) entre 2000 et 2004, rapport à la conception d’encres maisons pour du vandalisme pur et dur. Mais à l’arrivée de la marque locale « INT » (dont le lettrage laissait planer le doute entre le « c » et le « t »), je suis passé à autre chose. Pendant quelque temps, je ne posais plus de blaze, mais des persos en affiche sans pseudo. Plus tard, je les ai accompagné de « DWANE »… (DOUANE – DO ONE…) Un nom qui ressemble à un prénom féminin et qui peut te donner des sueurs froides (rires) ! Aujourd’hui, j’ai associé DWANE et Le Chat Papa, avec une plus grosse tendance pour Le Chat Papa. Mais ça évoluera sûrement encore.

© Le Chat Papa

– Pourquoi le chat papa ?

Le Chat Papa, c’est rapport à ma fille. Je dessinais donc beaucoup de chats, et elle les appelait les « Chapapa » en un mot. Un petit clin d’œil à elle.

© Le Chat Papa

– Depuis quand dessines-tu ?

Je ne sais pas trop. J’ai toujours dessiné un peu : sur les marges des cahiers de classes, sur les tables du lycée. J’ai beaucoup exploré la calligraphie à un moment, qui ressemble beaucoup à du dessin ! Mais je n’ai jamais été bon (rires) !

© Le Chat Papa x KMIS3
© Le Chat Papa x KMIS3

– Pourquoi peindre sur les murs ? Qu’est-ce que cela t’apporte ?

La peinture sur les murs… Ma motivation par rapport à ça a évolué elle aussi… Plus jeune, c’était essentiellement du vandalisme. J’ai passé beaucoup de temps dans les métros berlinois, et nous étions entourés de graffitis. Quand j’ai eu ma première bombe entre les mains, c’était pour ruiner des centres commerciaux désaffectés de la zone française.
Plus tard, mon objectif était de voir mes pièces quand j’allais à la fac. Du coup, il y avait des graffs un peu partout entre ma maison et la fac.
Aujourd’hui, je me remets à la peinture parce qu’elle permet beaucoup plus de supports que les affiches. De plus, on peut faire des choses vraiment plus grandes et colorées ! C’est une de mes motivations principales. Les couleurs sur le béton ! En plus, ma fille est toujours fan de mes chats, alors si je peux en mettre un ou deux sur son chemin de l’école, ça la rend heureuse quelques secondes, et moi quelques jours.
Ce sont des lignes et des courbes de couleurs que tu poses sur le mur… La concentration que ça implique te fait oublier le reste le temps d’un instant. Sans oublier l’adrénaline ! Ça ne remplace pas le surf, mais il y a par moment un ressenti similaire sur l’apaisement lors de la pratique.

© Le Chat Papa x CEET
© Le Chat Papa x CEET

– Pourquoi le street-art ?

J’ai toujours été attiré par ces couleurs, ces lettrages, ces messages. Et puis le fait de rendre l’art accessible à tous, je trouve ça juste génial ! Il fut un temps où celui qui voulait peindre devait faire des grandes écoles d’art. Aujourd’hui, ça s’est vraiment démocratisé. De plus, c’est un moyen de reprendre les espaces d’expression pris par les panneaux publicitaires ! Ils nous imposent leurs filles à moitiés nues et leurs grosses voitures. C’est quand même moins triste de voir un petit chat rose que des choses que tu ne pourras jamais te payer !

© Le Chat Papa

– Tes projets pour 2018 ?

Peindre, peindre et peindre…. Essayer de faire quelques toiles et peut être des expos si l’occasion se présente. Essayer des plus gros projets sur des plus gros murs avec d’autres artistes. Peindre ailleurs qu’à la Réunion, rencontrer d’autres artistes. Peut-être me lancer dans le tattoo si j’ai un peu de temps. Il faut se donner les moyens de faire ce que l’on aime, et essayer le plus de choses possibles !

