Time for Art

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Time for Art has been organizing street events in different cities in Russia since 2013, to the delight of street art lovers. We went to meet them.

Hello, Can you tell us about Time For art a few words?
The idea of « Time for Art » is to show the works of street artists. Artists meet to communicate with others, exchange experiences, and, of course, demonstrate their work. The event contains all styles of graffiti, here are works of artists from the Russian street art industry. The project has existed for more than a year and has been showing its worth to this day. « Time for Art » is a unique and spectacular event in Russian contemporary art. Each event provides a demonstration and educational program. The educational program includes master classes, « sketch battles », competitions for children and guests of the exhibition, and the demonstration part presents art objects, illustrations, canvases, posters, and stencils.
The « Time for Art » project promotes capacity-building and experience exchange between artists from different regions of the country. The project affects the cultural level of people, increasing interest in modern art, and forming a positive opinion about graffiti and street art nationwide.

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How many years have you organized an event in Russia?
The first exhibition has held in Moscow in 2013 at the sugar factory. For 7 years, the project shows more and more new works, new faces and introduces the most sophisticated modern audience with the works of professional and young artists. At present 27 events have already been organized, which more than 500 artists took part from all over Russia.

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Where has this already happened and where will it be this year?
The « Time for Art » project took place in major cities of Russia: Moscow, Saint Petersburg, Rostov-on-don, Krasnodar, Sochi, Smolensk, and also visited Belarus in Minsk. In 2019, the project was invited to China. In September 2020, our team will organize a street art festival in Yaroslavl, Russia. There will be an exhibition and decoration of building facades. Festival will be organized in six districts of Yaroslavl with a total area of 1500 m2. The « Time for Art » project promotes the development of the potential and exchange of artists’ experience from different regions of the country, affects the cultural level of people, increasing with a total area of 1,500 m2.

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The viewer can feel the other side of street life.

Why this city?
In 2020, it will be the anniversary of Yaroslavl, the city is 1010 years old. The festival is dedicated to Russian culture, so the city was selected as the capital of the « Golden ring ». The Golden Ring of Russia is a tourist route that passes through cities that have preserved unique monuments of Russian history and culture.

How did the authorities get this project?
The state authorities supported the holding of this festival because decorated facades will improve and emphasize the uniqueness of the urban style of each district of the city.

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Do you think it could be a tourist attraction?
Facades of buildings with portraits of famous figures, made by street art artists, in the districts of Yaroslavl will become a tourist attraction because each work can show you the history of Russia.

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Do you know who will take part in the festival?
It will be a sketch contest for participation in the festival. Any artist can submit an application to participate in the competition. The exhibition will present works by famous artists from different regions of the country. Graffiti artists from 11 Russian cities are invited to participate in the festival. The Festival will be held for more than 8000 people.

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Do you prefer people who write letters, or rather symbols, maybe you try to mix them up?
Street art is the work of young people, thinking and often protesting authors. The ideology of graffiti is freedom of creativity. Each artist creates works according to their own rules. The main idea of the project is to unite artists who started their author’s statements on the streets in different styles.

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The ideology of graffiti is freedom of creativity.

Why do we organize events?
The concept of the project based on a dialogue between the viewer and the author with his own unique history of becoming from a novice « writer » to a professional artist. The dialogue with the audience on the project goes through the exposition and organized master classes and lectures, which allows you to demonstrate the skill and experience that was acquired exclusively on the street. The organization of events is attracted by the concentration of collective energy when strangers participate in the same project and exchanging their experience and knowledge. The viewer can feel the other side of street life.

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Website: https://eng.timeforart.ru/
Photographies: 2020 © timeforart

Entretien avec Fleur Cozic

Où nous entraîne Fleur Cozic quand elle peint ? Ailleurs, loin, dans un univers fantasmagorique où ses huiles empruntent à la poésie leurs traces, est la réponse. C’est à pas de loup que nous entrons dans un monde intérieur loin de la surface, un endroit magique qui nous berce de ses délicates touches, comme un morceau de Chopin joué sur le quart-de-queue de notre imaginaire. Les peintures de Fleur Cozic sont définitivement ces porte-au-loin empruntés à l’univers de Joanne K. Rowling. 

Hommage à Monet, 2019, technique mixte sur toile, 50 x 61 cm

Hello Fleur, peux tu te présenter ?
Bonjour Lady K, mes origines sont bretonnes, mon cœur est resté en Bretagne où je suis née il y a 39 ans. Je vis à Paris depuis 19 ans bientôt, j’y ai fait mes études d’histoire de l’art, puis je suis restée, malgré moi, pour le travail. Je ne peux pas regretter mon choix car aujourd’hui je travaille pour un artiste-peintre, Jonone, qui est exceptionnel tant du point de vue artistique qu’humain.

Peux-tu nous raconter comment as-tu commencé à peindre ?
J’ai commencé à dessiner à l’encre, sur papier, dans ma jeunesse. J’ai poursuivi ensuite en arrivant à Paris. Je vivais dans un studio donc la place me manquait. J’ai alors pris l’initiative de peindre ensuite à l’huile sur des toiles du même format (format raisin) avec pour seules bases du bleu, du blanc et du noir. Je faisais des mélanges sans cesse, pour tenter d’obtenir différentes teintes. Mes premières toiles ont donc toutes le même format et la même « base ». Ensuite,  j’ai pu acheter plus de matériel, de plus grands formats n’étant plus étudiante, ayant déménagé aussi, j’ai eu les moyens de développer davantage ma technique. Depuis toujours j’essaie de développer le même style de peinture : les paysages, en essayant d’en créer de nouveaux en fonction de ce que je vois ou rêve la nuit, parfois à la lisière de l’abstraction.

