« ROSA CANINA », le nouveau livre de SONIK

« Rosa Canina » est le nom latin d’une baie rouge typique des paysages bulgares, que les habitants appellent plus couramment « Shipka » (Шипка).

C’est au milieu de ses branches que Sonik a passé les étés de son enfance, quand il jouait autour du « Blok 102 », l’immeuble où vit sa famille.

Avec un travail photographique relevant à la fois du documentaire et du journal intime, Sonik dévoile une serie de graffs aux styles inédits réalisés entre septembre et octobre 2017 en Bulgarie.

La soirée de lancement aura lieu au Plongeoir le 31 mai 2018 de 18h à 22h.

« Rosa Canina » sera ensuite mis en vente sur le site des Éditions Terrain Vague.

« Occupation Visuelle » de Jean-Baptiste Barra et Timothée Engasser

Coécrit par Jean-Baptiste Barra et Timothée Engasser, Occupation Visuelle traite des graffitis de Santiago au Chili et São Paulo au Brésil sous l’angle de la sociologie visuelle. Les deux auteurs sont partis à la rencontre de graffeurs œuvrant dans l’illégalité pour mieux les connaître et bousculer les stéréotypes qu’ils subissent. Agissant dans l’ombre des artistes du street art que les municipalités valorisent par le biais de commandes visant à augmenter l’attrait touristique, ces graffeurs entretiennent des relations complexes avec la société ; au Chili par exemple, les graffeurs comme Desoo assimilent les commandes de grand murs peints à du « graffiti capitaliste » vanté par les médias qui les opposent aux tags dans une propagande de dénigrement des graffitis réalisés librement. Ce sont d’ailleurs essentiellement les tags – ou les pixos pour la partie sur São Paulo – que les auteurs ont choisi de montrer, et qui comptent parmi les expressions les moins comprises, les moins contrôlables par les gardiens de l’ordre, et donc systématiquement assimilées à du vandalisme. Les tagueurs, eux, se sentent acteurs de l’environnement visuel de leur ville, comme à Santiago où Jean-Baptiste Barra rapporte la parole de Ladrido : « C’est important qu’on voit qu’il y a du mouvement, que nous n’habitons pas la ville seulement pour nous transporter d’un lieu à un autre, mais que nous en faisons partie, et que nous construisons et déconstruisons. ». Les auteurs restituent brillamment le regard que portent les graffeurs et les pixadores sur la ville. Un regard forgé par ceux et celles qui y vivent autrement. « Autrement que ceux qui veulent les cantonner à dormir, travailler et consommer » comme l’explique Timothée Engasser à propos de São Paulo. Les photographies viennent contextualiser les propos en rendant compte des caractéristiques architecturales de chacune des villes, de manière rigoureuse et sensible. À l’heure où quelques stars du street art uniformisent les villes du monde entier avec des fresques immenses aux couleurs guimauves, le livre Occupation Visuelle tombe à point en montrant l’art éclatant du tag en noir et blanc.

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« Occupation visuelle », graffitis de Santiago et São Paulo

Ce livre-objet édité chez Ombú éditions propose des clés pour appréhender la saturation d’écritures urbaines sur les murs des villes occidentales et latino-américaines. Il est le fruit de rencontres, mais aussi d’un travail photographique et filmique. Il est le lieu d’une réflexion sur les discours qui entourent des pratiques généralement clandestines, sur la criminalisation qui accompagne d’ordinaire l’examen de ces acteurs particuliers dans la ville.

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Jean-Baptiste Barra et Timothée Engasser, tout en étant à l’écoute de ces graffeurs et en restituant leurs paroles, tentent de mettre à distance les stéréotypes liés à ces pratiques et la stigmatisation qui en découle trop souvent. Ces deux regards complémentaires et complices abordent la jungle urbaine et murale, qu’elle soit sur le mode du tag à Santiago du Chili ou sur le mode de la pixação à São Paulo, pour mieux nous faire partager des codes graphiques, nés d’héritages et de traditions méconnus.

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Nul doute que les tagueurs et autres pixadores créent des réseaux complexes où coexistent la compétition tout autant que le partage de ces pratiques scripturales, que nous percevons comme sources de conflit alors qu’elles peuvent être également sources de reconnaissance. Marques identitaires de communautés constituées aux marges des espaces urbains, ces mots et signatures n’arrivent pas forcément à se transformer en slogan mais attestent d’une violence au cœur de nos sociétés. Toute réponse n’est cependant pas de l’ordre de l’effacement lorsque l’on s’attache aux réflexes des institutions en charge de la protection de l’espace public et contre lequel « s’insurgent » les tagueurs : aux côtés des deux auteurs, on ne peut que s’interroger sur les renversements d’images et les récupérations artistiques effectuées par des autorités urbaines, dans le but de recycler, absorber, altérer la charge de contestation incluse dans ces éclats graphiques.

Source : éditeur

Voici deux rencontres filmées, réalisées par les auteurs en amont du livre Occupation Visuelle :

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