© Le Chat Papa

Suivre cet artiste :

Crédits photos : Le Chat Papa

EKO – Le graffiti dans la peau

Originaire de l’île de la Réunion, EKO du crew LSA fait partie de ceux qui ont ancré le mouvement Hip Hop dans les années 88. Aujourd’hui il ne cesse de proclamer le graffiti authentique. Un graffeur passionné au point de s’être tatoué son blaze sur la peau…

C’est dans les années 1988 que la culture urbaine et notamment le Hip Hop fait son apparition à la Réunion : danse, rap, dj et graffiti. Connu à l’époque sous le blaze de SAPHIR, EKO est un jeune à la recherche de sa propre voie, faire partie d’un groupe est une nécessité. A l’instar du crew NGS : Nouvelle Génération Suprême avec LOIZO, EKO s’achète des sprays et commence le tag. Le graffiti devient la force d’EKO, comme le soleil l’est pour Superman. Le premier lieu « Hip Hop » appelé LE SQUAT ouvre ses portes sur l’île, il est situé à l’ancien hôpital colonial de Saint-Denis (RE), un lieu où était centralisé : Djs notamment avec DJ D-MASTER, BBoys et BBgirls, rappeurs, graffeurs…  Il passe ses nuits à taguer seul ou en crew. Il créé avec des potes de son quartier le crew SRD : Syndicat du Rap Dionysien :

« Notre premier graff en crew a été toyé (rires), on a quand même continué. J’habitais à Bouvet dans le même quartier que MAXI du crew CEA. DIEU aka KONIX aujourd’hui, faisait aussi partie des CEA (cartonneurs en action). MAXI était le premier tagueur qui a tout déchiré sur l’île. Son blaze était tellement ancré dans la culture visuelle des jeunes que des mecs se sont mis à écrire Maxi sur les murs sans savoir ce que c’était, juste par ce que le mot MAXI était à la mode. Je l’ai donc toyé par pure jalousie (rires). Il est bien sûr venu me voir et au lieu de s’embrouiller, on a sympathisé. Il m’a donc coaché, m’a appris différentes techniques comme les dégradés, etc… C’est là qu’on est devenu potes MAXI, KONIX et moi, je faisais désormais partie du crew LSA. »

Le graffiti fait partie du Hip Hop :

« Dans les années 90, il existait une réelle connexion, tous étaient unis autour de ce mouvement peu importe sa discipline. Quand tu faisais du rap, tes visuels étaient dessinés par ton pote graffeur et sur scène il y avait tes potes danseurs. Dans le graffiti il y avait une réelle volonté de déchirer le centre-ville et la rue elle-même…  Aujourd’hui il n’y a plus de tagueur, à l’époque on sortait avec 10 bombes chacun, juste pour taguer. Voiture, camion, vitre des magasins, on déchirait tout, Saint Denis c’était la guerre (rires).

Aujourd’hui on trouve en majorité des murs au rouleau sur les routes, sous les ponts, dans les ravines, du moins risqué pour ne pas se faire serrer. Et pour ce type de pratique, la Réunion c’est le paradis. Ce n’est pas comme pour le tag vandale, c’est à croire que le pouvoir en place s’en fout. Si on était en métropole les mecs se serait fait serrer depuis longtemps.

Il n’y a plus d’idéologie Graffiti Hip hop à la Réunion. Il y a surtout de la peinture à la bombe. On est passé du gros vandale de masse, à un truc où on vient peindre le dimanche entre potes, on s’amuse et voilà…  Et pire que tout, la Réunion est devenue le pays des bisounours. Je déteste cette mode ou on se choisit un petit personnage sympa pour ensuite le poser partout en espérant devenir la nouvelle star du « street art » réunionnais.  Tout en se réclamant graffeur ! »

EKO avait pour but de tout déchirer à l’époque, être partout… créer des connexions et en apprendre plus avec des graffeurs de métropole, tel WO du crew GAP de Paris:

« On a appris avec lui à se cacher, en mode ninja la nuit, toutes les deux minutes on se cachait. L’objectif était d’être invisible pour la police mais aussi pour une personne lambda. Une fois qu’on avait appris ça, pendant 7 ans, j’ai tagué ou graffé tous les week-ends à 4h du matin de cette manière… »

poubelle-displate2

Street-Art vs Graffiti :

« Personnellement, je ne suis pas en mode Street-art vs Graffiti. Je dirai juste que le street art ne m’intéresse pas. BANKSY, OBEY ce n’est pas ma came. SEEN, COPE 2, et plein d’autres pour moi sont des légendes.

