Discocaso

Lorsque Clément m’a proposé d’exposer dans sa boutique, j’ai toute de suite eu cette idée d’investir les pochettes de disque. Habituellement ce sont plus les vinyles qui sont investis par les artistes que les pochettes. En attendant l’exposition physique, vous pouvez tous les retrouvez sur https://discocaso.com/

image-asset (4)J’ai choisis des pochettes de disques peu cotés afin de leur offrir une valeur, qui n’est plus basé sur le contenu mais le contenant. Mon choix s’est orienté vers des pochettes de disque incontournables, classiques, kitsch autant visuellement que auditivement. La série de pochette de disque comporte une quinzaine de pièces uniques. Ce sont des déclinaisons chromatiques de mon pseudonyme Lady. K jouant avec le visuel de la pochette.

image-asset (7)Des photos composaient certaines pochettes, j’ai retravaillé ces visuels : ajouter quelques palmiers, incorporé des cadres, occulté des visages avec des masques, remplacé une guitares par une hache. La seule pochette où je n’ai pas écrit Lady. K mais Amor, est celle de ce disque de musique classique. Il y avait une photo d’un bas-relief représentant Pan, il semblait si jeune et quand j’avais vu cette pochette j’avais tout de suite pensé à écrire Venus dessus. J’ai d’abord tenté de détourner la photo du bas-relief de Pan en l’habillant d’un short, d’une paire de lunette, remplacer sa flûte par un cœur, ça ne fonctionnait pas. Alors j’ai opté pour la sobriété d’une pochette unie, sombre et chaleureuse où j’ai collé un sticker très classique « hello my name is » afin de caser le monochrome, et contraster avec l’intérieur de la pochette ou explose le mot Amor sur le fond noir et blanc de photos, textes dactylographiés et manuscrits. L’autre pochette dénotant de la série est celle de la compile de Clément, je l’ai recouvert des couleurs des cartes de visite de sa boutique car je voulais également qu’elle soit le visuel de sa boutique.

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Je n’avais jamais peint sur des pochettes de disque aussi loin que je me souvienne, et le résultat est vraiment superbe. Je les aime toutes, elles ont toutes une particularité. Que ce soit la première pochette que j’ai peinte, qui est celle d’Aretha Franklin, la vue sur Venise ou sur une côte des disques de musique classique, le gris de la compile du Wu-tang, ou les liasses de billets du disque de WC, j’ai voulu garder les disques intacts afin qu’on puisse encore les écouter. Seul le disque d’Aretha Franklin est également peint, je n’avais pas la place d’écrire Lady. K en entier car je ne voulais pas recouvrir les personnages et je voulais garder la même taille pour tous les disques, j’ai donc rajouté le K sur la face du disque qui avait une large rayure.

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Avec clément nous avons décidé de les exposer encadré et disséminé parmi les disques dans leurs pochettes plastiques afin qu’il puissent garder leur coté œuvre d’art tout en chevauchant leur côté objet usuel.

Interview de Wendy, auteure de Divers city

Interview de Wendy, auteure du projet de livre Divers city.


Hello Wendy ! Peux-tu nous en dire plus sur toi ? Ton âge, ta profession, où vis-tu ?
Se présenter ou de parler de soi est un exercice difficile… Je dirais que je suis une photographe passionnée d’art urbain. Je partage mes trouvailles urbaines sur les réseaux sociaux sous le pseudo W.L.V. J’ai 34 ans et je vis dans les Hauts-de-Seine.

Tu travailles actuellement sur ce livre depuis deux ans. Comment t’es venue cette idée ?
J’ai toujours adoré le dessin et j’ai découvert le graffiti à l’adolescence puis le street art plus récemment lors de mon séjour de deux ans en Australie. A mon retour, l’art urbain a fini par prendre une place importante dans ma vie et m’a beaucoup apporté. Je voulais trouver un moyen original de dire merci à tous ces artistes qui nous donnent accès gratuitement à l’art en embellissant nos murs et notre quotidien, tout en partageant leur travail sans forcément en attendre une contrepartie.