Roseaux, 2019, technique mixte sur toile, 65 x 92 cm

Que recherches-tu quand tu peins ?
Ma plus belle peinture serait le paysage qui m’effraie mais qui m’aimante. Voici ce que je recherche : un paysage chaotique par l’atmosphère mais apaisant par certaines touches, effrayant par les teintes mais sécurisant dans lequel j’aimerais être. Avoir sous mes yeux, pouvoir toucher, sentir.

C’est intéressant, pourquoi chercher ce contraste ?
Peut-être qu’inconsciemment je recherche les teintes sombres que je peux voir l’hiver en Bretagne au bord de la mer, et malgré ce déchaînement, je trouve le paysage apaisant, sécurisant, sublime.

Sérénité, 2018, technique mixte sur toile, 46 x 65 cm

Quels sont les artistes qui t’inspirent ?
L’artiste pour lequel je porte une admiration sans bornes est Anselm Kiefer, qui est pour moi le plus grand artiste vivant. Pour ses oeuvres monumentales, sa façon de maltraiter les supports pour mieux les sublimer, sa constante recherche dans sa démarche artistique, sa capacité à associer peinture et sculpture dans une même oeuvre. Malgré un chaos visible de prime abord, ses oeuvres sont poétiques, méticuleuses, réfléchies. Ensuite viennent Hans Hartung, Bernard Buffet, Soulages pour le geste. Van Gogh, Monet, Turner, Friedrich, Rembrandt pour leur paysages si différents, et pourtant si proches dans le ressenti d’une nuit étoilée, torturée, pour la capacité à transposer la solitude et la mélancolie d’un paysage. Mon dernier coup de cœur pictural a été en décembre lorsque je suis allée en Pologne voir le Panorama de Racławicka.

Tu peins des paysages et tu vis en ville, peut-on penser que tu es en recherche de quelque chose qui a disparu dans nos villes ?
Non, je ne dirais pas ça. Habiter en ville n’est pas inconciliable pour se créer un autre univers. Chacun se forge dans son esprit les paysages qu’il souhaite voir de par son passé et son présent. Je souhaite que mes toiles invitent à la paréidolie.

17-08-29, 2018, technique mixte sur toile, 54 x 65 cm

Tu donnes des noms qui sont remplis de poésie à tes oeuvres, c’est important pour toi le titre ? 
Le titre est très important oui, pour mes oeuvres et mes expositions. Ma première expo en octobre 2018, avait pour titre E105 ; E pour exposition, 105 car ma Mamie aurait eu 105 ans le 13 octobre. La veille j’avais fait un petit vernissage. Toutes mes toiles avaient pour titre la date de naissance de personnes qui me sont chères. La deuxième en juin 2019, s’intitulait Melancholia en hommage à une des expositions d’Anselm Kiefer et c’était aussi un clin d’oeil à La Nausée de Sartre. Certains des titres de mes toiles sont en latin.

Le choix des titres oriente la paréidolie du spectateur, ou encore là où tu veux l’entraîner ?
Auparavant non. Par exemple, pour les titres qui portaient des dates de naissance, j’ai essayé de faire en fonction des goûts et de la personnalité de chaque personne. Pour les titres en latin, je souhaitais quelque chose de court et en rapport avec ce que je voyais de prime abord. Lors de ma première exposition, plusieurs personnes ont vu des choses différentes ou non dans mes tableaux, que je n’avais pas vues.
J’ai donc essayé de prendre du recul entre ce que je voyais et ce que le spectateur pourrait voir. L’oeuvre intitulée Hommage à Monet pourrait être un bel exemple, plusieurs jours après l’avoir peinte, j’ai retourné la toile et j’y ai vu des Nymphéas. Avant ma deuxième exposition, j’ai fait la sélection avec une proche, une des toiles était très abstraite pour moi,  alors qu’elle a tout de suite vu un visage que moi-même je n’avais pas vu, d’où le titre : Portrait de Femme

Abysses, 2019, technique mixte sur toile, 54 x 81 cm

E105 est aussi le nom d’un colorant alimentaire, le jaune solide, est-ce que cette corrélation ajoute du sens à ton choix ?
Ahahahahahah …!  non !

Est-ce que travailler avec Jonone influe sur ton travail ?
Non, je ne pense pas, même inconsciemment. Nos domaines picturaux sont diamétralement opposés. La seule chose qui pourrait nous rapprocher est que Jonone tend vers l’abstraction et j’ai l’impression que moi aussi.

Pluie Noire, 2019, technique mixte sur toile, 65 x 92 cm

As-tu des projets à venir ?
Oui, faire une troisième exposition qui était prévue du 4 au 17 mai à l’Espace Oppidum. Elle est pour le moment repoussée, elle s’intitulera Abîmes. Ensuite j’aimerais davantage diffuser ma peinture. J’espère que tout ce qui était en place avant le confinement aura lieu.

Pourquoi avoir choisi ce titre ? 
J’ai choisi ce titre pour amener le spectateur à aller voir au-delà de la matière. Je me suis faite prendre au jeu des spectateurs !

Taïga, 2019, technique mixte sur toile, 73 x 92 cm

Abîme ça m’évoque les profondeurs, tu parles d’aller au delà de la surface dans ta dernière réponse, est-ce que ce sont comme des paysages intérieurs ? 
J’aimerais que le spectateur aille voir au-delà de ce que la toile peut représenter en “surface”. J’aimerais pouvoir faire voyager les personnes qui regardent et regarderont mes toiles. La pire chose qui puisse arriver quand on peint est de savoir que le spectateur est lassé par ce qu’il voit. J’aime aussi l’idée que certaines de mes toiles puissent avoir deux sens de lecture, en les retournant.

