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Le photographe Philippe Bonan est connu pour tirer les portraits de grands noms de l’art contemporain. Entre deux prises de vue, il lui arrive de troquer son appareil pour des pinceaux. Son exposition à la galerie et boutique d’objets design Les Modernistes est l’occasion de découvrir une facette moins connue du Philippe Bonan peintre. Petit échange avec l’artiste autour de ses œuvres estivales.

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Philippe Bonan, on te connaissait photographe et collectionneur. Actuellement tu présentes une série de peintures. Où est passée la photographie ?

La photo est toujours là mais elle se cache ; on a fait une exposition uniquement avec les peintures que j’ai réalisées l’été dernier à la résidence des Solstices chez Daniel Boulogne. Je voulais marquer le coup en récupérant deux photos et en les insérant dans l’expo. Il s’agit de deux portraits de personnalités de l’art urbain, Jef Aérosol et Cope 2. Dans le travail que je présente ici, il y a beaucoup de coulures, j’ai voulu rester dans l’esprit graffiti. Et la photo fait toujours partie de moi, j’ai continuellement mon appareil avec moi. Par exemple tout à l’heure Jacques Villeglé est venu visiter l’expo et j’ai sorti l’appareil…

D’ailleurs à l’occasion de sa visite, Jacques Villeglé a dit avec humour que tu deviens à présent un peintre concurrent…

J’ai envie de rester ami et ne pas devenir « concurrent ». Si je deviens une bête noire à fuir, c’est dommage !

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Jacques Villeglé et Philippe Bonan

Pour revenir à tes œuvres, j’ai remarqué ta volonté de laisser le support (du papier) visible et de mettre en avant ton geste. Comment travailles-tu la spontanéité de ton geste ?

Je me suis senti à l’aise dans la résidence en Périgord, humainement et physiquement. Ce qui explique que quand j’ai été face à de grands formats, j’ai laissé complètement allé mon geste. Il y a peu d’explication à cela, ma peinture est celle du bien-être. Un bien-être dans l’instant de peindre et que je continue à vivre durant cette exposition. Dans la pratique, je peignais sur chevalet et finissais sur une table, à l’horizontal, avec du Posca, mais toujours dans le souci de ne pas trop en rajouter. Je savais où m’arrêter.

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Ton nom en néon est également exposé, comme un clin d’œil à Claude Lévêque…

J’ai fait appel à Victor Mac Lennan qui a travaillé longtemps au Palais de Tokyo, avec l’idée de copier l’écriture de Claude Lévêque. Lui a fait un travail autour de l’écriture de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Je ne le savais pas à ce moment. J’y voyais une écriture d’enfant fragile. C’était ce rendu que je recherchais avec mon nom, même si je ne suis plus un enfant, j’ai 47 ans… mais on dit aussi que vers l’âge adulte on redevient enfant. Tout est en concordance pour moi…

… ces dessins seraient-ils des réminiscences de ton enfance ?

Le dessin m’a accompagné à différents âges. Mais non… j’essaye de moins en moins de penser au passé… je cherche à rester dans l’instant présent, ce qui est déjà pas facile.

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 Philippe Bonan et Speedy Graphito

Exposition jusqu’au 12 juillet

Les Modernistes, 3 avenue Père Lachaise (métro Gambetta)

Finissage le 12 juillet (16h-19h)

Livre sur la résidence de Philippe Bonan aux Solstices (Domaine du Déroc, Périgord) :

Philipp Bonan, préface de Gérard Xuriguera, photographies de Frédéric Goetz, Éditions Point Rouge, mai 2015