Quel est le contenu de ton livre ?
Plus de 140 graffeurs, muralistes et street artistes actifs sur la scène urbaine d’île de France sont réunis dans cet ouvrage. Ils ont chacun réalisé sur un format reproductible, une création originale afin de présenter au public leur art, comme ils pourraient le faire sur un mur dans la rue. Cette œuvre est accompagnée d’une présentation de l’artiste et d’informations qui permettent au lecteur de pouvoir suivre le travail et l’évolution de chaque artiste.

Pourquoi choisir 150 artistes ?
J’étais partie sur 100 artistes afin d’avoir une assez large représentation de la scène urbaine francilienne et de pouvoir également mettre en avant les artistes dont on connaît bien le travail, mais que l’on connaît moins en tant que personne.
Puis j’ai dépassé les 100 participants, j’ai atteint le nombre de 130 et quitte à avoir un compte rond, je me suis dit pourquoi pas 150 artistes ? Des milliers d’artistes sont présents en île de France, plus le nombre de participants est important plus il y a de chance que la variété visuelle et artistique exposées sur les murs soient représentées dans ce livre.

Qui est dans ce livre ? 
Beaucoup de monde… Des graffeurs, des muralistes et des streets artistes connus à l’échelle nationale voire internationale, ou peu connus du public. Des artistes de chaque génération sont présents.  Des artistes prometteurs et des artistes confirmés. Ils sont 150, je ne souhaite pas en nommer certains plus que d’autres.

Pour découvrir les participants, je vous invite à suivre notre compte @divers.city sur Instagram où chaque artiste y est présenté.

Comment as-tu sélectionné les artistes ?
Il fallait que ce livre soit le plus objectif possible et le plus représentatif de la scène urbaine afin de représenter les différents modes d’expression des artistes urbains. Les artistes retenus ont des œuvres présentes et visibles en Ile de France depuis au moins ces deux dernières années.

Est-ce qu’une exposition est prévue avec les dessins qui sont dans ce livre ? 
Je le souhaite sincèrement afin de concrétiser et de perpétuer le partage entre les artistes et le public. Après, tout est une question de moyen.

As-tu des projets futurs à venir ?
Pour le moment, je suis très concentrée sur ce livre et je ne me projette pas encore. Bien sûr j’ai quelques idées, mais je n’ai pas encore pris le temps d’y réfléchir sérieusement ; mon esprit est absorbé à 110% dans la réalisation de cet ouvrage. Mon seul objectif du moment est de pouvoir enfin tenir ce livre dans mes mains et en découvrir chaque page !

Dirty 4 Handz

Un joyeux non-anniversaire Psyckoze (1)

psyckoze paris tonkar 1

L’exposition Dirty 4 Handz (2) accueille les 35 invités de Psyckoze pour une exposition à quatre, voire six mains.

Les œuvres de 2Shy, Seth, Ceizer, Gorey, Misstic, Dize, Nassyo, C215, Louis-Adrien Le Blay, Nasty, Sirius, Jace, JonOne, Popof, Maxy. T, Chanoir, Jérôme Mesnager, Kraken, Lady. K, Nunca, O’Clock, ODG, J.C. Earl, Pazer, Popay, L’Atlas, Clement Shoevaert, Speedy Graffito, Stesi, Tanc, Sunset, Funco, Creez, Taches de Rouille, VLP en compagnie de Psyckoze vous attendent à l’Espace Oppidum situé 30, rue de Picardie à Paris du 11 au 18 décembre 2019 de 13 heures à 20 heures.

nasty paris tonkar

C’est une lettre d’invitation assez originale qui nous est adressée à l’occasion de ses 50 ans. 50 ans dont plus de 40 passés à peindre. C’est cette merveilleuse histoire entre Psyckoze et la peinture qui débute avec les aquarelles de son oncle dans la maison de son enfance que Psyckoze choisit de nous raconter pour sa nouvelle exposition. Une exposition aux effluves de madeleines proustiennes, qui retrace à l’aide des mains de ses invités une partie de son parcours. Au gré des inspirations et aspirations, Psyckoze a construit des amitiés au fil de ses rencontres avec des acteurs de la scène street art (3) au sens large.