Finalement quand tu peins, tu veux prendre le spectateur par le bout des neurones pour le faire voyager tout en restant dans son salon. Ca doit être très agréable d’avoir une toile de toi chez soi ! Quels sont les retours des collectionneurs justement ?
Merci Lady. K, J’aimerais atteindre ce but. Oui pour le moment mes collectionneurs ont l’air satisfait de leurs choix. Certains m’ont acheté deux, trois toiles, quelques-uns m’ont envoyé des photos in situ. Je trouve cette démarche très sympa de leur part car j’éprouve encore de la nostalgie à voir partir mes toiles. Je ne sais pas ce qu’elles sont toutes devenues, ça fait partie de cette belle aventure. Parfois je me dis : “peut-être que celle-ci ou celle-là je le reverrai dans quelques années ou plus jamais”.

Ab Extra, 2019, technique mixte sur toile, 73 x 100 cm

Merci pour cette belle interview pleine de poésie, Fleur. 

Covid 19 X Prochain Paris Tonkar

Laissé en stand-by par le coronavirus, le dernier numéro du magazine attendu par tout le monde ne sortira qu’après la fin du confinement. Hélas ! Beaucoup sont ceux qui auraient aimé le lire pendant le confinement, mais ils peuvent toujours lire d’anciens numéros (commander ici). En attendant le prochain numéro nous avons sélectionné les vidéos YouTube de Weckman, VivacityRu et Rasko, à voir et revoir pendant ce confinement et même, surtout après. 

VIVACITYRU

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Lien vers la page : VivacityRu YouTube
VivacityRu vous donnera un aperçu assez varié de la qualité des styles des writers en Russie. Avec plus de trois cent vidéos, vous pourrez découvrir les exploits de Maiz, Agres, Puzo, Boeck, Dirty, Rock, Tesla, Kicker, Stock (et bien d’autres encore) sur trains, métro, murs, voies ferrées et rues. Le choix des supports n’a d’égal que le choix des armes du marqueur à l’extincteur : chaque vidéo unique démontre l’originalité de ses auteurs comme leur savoir-faire en matière de lettres. Bien que le writing apparaisse sur le sol de l’ex-URSS en 1987, les amateurs russes de ce mouvement n’ont rien à envier à leur alter-ego outre-pacifique (quand on se positionne sur la côte est de la Russie) ayant posé les jalons de cette pratique dans les années 60.

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Lien vers la page : VivacityRu Taps & Moses
Bien que le style puisse être dilué dans un mouvement d’une ampleur internationale, il conserve quelques spécificités locales. Les blocks letters, wild-style, throw-up s’ils sont influencés par les Etats-Unis et l’Europe, ils ont pu aussi trouver leur propre résonance eurasienne. Des formes de lettres typiques d’un style russe comme on peut le voir avec les déformations que subissent les lettres de Mayze, des lettres russes exécutées avec un ancien style de typographie comme le fait Dirty, Nozer, Tweso, des mélanges entre street art et lettres comme les réalisations de Charmer girl, Sole, ou bien du street art et des lettres comme VGA sait si bien le faire.

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Lien vers la page : VivacityRu Dups Crew
Il semble plus que difficile de voyager actuellement, et c’est ainsi que YouTube remplace Air France ou Aigle Azur. Prenons donc un billet pour la Russie avec VivacityRu. Entre deux rasades de Vodka et trois blinis, nous finirons bien par oublier que nous sommes confinés (ça va c’est pas du tout un stéréotype que de dire que les Russes mangent des blinis en buvant de la vodka, et j’aurais pu ajouter avec du caviar et une chapka sur la tête, si j’avais voulu)…

WECKMAN

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Lien vers la page : Weckman YouTube
Nous nous sommes tous demandés comment Weckman peut faire tourner des marqueurs entre ses doigts et taguer après. Certains coachs sportifs pensent qu’il muscle ses doigts et peaufine sa dextérité, justement pour accomplir ses prouesses artistiques. 50 millions de consommateurs estiment qu’il s’agit plutôt d’une « mise en doigt » afin d’étudier les différences entre les outils dont il se sert pour exécuter ses oeuvres. Tags à la spider, Handmixer, skinny d’origine, astrofat, correcteur, Oslo Rust, diverses tailles de squeezer et marqueurs remplis d’encre, de teinture ou de peinture, block letters remplis au rouleau ou à la bombe. Plus qu’une chaîne d’un graffeur sur ses exploits artistiques, c’est une véritable étude comparative qu’il nous livre.

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Lien vers la page : Weckman Spider
A travers les paysages de Saint-Petersbourg qu’il revisite, nous pouvons apprécier l’effet d’un Hubik sur une plaque d’égout et comparer cet effet sur le capot d’une camionnette russe. Weckman n’est pas un rustre russe qui laisse ses bonnes manières au vestiaire : même quand il tag. Il n’hésite pas à adresser un salut aux touristes admirant la capitale impériale de leur bateau voguant sur la Newa, après avoir testé un Handmixer sur la rambarde du pont. De même qu’en tout bon russe qui se respecte, après avoir fini son aérosol sur un fret, il le balance par dessus son épaule. Dans un élan plus vegan que alcoolique, nous pouvons également voir Weckman baptiser un mur d’une pastèque, ça nous dépayse fortement de ces pauvres coques de bateaux cognés par des bouteilles de champagne hors de prix.