Je pense qu’il faut malheureusement encore éduquer les gens et les nouvelles générations. Ils doivent savoir que le graffiti ce n’est pas que peindre avec une bombe. Le graffiti pour moi est ancré dans la culture Hip-hop. A l’inverse le street art n’est pas une culture, c’est une étiquette fourre-tout. Limite pisser sur un mur, faire une performance en chiant sur un trottoir, comme c’est fait dans la rue, c’est du street art. Alors que le graffiti c’est avant tout le travail de la lettre. Et même sans lettre, avec juste des personnages ou de l’abstrait, qu’il soit dans la rue ou sur une toile dans une galerie :  il véhicule les codes esthétiques et visuels du hip-hop.

Après, je ne suis pas contre vivre de son art ; demain s’il faut, je ferai des tableaux, mais je ferai du graffiti sur toile, du lettrage, un bboy, du graffiti quoi. Moi ce qui m’énerve c’est le street artiste qui se prend pour un graffeur et le graffeur qui fait du street art en disant qu’il fait du graff.

Les mots ont une importance, et ceux qui nous dirigent le savent très bien. On ne dit plus graffiti, on dit street art, on ne dit plus rap, on dit musique urbaine, ils sont en train d’effacer le hip-hop car il était trop subversif. Sérieux, plus personne ne tague à St-Denis (RE). Chaque mec qui commence rêve d’aller en galerie. Moi je rêvais de tout déchirer par ce que c’était hip hop !

Bref, je représente le graffiti et donc le hip hop, je revendique ça, je viens du hip hop, EKO LSA vient du hip hop. »

Suivre l’artiste :

Crédits photos : Eko  LSA

Interview de Lego

VANDALE UN JOUR, VANDALE TOUJOURS

A la recherche d’adrénaline et loin d’être égocentrique, LEGO du TEA CREW est graffeur depuis plus de 10 ans. Spontané et passionné, il impose ses couleurs sur les murs gris de l’île de la Réunion. LEGO découvre le graffiti à la Saline dans l’ouest de l’île aux alentours des années 1998 – 1999. Inspiré par les magazines de graffiti ou encore internet, l’artiste découvre les DMV avec des fresques riches en technique et style, les Wildboys ou encore le MAC crew. La motivation se renforce d’autant plus grâce aux 1UP, VMD :

11146637_822115617884667_2533069771507325568_o

LEGO : Au passage kasdedi à mon pote BREAD. Les artistes locaux m’ont aussi beaucoup inspiré tels que CPK crew, PRC crew, RAZIA, JACE, LIZRE qui envoyaient du pâté et bien d’autres encore !

Il se faisait appeler BARJO dans ses premières années de graffiti, malheureusement il se fait attraper par la police et subit un redressement et une délation. Mais impossible pour lui de s’arrêter là :

LEGO4

L : Comme je venais de me faire gauler, j’ai dû changer de pseudo. J’ai choisi GOLE. J’ai
inversé les syllabes et je me suis rendu compte que ça faisait LEGO. J’aimais bien l’assonance. J’ai donc commencé à m’intéresser à l’égo. Celui qui fait parti de nous et vu que pour moi le graffiti était quelque chose de très égocentrique, j’ai trouvé ça intéressant de l’afficher aux quatre coins de l’île, mais aussi à l’étranger.

