
La Sainte-Manu : un lieu unique ancré dans le patrimoine historique et artistique riomois.
Laissée à l’abandon pendant près d’une quarantaine d’années, l’ancienne Manufacture des Tabacs de Riom a d’abord été visitée par quelques âmes perdues abîmant ce magnifique lieu. Réinvestie artistiquement depuis 2016 par les artistes-graffeurs Rino et Cofee, elle devient la « Sainte-Manu » puisqu’elle est, selon ses créateurs, un « temple » du graffiti. Elle laisse alors derrière elle son passé industriel, un lieu désaffecté et squatté, au profit d’un investissement artistique unique. Cinq années de dures labeurs, mêlant sécurisation du lieu, nettoyage et expressions artistiques, ont permis à ces artistes d’investir les murs de ce bâtiment du sol au plafond sur trois étages. Ce sont d’abord trois années et demie de rénovation en illégalité qui ont amené à la signature d’un bail précaire d’occupation. Cette œuvre monumentale et éphémère a été réalisée sans subvention, sans budget et bien évidemment avec l’accord du propriétaire, juste pour le plaisir de créer. Elle a été un vivier associatif important impliquant des structures multimédia, des musiciens, des danseurs et bien d’autres…

Il y a des lieux qui ne meurent jamais vraiment. La Sainte-Manu en fait partie. Ancienne Manufacture des Tabacs de Riom, laissée à l’abandon pendant près de quarante ans, elle aurait pu finir comme tant d’autres friches industrielles : dégradée, oubliée, effacée. C’est pourtant tout l’inverse qui s’est produit.
À partir de 2016, deux artistes-graffeurs, Rino et Cofee, décident de réinvestir les lieux. Peu à peu, l’usine se transforme, mue par une énergie brute et une foi presque sacrée dans la création. La Manufacture devient alors la « Sainte-Manu », un véritable temple du graffiti, où chaque mur, chaque escalier, chaque recoin est investi. Trois étages, du sol au plafond, couverts de fresques, de styles, de signatures. Une œuvre monumentale, immersive, vivante.
Ce qui frappe à la lecture de La Sainte-Manu : histoire d’une rinovation, c’est avant tout la dimension humaine et collective du projet. Pendant plusieurs années, souvent dans l’illégalité, les artistes sécurisent, nettoient, restaurent, peignent. Sans subvention, sans budget, uniquement portés par l’envie de créer. Le lieu devient un véritable laboratoire artistique, accueillant plus de 75 artistes venus de toute la France, mais aussi des musiciens, des danseurs, des vidéastes. Un vivier culturel foisonnant, libre et éphémère.
Le livre ne se contente pas de montrer des images spectaculaires — même si elles le sont. Il raconte une démarche, une aventure, une résistance douce face à l’abandon et à la standardisation. On y ressent l’urgence de garder une trace avant la disparition du lieu, promis à une réhabilitation industrielle. Le choix d’un ouvrage soigné, pensé comme un objet d’art, prend alors tout son sens. Les QR codes, les vidéos, la visite virtuelle prolongent l’expérience et rappellent que la Sainte-Manu était avant tout un espace à vivre et à ressentir.
Cette chronique d’une « rinovation » — volontairement imparfaite dans son orthographe comme dans son parcours — est aussi une réflexion sur l’art urbain, sa place, sa fragilité, et sa puissance. La Sainte-Manu n’existe plus physiquement depuis l’automne 2021, mais grâce à ce livre, elle continue de vibrer. Un témoignage précieux, sincère, et profondément inspirant.
Pour acheter le livre : https://www.phonolithe.fr/produits/livres-dvds/2671-la-sainte-manu-histoire-d-une-rinovation