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Lien vers la page : Weckman Oslo Rust
Weckman n’a pas de limites ni en terme de supports ni en terme d’outils : stickers sur le métro de Saint-Petersbourg, pièces chromées sur les frets russes, panneaux publicitaires revisités : tout y passe ou presque ! Il remplit des carnets de croquis de ses hand styles quand il ne sévit pas sur la ville, et tout ceci, nous pouvons le découvrir à loisir sur sa chaîne YouTube ainsi que son Instagram.

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Lien vers la page : Weckman Unpacking Box
Si vous hésitiez entre Oslo Rust, Molotow, rouleau ou aérosol, cette chaîne est faite pour vous, elle répond à toutes vos questions et devance celles que vous ne vous êtes pas encore posées.

RASKO

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Lien vers la page : Rasko YouTube

Nous nous sommes tous posés, au moins une fois dans notre vie, la question suivante : « est-ce que les graffs de Rasko sont des bonbons, du popcorn ou bien des graffs ?” Et malgré toute la littérature à ce sujet, pas un seul spécialiste n’a pu répondre à cette question. L’institut de mathématique Clay estime que si David Hilbert nous était contemporain, il aurait inclu cette question dans la liste de ses 23 problèmes, juste à côté de hypothèse de Riemann. De ce fait, l’institut envisage d’en faire le huitième problème du millénaire. A vous le million de dollars si vous réussissez à résoudre ce problème insolvable. 

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Lien vers la page : Rasko Killing It
En cette période de confinement, beaucoup d’entre nous ne savent pas quoi faire de leur cerveau et de ce fait ils peuvent à loisir étudier cette question. L’hypothèse la plus probable semble être inspirée de l’actualité : c’est un virus… D’ailleurs les peintures de Rasko sont souvent virales, qu’elles soient diffusées sur Instagram ou YouTube elles récoltent les likes, comme le gouvernement français récolte les amendes des gens sortis sans leur autorisation. Un bruit de couloir laisse même sous-entendre que le gouvernement italien ne se laissera pas faire et récoltera plus d’amendes que Rasko ne récolte de vues sur son YouTube. 

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Lien vers la page : Rasko In da hood
L’hypothèse numéro deux privilégie la thèse du bonbon : des couleurs acidulées, des courbes brillantes que dis-je brillantes ! rutilantes. Depuis la fermeture des centres de recherches, de sérieuses disputes à ce sujet ont éclaté dans les échanges entre certains chercheurs cherchant à présent sur Skype. Plusieurs chimistes s’opposant à la thèse du virus ont même parfois été bloqués sur Skype, coupant court à toute discussion, par les défenseurs de la thèse du virus émis par certains spécialistes en biologie.

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Lien vers la page : Rasko Mad Drawing 
Une troisième hypothèse pourrait très bien se confirmer dans les mois à venir sur la nature des graffs de Rasko : il s’agirait de pop corn, le même que celui que l’on achète dans les salles de cinéma. Cette hypothèse émise par un ancien apprenti de Joël Robuchon a toutes les chances d’être la plus probable. Dans une interview accordée à la revue Nature, il ajoute même qu’il s’agirait d’un pop corn sucré. Cette avancée a suscité un vif intérêt auprès de la communauté scientifique et des physiciens sont sortis de leur sentier battu en déclarant qu’ils ne laisseront pas une discipline qui n’est même pas une science pure nous expliquer la vie. Il ont mijoté concocté à cet effet la thèse du virus en forme de bonbon. Le spin des électrons pourrait peut-être bien démontrer qu’ils ont raison. S’il s’avère qu’ils ont raison plus qu’un pâtissier, ils nommeront leur découverte candyvirus en hommage au virus le plus connus du moment (le coronavirus, pour ceux qui ne suivent pas l’actualité, ou vivent en plein cœur de l’Amazonie (mais alors ils ne liront jamais cet article)). 

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Lien vers la page : Rasko Colorfull Painting
En attendant une confirmation scientifique nous pouvons toujours aller faire un tour sur ses chaînes YouTube afin d’avoir notre propre avis ou simplement regarder comment il fait du pop-corn des bonbons sur les murs et cliquer sur rejoindre.

Interview de Seyb

_MG_6608Un membre des TOP moins connu mais qui peint toujours et avec un réel talent. Une rencontre qui nous plonge dans les premières heures du graffiti français mais aussi dans la scène parisienne actuelle.

Quelle est ton occupation artistique principale et comment fais-tu pour associer le graffiti avec ta vie de tous les jours ?
Depuis 2000, je me suis professionnalisé : je me suis inscrit à la maison des artistes, aux impôts, à l’ADAGP où j’ai déposé mon nom. En fin de compte, j’ai eu une opportunité en 2000 pour travailler avec TF1 sur le Big deal et, pour le coup, j’ai monté une équipe.

As-tu créé le logo de cette émission ?
Oui ! On a retravaillé pour eux en 2003… Je travaillais avec des personnes que je ne vais pas citer et on s’est dit pourquoi pas, il y a des possibilités, on va se professionnaliser et on va peut-être monter des choses, des projets… C’est à partir de cette optique-là que je me suis mis davantage à faire de la décoration, à me mettre dans les fonds et, peut-être même, à m’éloigner à vrai dire un peu du graffiti dit classique pour amener un petit plus en fin de compte, des choses qui existent déjà dans la BD.

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Te sens-tu proche des muralistes ?
Voilà ! Je m’oriente en effet plus vers le muralisme que le graffiti dit classique. Maintenant, je réalise beaucoup de décoration, des commandes, des choses comme ça mais rien ne m’empêche encore – et heureusement pour moi parce que ça reste une passion avant tout – de faire des murs dans la rue, pas forcément payés et sans autorisation non plus.