kraken paris tonkar

Psyckoze a autant noué des liens avec des pochoiristes, que des writers depuis 1984 à aujourd’hui. C’est un cadeau assez spécial qui nous est livré en cette fin d’année 2019 : pochoirs, céramiques, gravure sur bois, sculpture et writing seront à l’honneur dans les petits chaussons disposés à cet effet au pied du sapin.

La légitimité de Psyckoze n’est plus à démontrer. Ce writer de la première heure est un remarquable artiste touche à tout, ce n’est pas sans raisons que son leitmotiv est “no limit”. Son sonal explose ici dans la richesse des matériaux utilisés et des styles convoqués. Toutes les facettes – ou presque – de Psyckoze sont exposées : ses personnages filaires tissés dans la peinture comme le métal, les pleins et déliés de ses lettrages, les abstractions et figurations  de ce coloriste hors pair, démontrant que Psyckoze est un artiste complet. 

jace paris tonkar

Dans un pari assez fou, l’exposition de Psyckoze réconcilie les frères ennemis : pochoiristes et writers, créant une rare exposition à quatre mains jonglant entre partage, originalité, éclectisme et contraste.

C’est entre les quatre mains des prestigieux invités de Psyckoze – qu’ils soient fameux dans l’underground ou sur le marché de l’art –  et de Psyckoze, que nous voyageons au cœur des coalescences (4) des univers convoqués.  

seth paris tonkar

Dans une hétérotopie (5) hors-norme où les silhouettes de Jérôme Mesnager, les squelettes de Maxy. T, les messieurs (Zuman) des VLP dansent avec les personnages de Psyckoze et nous entraînent dans leur farandole pour nous accompagner dans une station de métro au légendaire carrelage revu avec Nasty pour emprunter un étrange métro fait en collaboration avec Sirius afin de remonter le temps. De la fenêtre, on peut apercevoir les miss de Miss.Tic discutant avec les misters de Psyckoze dans les labyrinthes de L’atlas aux murs couverts des lettrages des sorties nocturnes de Psyckoze avec Funco, Creez, Dizer, O’Clock, Nassyo, Lady. K. On marque un stop dans une station de métro toujours avec le légendaire carrelage revu par Nasty qui nous conduit à la sortie pour héler un taxi aux portes de 2C mouchetés avec JonOne. Nous voilà arrivés, une tasse de thé dégustée avec un ange issus de l’imagination de Seth et nous discutons avec les gouzous de Jace. Les petits fours confectionnés par le Golem fait avec Earl sont savourés et nous voilà admirant le coucher de soleil avec Sunset.

miss tic paris tonkar

Bientôt la nuit nous enveloppera de son manteau galactique fait avec Stesi. Il est temps de partir. Pour cela, nous empruntons bien le métro de 2 Shy et Psyckoze, à moins que nous préférerions marcher dans des catacombes sculptées par Psyckoze où Adam et Eve ont choisi de s’encrer avec l’aide de Kraken. Si nous prenions ce chemin, je ne suis pas certaine que nous pourrions nous empêcher de nous emparer de ce crâne extrait des catacombes interdites revu avec C215, sous l’oeil attendri de la Vénus de Psy éternisée par Louis-Adrien. Nous arrivons chez nous dans ce pan de bois sculpté avec Clément, sur nos murs est accroché un papier fait avec Popof, nous l’avons encadré et il nous regarde autant que nous le regardons. 

latlas paris tonkar

C’est au fil des pages d’un catalogue qui nous est conté par Psyckoze, comme cela aurait pu nous être conté par Sherazade, que nous nous endormirons. 35 histoires dérobant un morceau de temps aux poétiques saveurs saisissent les lignes colorées plongées dans l’espace d’urbain pour nous bercer. 

speedy graffito paris tonkar

Il reste un bout de medovik (6), c’est parfait car il est déjà Ceizer, retournons-y avec психоз (7) pour apprécier encore une fois la ville érigée avec Popay, taguée par les ODG. Cherchons la cabane construite avec Gorey, puis promenons le lapin de Speedy Graffito jouant joyeusement avec Chat Noir dans les flaques reflétant les graffs de Pazer et Psy sous l’œil du masque de Nunca. 

