Omick, Ylyad Sisab

Omick nous plonge au cœur du secret de ses graffitis avec Ylyad Sisab, un livre qui reproduit fidèlement ses recherches quotidiennes sur papier. Les pages de ses esquisses sont gardées à l’échelle originale, sans modification dans la mise en page, et les traces du feutre ayant transpercé le papier au verso sont laissées visibles. Le feuilletage rend compte de la diversité et de la singularité des formes explorées par Omick chaque jour. L’exercice laisse une part à l’accident et l’incongru. Le souci du détail est poussé jusqu’à la reproduction du buvard maculé d’encre utilisé par l’artiste, qui devient le signet de cet ouvrage élégant et authentique.

image omick livre

Livre piqué agrafé / Impression numérique noir et blanc / Format 21* 13,5 cm / couverture gaufrée / Papier Noir Popset 320 gr / 80 pages / 200 exemplaires / 20 euros

Livre d’Omick aux Éditions Terrain Vague.

Salaam Palestine, carnet de voyage en terre d’humanité

Salaam Palestine, carnet de voyage en terre d’humanité
Massenot, Pillorget et Abel (La Boîte à bulles, 2013)
Le carnet de voyage est un genre à la mode, on en trouve pour tous les goûts mais celui-ci mérite qu’on s’y plonge. A l’origine du projet, l’illustrateur Bruno Pillorget, rejoint par une romancière et un photographe, a imaginé en 2009 un échange artistique entre France et Palestine fondé, pour leur part, sur des expositions en Cisjordanie montrant leur travail. Voici enfin publié le passionnant récit, illustré de dessins et de photographies, de leur séjour, qui fait la part belle aux Palestiniens rencontrés dans les villes où ils ont exposé (Jérusalem, Ramallah, Hébron, Naplouse) ou durant leurs déplacements. Croquis, aquarelles et photos sont superbes, complémentaires dans leur  différence, et rendent les personnages présentés plus attachants encore, tout en illustrant leur environnement proche : maisons, rues, champs, objets de la vie quotidienne, le livre nous en livre mille et un détails… Quelques photos donnent également un petit aperçu du street art qui s’est fort développé dans les Territoires occupés : pochoirs, fresque ou slogans sur le mur de séparation réalisés par des artistes locaux ou internationaux ! Quatre ans on passé depuis ces belles rencontres et la situation est loin de s’être améliorée en Palestine, ce qui rend d’autant plus précieux le témoignage de nos trois artistes français. Nul doute qu’ils réalisent ainsi leur vœu de nous faire partager « le fardeau de cet espoir » des Palestiniens, comme le réclamait avec force le poète Mahmoud Darwich. MLB

Chroniques musique #2

Voicing
12 Mé & Raph / Mosaic Music Distribution / 2011
Le jazz est l’avenir du hip-hop ? Ce dernier a régulièrement emprunté au répertoire du Jazz, souvent des lignes de basse efficaces, parfois des samples choisis, quelquefois la couleur. Mais il y a rarement eu d’union novatrice, surtout en France. 12 Mé & Raph ont décidé de tenter l’expérience. Par amour de ces deux musiques, le MC et le saxophoniste ont réussi avec Voicingune fusion personnelle et efficace. D’une vraie richesse musicale déclinée avec brio par des musiciens brillants, ce troisième album possède une unité qui ne trompe pas : la sincérité. Une musique au groove percutant (les influences Boom Bap de 12 Mé sont bien présentes), aux harmonies colorées, un flot assuré qui trace sa voix entre saxe, clavier, basse, scratch et beat box ; l’osmose est parfaite. Les textes eux aussi ont la belle couleur de la sincérité, ils nous parlent avec simplicité du quotidien banal et parviennent, sans violence, à nous  confronter à des questions existentielles. À voir sur leur site la très belle et new-yorkaise vidéo de « Last Sunday » (Vivien Floris / Make 2 Work Productions), premier titre extrait de Voicing et faite vous plaisir avec le graphisme noir et blanc de « Jean-Pierre ». Belle découverte : le hip-hop a un avenir…

Kohndo
Soul Inside / Greenstone reccords / 2011
Je n’ai pas trouvé la soul inside… Cet album possède en apparence toutes les qualités pour se transformer en une réussite commerciale : enfin de la soul classe et française ! Une production professionnelle et sans tache, brillante même, de bons musiciens et des arrangements calibrés, une foule d’amis prestigieux en invités (featuring, un titre sur deux) et Kohndo qui pose son flot clair qu’on adore, ses textes fluides, chantant même bien, sur « Lick me ». Soul Inside se décline sans complexe en plusieurs genres : soul, rock, rap, funk… Et malheureusement, ça ne prend pas complètement. Les morceaux rock manquent de tension réelle, les morceaux soul de profondeur, et au final, ces variations tombent à plat. Après plusieurs écoutes répétées de cette production très brillante, l’impression fatigante d’avoir à faire à un objet trop lisse, sans risque, sans nouveauté. Dommage ! J’aurais vraiment voulu aimer cet album de Kohndo. Essayez de votre côté, peut-être serez-vous capable de trouver la Soul Inside…

Nicole Atkins
Mondo Amore / Razor & Tie / 2011
Nicole Atkins possède la voix du rock. Un grain léger à filer des frissons, une aisance dans la maîtrise de la puissance, des tensions permanentes qui ne cèdent jamais. Sa musique, assurée par son solide groupe « The Black Sea », est un mélange de tout ce que la culture blues et rock U.S. peut contenir, du plus dynamique (l’accueillant « Vutlures », le très bon « You Come to Me ») au plus romantique (« This is For Love », « Hotel Plaster », « Heavy Boots »). Mais aussi une ballade joyeuse (« Cry Cry Cry ») et une autre moins heureuse (le sublime « You Were the Devil »), et même un authentique folk far-west (« My baby don’t lies »). Étant donné le talent brut de la jeune dame, on aurait aimé plus de titres énervés, plus risqués et peut-être moins de romance. Dans ce petit set de dix titres, seul « War is Hell » semble extrêmement dispensable. Le titre qui clôt Mondo Amore, « The Tower », semble au début relativement faible, mais son final lyrique et grandiose fait vite regretter cette pensée. Ce dernier morceau devient même un bel adieu que l’on ne se lasse de ré-écouter. Pour résumer, on aime Nicole Atkins, on adore Mondo Amore (en plus elle a tourné en 2010 avec The Black Keys, le grand pied bien sauvage…).

Chroniques musique #1

Gentleman & the evolution
Diversity live / Bushhouse music / 2011
Un album Live qui tient toutes ses promesses avec du bon reggae, dansant et enivrant, des enchaînements dynamiques. Le timbre de la voix du chanteur est unique, son chant et ses paroles sont justes. Il y a un côté jazzy sur certains morceaux qui n’est pas désagréable à l’écoute. À découvrir !

True Live
Found Lost / Safiko records / 2011
Un groupe australien fort étonnant que je vous invite à découvrir ! Leur album est une réussite et il vaut le détour, ne serait-ce que pour écouter les 3e et 4e morceaux. Du bon groove avec des ambiances jazz sous fond de hip-hop cool… Un album joyeux, chaleureux, qui vous transporte et vous donne de la pêche. Vous l’aimerez aussi !

The Webb sisters
Savages / Proper / 2011
L’intérêt de cet album réside dans les voix des Webb sisters, écorchées, hésitantes, sensuelles et envoûtantes ! Le tout accompagné par des ballades et des mélodies folk/pop, à mi chemin entre les Christians et Kate Bush. Une musique légère, sans prétention, qui se laisse écouter.