Cette pratique récente a-t-elle modifié ton approche du graffiti à l’ancienne ?
Oui, complètement ! C’est pour ça que je te disais que je m’éloigne un peu du graffiti parce que je suis honnête avec moi-même. Quand on intègre un peu de lettrages dans le graffiti, on essaie de l’intégrer dans un décor qui ne prenne pas forcément une ampleur parce que ce n’est pas vendeur quelque part… C’est la difficulté, justement ! Quand tu dois rencontrer des responsables de sociétés, les collectivités ou monter des projets avec des commandes publiques, des choses comme ça, il y a toujours en fin de compte des préjugés sur le graffiti : jeunes de banlieue, violence, c’est agressif… J’essaie de montrer un autre aspect.

26011_1406286324992_7293054_nExplique-nous comment tu passes du papier au mur ?
C’est une grosse préparation en amont… Comme tu as pu le remarquer, je ne peins pas non plus avec beaucoup de gens : la difficulté, elle est là aussi ! C’est de trouver une ambiance, une atmosphère et, en fin de compte, la différence qu’il y a entre les gens ça se retrouve aussi sur le mur. Donc pour avoir une harmonie visuelle entre les deux artistes ou plus, c’est la difficulté parce qu’il y a l’ego qui entre en jeu. Il faut vraiment bien tout poser en amont, tranquillement.

Es-tu le chef d’orchestre ?
C’est selon les commandes ! Je pars dans une direction selon ce que l’on va me dire et les couleurs qu’on m’impose puis je vais leur proposer quelque chose qui me tient à cœur.

Où puises-tu inspiration ?
La peinture traditionnelle, les illustrateurs, la BD, les jeux vidéos énormément, les films aussi ! Tout ça, c’est une source d’inspiration pour moi parce que je suis autodidacte, donc je n’ai pas eu une formation dans une école dite classique. Il a fallu que j’apprenne les choses par moi-même.

Peux-tu nous parler du moment où tu prépares ton sketch ?
Je dessine un visuel puis je le modifie selon l’échelle du mur et, à partir de là, je choisis aussi les gammes de couleur, c’est très important. Selon les artistes qu’il y a sur le mur avec moi, on se partage le travail à effectuer. Par exemple, je vais travailler l’arrière-plan, une autre personne va travailler les premiers plans puis on va se mélanger. Il va venir travailler un peu sur l’arrière-plan et moi sur ses premiers plans, comme ça il y a une vraie symbiose.

Avec qui as-tu le plus travaillé ces dernières années ?
J’ai commencé au départ avec Tworode. On a travaillé un peu avec les P19. Tworode est complet, c’est un artiste à part entière et il m’a apporté aussi beaucoup de choses. Ensuite, j’ai rencontré Shadow avec qui j’ai travaillé énormément aussi, il m’a apporté aussi beaucoup de choses. Récemment, j’ai rencontré Alex, même si on se connaissait depuis un certain temps on n’avait jamais vraiment pris l’initiative de faire un mur vraiment en commun. Tous les deux, on a été agréablement surpris parce qu’on est relativement complémentaires. On a des univers différents mais moi ce que j’apporte c’est une ambiance, une atmosphère où souvent malheureusement il n’y a pas de vie. Alex m’apporte la vie dans l’atmosphère que je peux amener donc on a trouvé ça super complémentaire.

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Que penses-tu du tag ?
J’estime que le tag c’est avant tout primordial, c’est dans le graffiti ! Quand j’explique le graffiti aux gens qui n’y sont pas vraiment initiés, c’est ce que je leur dis. C’est une famille, le graffiti, et au début on fait des tags puis on commence à faire un peu de flop, un peu de chrome ; et plus ça va, plus tu commences à faire un peu de couleur. Ceux qui sont motivés à aller plus loin font des personnages, du décor et tout ça… C’est une finalité mais tout ça fait partie de la famille qu’est le graffiti, donc le tag c’est super, surtout à l’époque ! En même temps, c’était une manière de se faire son nom.

Pourquoi t’es-tu mis à poser des tags dans la rue du jour au lendemain ?
Mon premier tag c’était Burst. J’ai tagué au début au marqueur à l’école… J’ai testé une fois une bombe dans la rue, franchement j’étais jeune, c’était au début des années 80 et, finalement, je me disais que ce n’était pas pour moi et que je n’y arriverais jamais. J’ai lâché l’affaire mais j’ai toujours côtoyé des gens qui faisaient du graffiti autour de moi. Petit à petit, j’ai côtoyé énormément les TOP et c’est comme ça en fin de compte que j’ai été amené à faire du graffiti ; au départ, j’ai commencé à remplir les blocks de Shest, Benk et Shark…

Dans quel quartier cela se passait-il ?
J’ai grandi dans le XVIIIe! Les deux vrais gros noyaux durs dans le graffiti et dans le hip-hop, en règle général, c’était Saint-Denis et le XVIIIe. J’ai gravité autour d’énormément de graffeurs mais je m’y suis mis tardivement. J’allais les voir parce qu’il y avait des lieux comme le terrain de Garibaldi qui n’était pas loin la plaine Saint-Denis, Stalingrad qui était vraiment proche et surtout la Petite ceinture. Inévitablement, je savais que ça peignait là-bas. C’est comme ça que j’ai pu voir Basalt avec Banga… Ils peignaient énormément et, déjà, ils apportaient quelque chose de nouveau. C’était un peu leur terrain, donc j’y allais souvent et ça a changé énormément.