C’est d’un signe de la main, dont le doigt n’attend plus qu’une bague de Tache de Rouille, que nous disons au revoir aux 36 artistes de l’exposition. Notre dernier mot sera “ Tanc you so much “ pour ce moment suspendu entre espace et temps. 

tanc paris tonkar

The artworks of 2Shy, Seth, Ceizer, Gorey, Misstic, Dize, Nassyo, C215, Louis-Adrien The Blay, Nasty, Sirius, Jace, JonOne, Popof, Maxy.T, Chanoir, Jérôme Mesnager, Kraken, Lady K., Nunca, O’Clock, ODG, JC Earl, Pazer, Popay, The Atlas, Clement Shoevaert, Speedy Graffito, Stesi, Tanc, Sunset, Funco, Creez, Taches de rouille, VLPs with Psyckoze are waiting for you Espace Oppidum located at 30, rue de Picardie in Paris from 11 to 18 December 2019 from 1 pm to 8 pm

This is an invitation letter quite original that is addressed to us on the occasion of his 50 years. 50 years of which more than 40 passed to paint. It is this marvelous story between Psyckoze and the painting that begins with the watercolors of his uncle in the house of his childhood that Psyckoze chooses to tell us about his new exhibition. An exhibition of Proust’s madeleines, which traces with the help of the hands of his guests part of his journey. At the mercy of inspirations and aspirations, Psyckoze built friendships through his encounters with actors in the street art scene in the broad sense.

Psyckoze has forged links with stencils as well as writers from 1984 to today. It’s a special gift that is delivered to us at the end of 2019: stencils, ceramics, wood engraving, sculpture, and writing will be in the spotlight in small slippers arranged for this purpose at the foot of the tree.

The legitimacy of Psyckoze is well established. This writer of the first hour is a remarkable artist touching everything, it is not without reasons that his leitmotiv is « no limit ». His « sonal » explodes here in the wealth of materials used and styles convened. All the facets – or almost – of Psyckoze are exhibited: his wired characters woven in a painting like metal, the full and untied of his lettering, the abstractions, and figurations of this outstanding colorist, demonstrating that Psyckoze is a complete artist.

Trait d'Union #4 - by PopofIn a rather crazy bet, the exhibition of Psyckoze reconciles the enemy brothers: stencils and writers, creating a rare exhibition with four hands juggling between sharing, originality, eclecticism, and contrast.

It is between the four hands of the prestigious guests of Psyckoze – be they famous in the underground or on the art market – and of Psyckoze, that we travel in the heart of the coalescences of the summoned universes.

In an exceptional heterotopy where the silhouettes of Jérôme Mesnager, the skeletons of Maxy. T, the gentlemen (Zuman) of the VLPs dance with the characters of Psyckoze and drag us into their farandole to accompany us in a metro station with the legendary tiles revisited with Nasty to take a strange metro made in collaboration with Sirius to go back in time. From the window, Misstic’s Miss discusses with the misters of Psyckoze in the labyrinths of the atlas covered walls of the letters of the night outings of Psyckoze with Funco, Creez, Dizer, O’Clock, Nassyo, Lady K. We stop at a subway station still with the legendary tiling reviewed by Nasty leading us to the exit to hail a taxi at the doors of 2C speckled with JonOne. Here we are, a cup of tea tasted with an angel from Seth’s imagination and we chat with Jace’s gouzous. The petits fours made by the Golem made with Earl are savored and here we are admiring the sunset with Sunset.