Graffer pour le plaisir est sa principale occupation. Cependant les années ont passé, l’expérience et les contacts faits, LEGO aborde différemment sa passion en ouvrant les portes des galeries. Mais l’appel de l’essence du graffiti même est trop fort : le vandalisme. C’est ce qui l’anime pourquoi ? :

11703463_877805632315665_5371779913646673471_o

L : L’adrénaline ! Oui ! L’adrénaline c’est bon ! J’aime le fait que ce soit placé là, comme une publicité, imposée ! Juste pour vos yeux, que ça vous plaise ou non. C’est plus instinctif, le trait doit être rapide, propre et efficace. Tout ça en peu de temps, c’est génial ! De la spontanéité à l’état pur.

11707995_849012928528269_7797987889459801723_o

L’approche artistique de LEGO peut être simple et efficace mais aussi complexe et désordonnée. Travailler la lettre pour en ressortir tous ces aspects. Sans oublier les couleurs qui sont importantes pour lui au point d’en utiliser jusqu’à 8 couleurs sur un même mur.

LEGO7

L : La couleur égaye les gens et ça se ressent ! Faut avouer qu’un mur coloré et cent fois plus beau qu’un mur gris non ?

Parcourir le monde pour mettre de la couleur et de la coulure partout ! Peindre et pouvoir en vivre est son leitmotiv. LEGO n’a pas fini de faire vibrer les murs et de s’amuser avec son crew.

Photographies : 2017 © DR

Interview de Pedro Perelman

2-lados-webb

Where did you see your first tags and your first graffiti?
I saw the first graffitti in Paris, maybe 1987/88 I was 9 years old.

Where did you paint the first time?
I painted with a couple of friends my first wall, it wasn’t a graffiti, I used latex, brushes and rollers and it was in Colegiales, a neighbourhood in Buenos Aires.

And where did you put your first tag?
I was not a tagger, I got into street art and graffitti from another school, graphic design, classic arts, and I was already adult for tags.

bahia-solo-web

Who did you meet in your early days?
I met a lot of great people and cool artists from my city, and the a lot of great artist from around the globe, in festivals and exhibitions. In 2006 TLP (the london police) came to buenos aires and he made us paint big formats, we painted then a nice spot, it was an essential kick.

What were the places where you’ve painted your beginnings?
I guess mostly on the neighbourhood that we were working at. Colegiales, Chacarita. Bs As.

colorba_final-pedro

Can you tell us about your current work?
Im working on a new serie of paintings on canvas, after exhibiting last november, so experimenting a couple of things. I’m also involved in different mural projects, that will be developed during this year. Working on silkscreen prints as well.

Did you travel with your art?
Yes, I travelled a lot with my art. I guess it is one of the best part of this job. New experiences, meeting people, artists.

Do you have influences? If so why ?
I have many, hard to describe. I like classical argentinian painters, classical painters from elsewhere. Then a couple of concepts and aesthetics that belong to the graphic designer view. And many street artist that I admire, because there is always someone that encourages you to move forward.

img_6393_11

A mad desire that you would realize someday?
I have no idea! I just desire to be healthy and strong to keep painting, working.

A last word.
Love what you do, dream of it, work hard.

Site : https://pedro-perelman.com

Interview de NEMS

17356966_10158358072600331_1218894142_o

Qui es-tu ?
NemsiNemsa dit NEMS. Je découvre le graffiti dans les années 2000, lorsque j’étais en primaire. Je me souviens d’une cours d’école recouverte de tags et de flops. Je n’y comprenais pas forcément grand chose mais je passais mes journées à recopier ce que je voyais. A ce moment, j’étais obsédé par les tags et graffitis sur ma route.

17357241_10158358076030331_322427554_o

Pourquoi ce blaze ?
N. : A la base mon blaze c’est NEMY, c’est juste une suite de lettres qui me plaisait à l’époque. Par la suite, j’ai changé le Y en S, parce que ça me faisait pensait aux nems (plat traditionnel du Viêt Nam très apprécié à la Réunion), ça m’a fait rire, j’ai validé.

Comment définirais-tu ton approche artistique ?
N. : J’ai principalement deux approches : d’une part, je travaille consciencieusement avec les croquis, le choix des couleurs et la disposition des lettres entres elles. D’autre part, je laisse libre cours à mon imagination face au mur, afin d’avoir une pièce qui correspond au moment présent, au spot et à l’humeur générale.

