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Beat streetC’est en discutant avec des anciens du graffiti parisien mais aussi de certaines grandes villes de France que le sujet du film culte des années 80 m’est venu à l’esprit…

On pourrait ajouter à la sélection Boys in the hood, New Jack city, La Haine, Ma 6T va cracker, King of New York…

Dans chacun de ces films le graffiti ou plus généralement le Hip-Hop tient une place de choix et a influencé certaines personnes les poussant à passer à l’acte : prendre une bombe et peindre !

Quels sont les films qui ont marqué les esprits des pionniers français ?

« De mon époque, c’était surtout Warriors, un film mythique. » (Exper)

« C’est marrant ta question car c’est en regardant pour une énième fois Style wars avec Eshek DSE que nous avons decidé en 1995 de taper l’entrepôt de Filles du Calvaire à 20h30. Après quelques joints pour se donner du courage, nous voilà en train de taper un whole car à la Dondi (rires)…Dondi

Manque de chance l’odeur des bombes se propage et les GPIR avec les chiens débarquent par le tunnel depuis la station République. Course poursuite de ouf ! Mon pote tombe sur le 3e rail et s’électrocute tandis qu’un métro arrive face à moi en station. Je saute sur le quai de justesse et réussis à sortir de la station. Je me cache sous une voiture et, après 10 minutes, je décide de retourner ma veste et de retourner dans la station car j’étais quasi sûr que Eshek était mort.

En arrivant devant la station une voiture freine et un flic en civil sort et me braque avec son flingue. Il me fait descendre dans la station et là je suis rassuré de voir mon pote vivant avec les menottes dans le dos. Il nie me connaitre et dit que je n’ai rien à voir avec le graffiti. Manque de chance mes mains sont pleines de peinture et j’ai sur moi le cache de l’appareil photo de mon pote.

Direction Austerlitz : perquisition dans mon appart, mon book, mon carnet avec le Téléphone des potes ont sauté. Bref c’est la dernière fois que j’ai joué à l’apprenti Style wars. C’est d’ailleurs mon dernier entrepôt. » (Dystur DSE VEP UK GT 156 TNB)

« Beat street, la premiere fois que je l’ai vu j’étais ado et déjà l’atmosphere new yorkaise me faisait vibrer : voir les dépôts de trains, les graffs… J’étais dans le mouv dans ma tête mais que dans ma tête… Et puis je lai revu il n’y a pas si longtemps et j’ai rigolé car à l’époque c’était trop facile : les mecs comme Lee et compagnie ont eu les couilles de tout défoncer ! Sans compter la musique trop forte. Si aujourdhui un « Beat street » devait ressortir, genre version 2000, il y aurait beaucoup de changements mais l’authenticité serait toujours là.

La Haine quel film ! Certaines répliques m’ont fait trop rire : quant ils sont à Paris et qu’ils ne peuvent pas rentrer, le rebeu dit : « Putain on est enfermé dehors ! »… J’en rigole encore quand j’y repense. La fameuse réplique du début du film : « C’est un homme qui tombe d’un étage… Le plus important c’est pas la chute mais l’atterrissage. » Aujourd’hui, c’est toujours vrai. (Ers)

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« Bonne initiative… Colors : c’est le film qui m’a inspiré mon blaze « Rocket ». C’est le nom du chef des Crips dans le film mais aussi le film Warriors qui a été diffusé sur la 5 à l’époque : ce fut la plus grande audience pour un film sur cette chaine. » (M. Rocket)

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« Pour moi Style wars traverse en un film à peu près toutes les expériences, toutes les émotions du graff. Tout y est : le « This is it ! » que gueulent Quik et ses potes quand le train qu’ils ont peint passe devant leurs yeux, l’interview croisée de Skeme et sa mère pour qui le graff se résume à une « sous-culture minable » alors qu’il a pourtant l’air de l’avoir bien tannée sur le sujet, le petit affrontement d’egos entre Duster et Seen devant le mur qu’ils tapent ensemble, le « this is bloodwars, buddy ! » (c’est une guerre sanguinaire mon pote) de Cap, le toyeur à l’échelle de toute la ville que tout le monde craint et décide de s’unir pour l’anéantir. Et puis il y a aussi les réactionnaires de tout poil qu’il ne faudrait pas pousser beaucoup pour qu’ils demandent la peine de mort contre les graffeurs et tagueurs. Il y a la première vague (bien éphémère pour la plupart) de récupération du mouvement  par les galeries d’art contemporain. Mais il y a surtout cet envoûtement de tous pour le fegra :  rien que pour les portraits des regrettés Dondi et Kase (l’artisan du « camouflaging style ») et la visite souterraine du métro new-yorkais par Iz the Wiz ce film est mythique. S’il y a bien un film à voir sur le graff, c’est celui-là. Je le montrerai à mes gosses pour qu’ils comprennent un peu tout ça ! Je l’ai montré à des potes qui n’ont rien à voir avec le graff, après l’avoir vu ils voulaient venir peindre avec moi. » (Hem)