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Soon the night will wrap us with his galactic coat made with Stesi. It’s time to go. For that, we take the 2 Shy and Psyckoze metro, unless we prefer to walk in catacombs carved by Psyckoze where Adam and Eve chose to anchor with the help of Kraken. If we took this path, I am not sure that we could prevent ourselves from taking possession of this skull extracted from the forbidden catacombs reviewed with C215, under the tender eye of the Venus of Psy eternalized by Louis-Adrien. We arrive at home in this piece of wood carved with Clement, on our walls hangs a paper made with Popof, we have framed and it looks at us as much as we look at it.

It is over the pages of a catalog that is told to us by Psyckoze, as it could have been told by Sherazade, that we fall asleep. 35 stories stealing a piece of time from the poetic flavors capture the colorful lines plunged into the urban space to rock us.

It remains a piece of Medovik, it is perfect because it is already Ceizer (playword in french, that mean 16:00), return with психоз to appreciate again the city erected with Popay, tagged by the ODG. Let’s look for the hut built with Gorey, then walk the Speedy Graffito bunny playing happily with Black Cat in puddles reflecting the graffiti of Pazer and Psy under the eye of Nunca’s mask.

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It is with a wave of the hand, whose finger is waiting for a ring of Rust Stain, that we say goodbye to the 36 artists of the exhibition. Our last word will be « Tanc you so much » for this moment suspended between space and time.


(1) Alexandre STOLYPINE dit Psyckoze Nolimit est un des précurseurs du writing en France. L’œuvre de cet artiste d’origine russe est marqué par l’éclectisme. Depuis 1984, nous pouvons admirer ses créations dans les galeries et murs de la ville d’une large partie du monde, ainsi que dans les catacombes interdites de Paris pour les plus téméraires. 

(2) Le titre est un clin d’œil à une célèbre trilogie de vidéos documentaires sur le writing illégal essentiellement sur train, réalisé par des writers, dont le premier tome est sorti en 1999. 

(3) Si nous considérons le street art comme un découpage de l’histoire de l’art au même titre que la renaissance, le classicisme, le romantisme,  l’art moderne, l’art contemporain. Ce grand ensemble regroupe comme le faisait l’art moderne et l’art contemporain différents médiums, techniques, dont la particularité est, si l’art moderne incluait des objets du réel dans ses œuvres (ex : Pablo PICASSO, Nature morte à la chaise cannée, 1912, ovale de 29 x 37 cm, huile sur toile cirée entourée de corde, Musée Picasso, Paris), l’art contemporain faisait des oeuvres avec du réel (ex : ARMAN, Long Term Parking, 1982, tour de 19,50 m, automobiles superposées les unes sur les autres, coulées dans le béton, parking de l’ex-Fondation Cartier, Jouy-en-Josas) le street art réalise ses œuvres sur le réel. 

(4) Du latin coalescere (« s’unir, se lier »).En astronomie phénomène par lequel deux astres fusionnent.

(5) L’hétérotopie (du grec topos, « lieu », et hétéro, « autre » : « lieu autre ») est un concept forgé par Michel Foucault dans une conférence de 1967 intitulée « Des espaces autres ». Il y définit les hétérotopies comme une localisation physique de l’utopie. Ce sont des espaces concrets qui hébergent l’imaginaire, comme une cabane d’enfant ou un théâtre. Ils sont utilisés aussi pour la mise à l’écart, comme le sont les maisons de retraite, les asiles ou les cimetières. 

(6) Le medovik, ou gâteau au miel, est depuis longtemps l’un des desserts les plus populaires de Russie, et son histoire commence au début du XIXe siècle dans les cuisines du Palais impérial de l’Empereur Alexandre Ier. Sa femme, l’impératrice Elizabeth, détestait le miel et ne supportait aucun plat en comprenant. Mais un jour, un jeune pâtissier de la cuisine impériale, n’étant pas au courant des goûts de l’Impératrice, prépara un nouveau gâteau au miel et à la crème fraîche épaisse. Elizabeth, qui ne savait pas que la recette était à base de miel, fut conquise par ce délicieux gâteau.