17357253_10158358070910331_1506229115_o

La création du crew 24.
N. : A la base, chacun de nous avait sa ville de prédilection. En 2013, nous avons organisé une fresque avec pas mal d’équipes de l’île et la connexion s’est faite directement entre nous. On traînait ensemble une fois par semaine, puis deux, puis tous les jours. Suite logique, on a juste voulu mettre un nom sur notre groupe de potes qui avait une passion commune : le crew 24. Aujourd’hui c’est juste une bande de potes qui délire ensemble et qui, de temps à autre, décide de peindre.

Ton parcours dans le graffiti ?
N. : Ma première pièce était un flop que j’ai réalisé en 30 secondes sur les palissages d’un terrain de foot de mon quartier. Ma première fierté. J’ai réellement commencé à graffer dès 2006 lorsque je rencontre des potes (Ekof et Séna – OKF). A cette époque, c’était surtout des pièces en vandale avec 2 à 3 couleurs maximum sans fond. Trois ans après, je pars à Bordeaux où je découvre un niveau qui est vraiment différent de ce que je connaissais notamment grâce aux 3GC. Ça m’a permi de me concentrer sur la technique sur feuille. Je ne connaissais personne, du coup je m’aventurais dans des spots, découvrais de nouveaux terrains sans trop oser repasser les graffeurs locaux. De retour à la Réunion deux ans après, je rencontre Kapten, Heype et Miaow, on crée le crew 24. Grâce à cette connexion, on commence à réaliser des pièces plus poussées : perso, lettrage plus complexe et on diffuse quelques vidéos sur le net. Voyage à Montréal où j’ai pris les plus grosses claques visuelles de ma vie. K6A, A’shop avec leurs fresques incroyables me brûlent la rétine comme jamais. Des projets graffitis/vidéos ce sont donc mis en place avec Org-asthme clan.

17547485_10158396206905331_1411771767_o

Après avoir posé tes valises à Bordeaux, à Montréal, tu rentres définitivement à la Réunion. Qu’est-ce que tes voyages t’ont apporté ?
N. : Je peux affirmer que les spots ici à la Réunion sont des lieux particuliers, souvent cachés sous des ponts ou dans des ravines dotées d’une atmosphère plus intime. Ta fresque peut rester plus d’un an sans être repeinte, chose très rare ailleurs. A Montréal par exemple, où que tu peignes, tu sais très bien que ta pièce va pas tenir 24h. C’est un autre enjeux, une autre manière d’appréhender sa peinture. Je me rends compte que le graffiti n’est qu’une étape dans mon processus créatif. Ces voyages m’ont montré qu’il est possible d’évoluer artistiquement vers d’autres vibes et d’autres supports.

17547405_10158396205920331_299080427_o

17521582_10158396206105331_1339016194_o

Est-ce que la Réunion est une île propice au graffiti et street art ?
N. : L’île regorge de spots. La géographie et les microclimats font qu’il y a un nombre incalculable de ponts et de spots différents. Les surfaces sont majoritairement horizontales, ce qui permet de placer pas mal de grosses bandes. Pour moi c’est juste magique, on peut peindre toute l’année, il fait tout le temps beau. Ici, il y a pas mal de graffeurs de qualités qui privilégient les couleurs au chrome et noir. Ce qui fait qu’un terrain est composé de nature verte, de graff coloré et d’un soleil omniprésent. On peut passer une journée à peindre au bord de la mer et la semaine d’après, peindre dans les hauteurs de l’île où la végétation est hyper dense ou encore peindre dans une savane limite désertique. C’est un truc à vivre.

Un rêve de peinture à réaliser ?
N. : C’est simple, activer le mode « matos illimité », à partir de là, tout est faisable, 0 limite.

17990724_1559596914082445_8058577486873248775_n

 

Retrouvez PARiS TONKAR iNTERNATiONAL #16 dès le 3 mai 2017 chez votre marchand de journaux + Relay ou via le shop en ligne : www.ihh.bigcartel.com