Est-ce que tu allais dans le sud de Paris ?
Franchement, je ne dépassais pas mon quartier… Je m’enfermais dans mon quartier en fin de compte, parce qu’il y en a beaucoup qui pensaient qu’il ne se passait rien dans le sud alors que c’était retourné dans tous les sens.

As-tu posé dans le métro à l’époque ?
J’ai fait des tunnels, mais le métro non. Je ne sais pas pourquoi… Est-ce que je suis claustrophobe ? J’aimais bien le côté libre de la rue donc j’ai toujours préféré la rue, les camions, les stores… plutôt que de m’enfermer dans un endroit où c’était plus risqué. Même si à la base aux États-Unis ils sévissaient sur les trains, à Paris on n’a pas cette histoire parce que chez eux tout est aérien. En France, tout est sous terre donc pour moi, par exemple, ce n’était pas mon univers.

Quels sont les auteurs en BD qui sont pour toi des sources d’inspiration pour ton dessin ?
Le premier qui m’a aidé à construire des persos, c’était Crisse. Pendant longtemps, je me suis inspiré de lui et, au niveau des illustrateurs, pour moi le summum c’est John Howe. Il a un jeu de lumière incroyable : les verts, les teintes vert/bleu, le mélange de ses couleurs…

On retrouve cela dans tes murs d’ailleurs, n’est-ce pas ?
Oui, je suis vraiment inspiré par ça. Je regarde beaucoup aussi les photographes, parce que maintenant il y a une grande évolution dans la photographie. Ils retouchent énormément les photos donc souvent c’est de la haute définition. J’essaie de transmettre ça sur certains murs, le côté un petit peu sombre et j’accentue aussi le côté apocalyptique.

Pourquoi es-tu attiré par les couleurs froides ?
C’est difficile de construire ou de donner un côté réaliste dans la fresque avec les couleurs très flashs qui sont utilisées dans le graffiti. Même quand j’utilise le vert, ça reste très lumineux comparé à de la peinture acrylique ou à de la peinture à l’huile. C’est vrai que je ne mets pas trop de couleurs vives !

Quels sont les peintres qui te parlent ?
Le peintre danois Peder Mork Monsted, le peintre paysagiste americain William Bliss Baker pour n’en citer que deux… Je m’inspire énormément de leur technique en fin de compte, de leur manière de poser la lumière ainsi que de leur réalisme…

Si je comprends bien, tu es surtout attiré par la peinture réaliste ?
Ça me parle, ça me touche… Je n’ai pas le niveau pour le faire donc je ne le fais pas, j’essaie juste de faire un mélange, d’apporter un aspect réaliste et BD aussi, une sorte de mixe en fin de compte.

Est-ce que tu as peint à Stalingrad ?
Non, j’y ai mis les pieds, j’ai vu les gens peindre… J’étais là ! C’était magique, franchement, parce que le lieu se prêtait à la vision qu’on avait tous de New York ; il y avait le métro aérien, ça faisait un peu ghetto, ça ressemblait au Bronx quelque part, donc c’était le délire. Il y avait une atmosphère, une ambiance, on se sentait à part, en fin de compte

Es-ce que tu as fait du smurf ?
J’ai essayé mais ce n’était pas pour moi. Comme je te l’ai dit, même au départ quand j’ai fait mes premiers tags, j’ai trouvé que ce n’était pas pour moi, que je n’y arriverai pas donc j’ai lâché. J’ai vraiment mis un certain temps avant de me remettre dedans, la chance que j’ai eu c’est que j’ai côtoyé des gens comme les membres des TOP qui m’ont expliqué. Après, j’ai fait mon petit chemin, même si je faisais beaucoup de tags et des chromes. J’ai toujours fait de la couleur aussi à côté et je n’ai pas voulu non plus comme beaucoup le font maintenant, m’autoproclamer vandale ou couleur. À l’époque ça n’existait pas, tu faisais aussi bien de la couleur que du chrome, du tag et ainsi de suite. Je trouve que la nouvelle génération a perdu un peu de cet état d’esprit…

Est-ce que Shest t’a apporté beaucoup ?
Il faisait des traits droits incroyables…

On avait l’impression qu’il avait une règle de cinq mètres de long…
Oui, en plus il n’avait pas de scotch ni de carton ! Il n’y avait pas les caps, ni les bombes d’aujourd’hui et c’est pour ça qu’en le regardant peindre longtemps, il m’a apporté énormément…

Comment peignait-il ?
Souvent, il avait sa petite esquisse. Il était quand même très méthodique dans sa façon de faire, il se préparait en fonction du mur qu’il avait repéré.

Le premier Shest que j’ai vu, c’est à Quai de la Gare sur un des murs dégueulasses le long de la voie. Il avait peint uniquement les contours et c’était assez rare à l’époque de ne peindre que des contours sans remplir le block.
C’était un côté économique mais, en même temps, je pense que c’est un des rares qui a commencé à utiliser le rouleau aussi. Juste au rouleau, sans contours et rien que ça, ça tuait tout en fin de compte !

Testait-il pas mal de choses dans son atelier ?
Il testait plein de choses dans son petit atelier ou même dans sa cave, qui d’ailleurs s’était transformée en atelier. Il faisait beaucoup de tests comme ça… Il était étudiant… C’était un ami bien avant de peindre et c’est comme ça qu’au fur et à mesure, je l’ai accompagné puis j’ai commencé à remplir…

Quand a-t-il commencé ?
Je crois que son premier truc, c’était en 1982, je crois… Ah oui, ses premiers tests !