(7) психоз, mot russe signifiant psychose. Étymologiquement le mot est formé de l’élément grec ψυχή, psyché, « esprit, âme », et du suffixe nominal -ose comme sur le modèle du mot “névrose”. Le terme “psychose” fut employé pour la première fois par un médecin autrichien, le baron Ernst von Feuchtersleben, en 1845, comme alternative aux termes vésanie, folie et manie. Il dérive du grec ψύχωσις (psychose), littéralement, “anomalie de l’esprit”. Il caractérise la violation manifeste d’activité mentale dans laquelle les réactions mentales sont manifestement contraires à la situation réelle (selon le soviétique I.P. Pavlov), ce qui se traduit par un trouble de la perception du monde réel et une désorganisation du comportement.

 

Comment le writing s’affranchit de la banalité et de la gouvernance pour révéler sa réalité ?

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Minas

Le writing apparaît comme une pulvérisation formelle des canons de l’écriture, et de l’identité, qui entraîne un questionnement ontologique. Son axe se situe au centre de l’anthropocentrisme et de l’autodétermination des individus, tels qu’on les retrouve chez les humanistes. La signature du peintre apparaît à la Renaissance lorsque son statut change. Il passe de l’artisanat, classé parmi les arts serviles, au statut libéral. Ce statut est accordé car Alberti et de Vinci défendent la peinture comme une activité intellectuelle. Ils signent dès lors leurs œuvres, et pendant plusieurs siècles elle se fera discrète au coin généralement droit et bas du tableau. Est-ce parce que l’humanisme a failli dans sa volonté de remplacer Dieu par l’humain, que la signature est devenue l’objet central de l’oeuvre, et se délocalise du tableau au réel ? Son remplacement par la haute bourgeoisie, laisse toujours l’humain à la périphérie du monde, et le libre arbitre est anéanti par des constitutions pour maintenir cette configuration.

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Jolee

La dimension anthropocentriste se love dans l’acte de signer. Le writing, en en faisant son sujet principal, met l’humain au centre de l’oeuvre – rejoignant la peinture réaliste telle que Jean-François Milet l’impulse en peignant des paysans – par la signature qui fut créée pour attester de l’existence d’un être en son absence.  Et si les lois définissent l’organisation sociétale et soumettent celle-ci à la dépendance de la nation envers l’état, alors défier les lois devient une contestation de cette structure. Le writer dans sa performance (définie par l’art comme les répercussions d’une action sur l’environnement) passe de la passivité à l’action pour modifier le réel. L’autodétermination s’exprime dans l’infraction législative, car ce sont plus les lois qui déterminent l’action. C’est le point de vue de l’observateur qui en fait un acte créateur et une activité intellectuelle ou une dégradation volontaire et criminelle. 

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Psyckoze

Le writing opère une torsion de l’écriture, cette pratique noble qui donne corps aux idées, permet d’échanger des concepts parmi les plus abstraits, de les véhiculer à travers l’espace et le temps, de témoigner une présence malgré l’absence, et de gouverner le monde par ses lois. Ce faisant, il dérobe l’identité à la signature en lui offrant la possibilité de la remplacer par un mot – plus rarement un prénom – existant ou non, relevant de notre propre expérience du monde. La pratique du writing est ouverte à tous, grâce à la popularisation de l’écriture, qui accompagne l’accès facilité à l’instruction, apparu avec les révolutions industrielles. Les règles tacites du writing incitent chaque writer à opter pour un pseudonyme unique. Cette originalité questionne l’absence de singularité des prénoms, et rappelle que l’art doit d’être un acte créateur. Il débarrasse l’être de son l’aspect formel  (identitaire) au bénéfice de l’aspect intérieur (la pensée). Le writing engage la coalescence entre le corps et l’esprit. Il se dévoile comme un objet d’étude esthétique qui porte son champ d’effectivité au-delà de la signature . 

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Musa

Cet acte déploie dans la ville son contraste entre sa présence exubérante et la discrétion de son auteur. Cette précaution entraîne un anonymat, généré par la volonté de ne pas être inquiété par les autorités juridiques, qui va rejoindre le mot substitué à l’identité pour intensifier une volonté d’effacer la surface, trop superficielle, pour s’attacher au fond, bien plus substantiel. L’artiste en effaçant son identité au profit de son oeuvre, signe-t-il le manifeste résolu d’être le symbole d’une masse considérée comme une force de travail, dans le cadre des politiques qui engagent des doctrines mettant le social au service de l’économie, et la volonté de s’extraire de cet amas ? C’est en tout cas ce que le writing propulse comme réflexion autour des conditions de l’existence qui se débat autant dans le champ culturel qu’à l’assemblée nationale.  

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Shuck Two

Le writing apparaît comme un super réalisme contre une faillite humaniste. Il déclare la primauté de l’essence de l’être par la connaissance (transmise par l’écriture) comme condition préalable à la conscience de l’être (annoncé par la signature) afin de pouvoir s’affranchir de l’état dont il n’a plus besoin pour organiser sa vie politique (grâce à la conscience permise par la connaissance). 

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Jolee

 

Interview de Rasko

RASKO Graffiti Vandal Street Artist

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Where do you come from?
Russia.

Why choose Rasko?
Streets gave me this name and it is the best (Still cannot believe)…

It means something?
R – means Real it rocks
A – means Absolutly, form of triangle and best letter by the sound
S – Super Hussler, it strikes! it is graceful as a snake
K – is a Killer!
O – only Original

What is your crews?
No crews, I’m dealin with Hood Husslaz.

Since how many time you write?

I’m writing since 99, maybe some sketches at 98, first photocamera in 2004-2005.

Some of your videos exceed the million of views, how you can explain?
It was a good time and good videos!

What made you want to start?

Dark side music and hiphop, unclear inscriptions of cool people on walls struck me by the mysticism and the dopeness.

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What are you looking for in your letters?
I try to do them really real, my names have to миять and stun all with the style.

How is the scene writing in Russia?
It’s not growing.

It doesn’t exist for a long time?
Since 98-99.

I heard that street art could be one of the few tools for freedom of expression?
I dunno. I see only lot of people who try to earn money on street art as it is easier to sell it.

Can you explain how easy it is to make money with street art?
To earn money people do the style more sold and clear to all that everyone could understand it. I draw graffiti it what it was for me initially, I’m not strongly informed on earnings on art

Do you tagged for freedom?
Im tagging and writing to promote my style, to make it famous and really cool, and i just like it.

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Can writing be considered as an American cultural practice?
I dunno, it came to us from Europe mostly.

And in a country like Russia where the two blocs engaged in a cultural war, can we think that writing helps spread a liberal cultural ideology?
The mentality changes, but I don’t see cultural war here. People need only now prosperity and good life, only very few people are interested in liberalism.

The Agitprop used trains to spread the ideas of Marxism-Leninism, how to paint a train now is perceived in Russia?
The painted train gonne be buffed within one day.

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It’s easy to write in Russia on street, trains and walls? Specially at Moscow?
In small towns the police can quickly find active artists, and in big, like Moscow, especially nobody does not care, but municipal services paint over drawings within 3 days often. It is quite easy to draw under different bridges and along trainlines.

Do you make exhibition?
No, I don’t do exhibitions yet, but I try to do more works on canvases and in digital format. I trying to learn something new (smile)…

What are your inspirations?
Everything and other graffiti writers.

What are you looking for? your style seems marked by the liquor and proposes its own rhythm apart from the calligraphic canons?
I want to make the style ideal and to change it a little and to develop.

Since how many time you make design for clothes? It’s your mark or mark take your design?
YES all mine, with help of my hustlas from da hood. I began this year and I plan a to release more and improve things for myself and for street guys!

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Where we can buy?
rasko1.com

Have you a word for the end?
Thanks for an interviev & Peace and respect to all playaz and graffiti writers wordwide!

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Photographies : © Rasko