C’est étonnant parce qu’en 1982, il n’y avait pas vraiment de graffiti à l’Américaine à Paris…
Je crois que c’était en rapport avec un vieux quartier dans le XVIIIe qui s’appelait la Moscova et, en fin de compte, il y avait déjà les Mosko et associés qui faisaient leurs pochoirs.

Donc il a commencé par faire du pochoir ?
Oui, je pense que c’est ça… Je pense qu’il a été influencé par ces gars puisqu’il allait peindre souvent là-bas. Il aimait justement ce côté un peu vieux Paris, il y avait de vieux murs. Sa grande influence après ça a été Bando.

Il a commencé par peindre des choses qui n’étaient pas forcément du graffiti et quand apparaît le graffiti à l’Américaine avec Bando, pour lui, c’est la révélation.
Oui, il s’est pris une claque ! Franchement, c’est la révélation et, après, il s’est mis vraiment à travailler la lettre, son style…

À quel moment as-tu eu Subway art et Spraycan art dans les mains ?
J’ai eu les deux en main en même temps en 1989, je pense. Je les ai feuilletés et après je suis allé me les chercher. Pour ceux qui font du graffiti, c’est des bibles comme le tien, Paris Tonkar. Moi, je l’ai ! (Rires)…

On ne se rend pas compte à quel point ça a été des déclencheurs dans le monde entier.
Oui, ça a marqué beaucoup de jeunes, des générations ! D’autant qu’il n’y a rien eu entre Paris Tonkar et la sortie de Kapital en 1998. Ce bouquin a relancé la mode du graffiti ! Depuis cinq ans, il y a vraiment une grande effervescence autour du graffiti, avec des galeries qui se sont ouvertes… Il y a beaucoup de gens du milieu de l’art qui s’y intéressent, ça a ouvert plein de portes.

As-tu été sollicité par ce milieu de l’art ?
Non, parce que je ne cours pas après non plus… Je préfère, à la rigueur, rester dans mon côté muraliste à la Sud-américaine. Quand j’ai commencé vraiment à m’y mettre, c’était fin 1993 et déjà je regardais énormément le FX crew et le FBI allemand avec leurs grosses productions. C’est eux qui m’ont montré qu’avec le graffiti, on pouvait aller très loin, très haut !

Est-ce que des graffeurs français t’ont influencé ?
Il y a énormément de talents mais il n’y a pas beaucoup de groupes qui font de la fresque… En France, il y avait les MAC. Ils m’ont influencé et motivé…

Que t’ont-ils apporté ?
Une composition ! Mais eux voulaient aussi transmettre un message au niveau de leur mur.

Tu ne t’intéresse pas aux murs politiques ?
Non, parce qu’il y en a assez, on en parle relativement assez, ce n’est pas à travers les peintures qu’on peut changer les choses non plus. Moi, ce que j’essaie à la rigueur, c’est d’apporter un peu de rêve, c’est tout !

Est-ce qu’il y a un mur que tu n’as pas encore fait mais que tu voudrais faire ?
Personnellement, j’aimerais bien un jour faire un grand mur à New York ! (Rires)… J’aimerais bien. Je n’y suis jamais allé et je n’ai pas encore eu l’opportunité mais je suis en contact avec des New-yorkais du FX crew, pour moi ça serait le summum en fait.

Quel est le mur que tu as peint et qui marque pour toi une nouvelle étape ?
C‘est un mur que j’ai peint avec Shadow en 2007 : on avait fait un tunnel, le toit était cassé, le métro cassé puis on avait intégré du graffiti, une 3D de Shadow et un 2D de moi en orange pour contraster. Depuis ce mur, je me suis dit : « C’est ça, il faut faire ça. »

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Finalement, quand tu vois ton parcours, à quel moment te dis-tu que tu aurais pu faire mieux ou autrement ?
Encore maintenant, je me mets toujours en question, toujours… Je ne suis jamais forcément satisfait d’un mur… Je pense que dans vingt ans, je serai encore en train de m’enrichir visuellement et j’espère évoluer en même temps.

As-tu eu des collaborations avec des peintres qui ne viennent pas du graffiti ?
J’ai eu l’opportunité de rencontrer l’année dernière deux femmes d’un certain âge qui peignent : elles ont un parcours traditionnel et pratiquent la fresque panoramique, le trompe-l’œil et les effets faux marbre… Elles travaillent essentiellement à l’acrylique et je les ai rencontrées sur un chantier. Vu que je travaille sur de grandes surfaces, elles m’ont invité sur un de leurs chantiers à Alfortville. Tout était imposé, c’était sur les droits de l’enfance. Je n’avais pas eu le droit de travailler à la bombe parce que c’était sur les produits bios et, pour le coup, j’ai travaillé avec des pinceaux.

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Est-ce que cela a été enrichissant pour toi ?
Travailler avec ces femmes qui ont une expérience, une autre culture, une autre approche ne pouvait qu’être enrichissant et c’était vraiment une belle expérience. Il y a un peu de moi sur ce mur.

Est-ce que tu as conscience quand, tu voyais Shest ou les autres TOP peindre à Stalingrad ou dans le quartier qu’il se passait quelque chose de nouveau ?
Oui, carrément !

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Et vous en parliez entre vous ?
Non, justement ! C’est bien après, on savait qu’il se passait entre nous quelque chose de magique parce qu’on vivait quelque chose de nouveau. Quand c’est arrivé, il fallait être un peu rock’n’roll ou punk ; il n’y avait que ça, en fin de compte ! Tout d’un coup, on a pu tous s’identifier à cette nouvelle culture qui nous parlait parce que je vivais à Barbès et, culturellement, ça me parlait plus que le rock, que le punk… (Rires)

Est-ce que vous aviez des collaborations avec d’autres crews ?
Ah non, surtout qu’à l’époque c’était très fermé, chaque groupe était très fermé aux autres. C’est vrai qu’on ne se mélangeait que très peu et c’est toujours, mine de rien, un milieu relativement fermé.

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Pour finir, quelle est la dernière fois où tu as peint un graff à l’ancienne ?
C’était à Montreuil… Je faisais une petit balade graff organisée avec l’office du tourisme de ma ville. Je montrais mes fresques dans la ville et j’ai croisé par hasard Wean 3DT qui passait par là avec son petit sac de bombes. On a discuté, je leur ai dit que c’était un activiste aussi… Cinq minutes après, on est parti peindre un chrome en pleine rue sans les spectateurs quand même, juste lui et moi ! Cette rencontre m’a fait super plaisir, c’est encore ce côté magique du graffiti !

Photographies : Seyb


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Interview de Pascal Pacaly

74532756_416859929267278_8630442636181766144_nPeux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis un écrivain stéphanois de 42 ans. Je travaille dans le monde du livre depuis quelques années et j’écris de la poésie depuis mon adolescence. J’adore la littérature américaine qui m’a amené à écrire, avec Rimbaud et Sade. J’ai pas mal écrit sur le rock français et la poésie… Tout ça se trouve au sein de la maison d’édition des Joyeux Pendus. Pour nous les livres sont le savoir, le meilleur moyen d’apprendre sur notre humanité et notre société. Et grand fan de foot aussi, ah ah et de cinéma !

Associer des poèmes et des œuvres d’art est assez original. Comment as-tu eu cette idée et pourquoi ?
C’est un mélange de plusieurs choses. D’une part l’envie de montrer ces superbes illustrations, photos et peintures. Quand tu es amoureux de l’art, quand tu sais ce que cela représente du point de vue humain : le message, l’éternité, le témoignage… C’est une œuvre débordant d’amour, c’est la volonté de mélanger les genres les pays, les gens… Quant à la poésie, on est là à fleur de peau, entre écorchés vifs, on explore la douleur, la solitude…. Histoire de peau, de rencontres, d’amour, de déchirures…

Peux-tu nous en dire plus sur le choix des œuvres ?
Alors comme je dis toujours, les papillons et les fleurs bleues, pas pour moi, du moins dans les textes, car sinon j’adore ça ! Mais j’aime aller là où on ne va pas, c’est plus intéressant. Les fêlures des gens aussi… Là, on est dans le vrai, dans les émotions à fleur de peau… Donc on s’oriente déjà vers du « sombre »… Après, concrètement, il y a des gens que je connaissais, et pour d’autres, je me suis laissé guider par le bouche-à-oreille ou la découverte du hasard. Facebook n’a pas que des inconvénients, heureusement, quand on se donne la peine de monter d’un cran, de chercher un peu de culture, d’art et d’artistes, on trouve…

As-tu un autre projet sur le feu ?
Plusieurs en fait. Plein de livres, mais celui qui, je pense, retiendra le plus l’attention est le tome 3 de La France est rock, dont le but est de raconter l’histoire et les coulisses des groupes de rock français. De montrer aussi, que la France, ce n’est pas que de la variété, qu’il y aussi des tas de groupes qui se battent pour réaliser leurs rêves, que des tas de bénévoles dans plein de festivals se démènent pour que cette scène existe. Il y aura pour ce tome 3 des groupes/artistes comme Miossec, La Rue Ketanou…

Quels sont les retours des lecteurs sur ce livre ?
Écoute, je ne crois pas avoir eu de mauvais retours, même si ça peut paraître prétentieux… Après, voilà, aux éditions, on a mis le paquet pour que ce soit à la fois un beau livre, et accessible au niveau du prix. Je pense que bien évidemment les illustrations sont pour une grande part dans ce succès. La variété surtout de celles-ci : peinture, street art, graphisme, dessin, photo et aussi de multiples pays : France, Japon, USA, Belgique, Italie. Bon, et j’ose croire que les poèmes plaisent également un tout petit peu !

Si tu devais donner envie de découvrir ton livre à un éventuel lecteur ou une éventuelle lectrice que lui dirais-tu ?
Qu’il y a des douleurs qu’on peut rendre belles. Qu’écrire les interludes est une petite solution et une grande émotion. Que les arts sont une richesse incroyable depuis des millénaires, et que ce livre présente un témoignage de quelques artistes du monde entier, de ce que fut, de ce qu’est leur vision de la vie à un instant T.

Où peut-on acheter ce livre ?
On peut passer par les librairies, mais le mieux, le vraiment mieux est de passer directement par nous.

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Crédit images : Destroy Trash/ Toon Hertz/ Tarek/Jean Yarps/ Kiki Chapiron/ No Soucy Frédéric Truteau/Ptit Marc

« … Dans ton cratère je prends feu
C’est l’ardeur, un peu contagieux
Combats pour enlever l’armure
Sous tes champs de violence, nos griffures
Allez mords-moi fort
Allez sois conquistador mi amor 
Entends-tu la clameur ?
C’est l’entracte de nos heurts
On jouira côte à côte
On se pèsera l’âme en toc
Plus tu pousses et mieux je bloque
On enfouira nos entrailles sous la terre
L’Amour avec des vers 
Poumons d’outre-tombe remplis d’air
Dans le fleuve de tes artères
Voilà que je me régénère »

74532756_416859929267278_8630442636181766144_nPour commander le livre, c’est ici : leseditionsdujoyeuxpendu
Le teaser : Apocalypse Mi Amor – Pascal Pacaly
Visite du livre : Apocalypse Mi Amor