Dirty 4 Handz

Un joyeux non-anniversaire Psyckoze (1)

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L’exposition Dirty 4 Handz (2) accueille les 35 invités de Psyckoze pour une exposition à quatre, voire six mains.

Les œuvres de 2Shy, Seth, Ceizer, Gorey, Misstic, Dize, Nassyo, C215, Louis-Adrien Le Blay, Nasty, Sirius, Jace, JonOne, Popof, Maxy. T, Chanoir, Jérôme Mesnager, Kraken, Lady. K, Nunca, O’Clock, ODG, J.C. Earl, Pazer, Popay, L’Atlas, Clement Shoevaert, Speedy Graffito, Stesi, Tanc, Sunset, Funco, Creez, Taches de Rouille, VLP en compagnie de Psyckoze vous attendent à l’Espace Oppidum situé 30, rue de Picardie à Paris du 11 au 18 décembre 2019 de 13 heures à 20 heures.

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C’est une lettre d’invitation assez originale qui nous est adressée à l’occasion de ses 50 ans. 50 ans dont plus de 40 passés à peindre. C’est cette merveilleuse histoire entre Psyckoze et la peinture qui débute avec les aquarelles de son oncle dans la maison de son enfance que Psyckoze choisit de nous raconter pour sa nouvelle exposition. Une exposition aux effluves de madeleines proustiennes, qui retrace à l’aide des mains de ses invités une partie de son parcours. Au gré des inspirations et aspirations, Psyckoze a construit des amitiés au fil de ses rencontres avec des acteurs de la scène street art (3) au sens large.

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Psyckoze a autant noué des liens avec des pochoiristes, que des writers depuis 1984 à aujourd’hui. C’est un cadeau assez spécial qui nous est livré en cette fin d’année 2019 : pochoirs, céramiques, gravure sur bois, sculpture et writing seront à l’honneur dans les petits chaussons disposés à cet effet au pied du sapin.

La légitimité de Psyckoze n’est plus à démontrer. Ce writer de la première heure est un remarquable artiste touche à tout, ce n’est pas sans raisons que son leitmotiv est “no limit”. Son sonal explose ici dans la richesse des matériaux utilisés et des styles convoqués. Toutes les facettes – ou presque – de Psyckoze sont exposées : ses personnages filaires tissés dans la peinture comme le métal, les pleins et déliés de ses lettrages, les abstractions et figurations  de ce coloriste hors pair, démontrant que Psyckoze est un artiste complet. 

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Dans un pari assez fou, l’exposition de Psyckoze réconcilie les frères ennemis : pochoiristes et writers, créant une rare exposition à quatre mains jonglant entre partage, originalité, éclectisme et contraste.

C’est entre les quatre mains des prestigieux invités de Psyckoze – qu’ils soient fameux dans l’underground ou sur le marché de l’art –  et de Psyckoze, que nous voyageons au cœur des coalescences (4) des univers convoqués.  

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Dans une hétérotopie (5) hors-norme où les silhouettes de Jérôme Mesnager, les squelettes de Maxy. T, les messieurs (Zuman) des VLP dansent avec les personnages de Psyckoze et nous entraînent dans leur farandole pour nous accompagner dans une station de métro au légendaire carrelage revu avec Nasty pour emprunter un étrange métro fait en collaboration avec Sirius afin de remonter le temps. De la fenêtre, on peut apercevoir les miss de Miss.Tic discutant avec les misters de Psyckoze dans les labyrinthes de L’atlas aux murs couverts des lettrages des sorties nocturnes de Psyckoze avec Funco, Creez, Dizer, O’Clock, Nassyo, Lady. K. On marque un stop dans une station de métro toujours avec le légendaire carrelage revu par Nasty qui nous conduit à la sortie pour héler un taxi aux portes de 2C mouchetés avec JonOne. Nous voilà arrivés, une tasse de thé dégustée avec un ange issus de l’imagination de Seth et nous discutons avec les gouzous de Jace. Les petits fours confectionnés par le Golem fait avec Earl sont savourés et nous voilà admirant le coucher de soleil avec Sunset.

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Bientôt la nuit nous enveloppera de son manteau galactique fait avec Stesi. Il est temps de partir. Pour cela, nous empruntons bien le métro de 2 Shy et Psyckoze, à moins que nous préférerions marcher dans des catacombes sculptées par Psyckoze où Adam et Eve ont choisi de s’encrer avec l’aide de Kraken. Si nous prenions ce chemin, je ne suis pas certaine que nous pourrions nous empêcher de nous emparer de ce crâne extrait des catacombes interdites revu avec C215, sous l’oeil attendri de la Vénus de Psy éternisée par Louis-Adrien. Nous arrivons chez nous dans ce pan de bois sculpté avec Clément, sur nos murs est accroché un papier fait avec Popof, nous l’avons encadré et il nous regarde autant que nous le regardons. 

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C’est au fil des pages d’un catalogue qui nous est conté par Psyckoze, comme cela aurait pu nous être conté par Sherazade, que nous nous endormirons. 35 histoires dérobant un morceau de temps aux poétiques saveurs saisissent les lignes colorées plongées dans l’espace d’urbain pour nous bercer. 

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Il reste un bout de medovik (6), c’est parfait car il est déjà Ceizer, retournons-y avec психоз (7) pour apprécier encore une fois la ville érigée avec Popay, taguée par les ODG. Cherchons la cabane construite avec Gorey, puis promenons le lapin de Speedy Graffito jouant joyeusement avec Chat Noir dans les flaques reflétant les graffs de Pazer et Psy sous l’œil du masque de Nunca. 

C’est d’un signe de la main, dont le doigt n’attend plus qu’une bague de Tache de Rouille, que nous disons au revoir aux 36 artistes de l’exposition. Notre dernier mot sera “ Tanc you so much “ pour ce moment suspendu entre espace et temps. 

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The artworks of 2Shy, Seth, Ceizer, Gorey, Misstic, Dize, Nassyo, C215, Louis-Adrien The Blay, Nasty, Sirius, Jace, JonOne, Popof, Maxy.T, Chanoir, Jérôme Mesnager, Kraken, Lady K., Nunca, O’Clock, ODG, JC Earl, Pazer, Popay, The Atlas, Clement Shoevaert, Speedy Graffito, Stesi, Tanc, Sunset, Funco, Creez, Taches de rouille, VLPs with Psyckoze are waiting for you Espace Oppidum located at 30, rue de Picardie in Paris from 11 to 18 December 2019 from 1 pm to 8 pm

This is an invitation letter quite original that is addressed to us on the occasion of his 50 years. 50 years of which more than 40 passed to paint. It is this marvelous story between Psyckoze and the painting that begins with the watercolors of his uncle in the house of his childhood that Psyckoze chooses to tell us about his new exhibition. An exhibition of Proust’s madeleines, which traces with the help of the hands of his guests part of his journey. At the mercy of inspirations and aspirations, Psyckoze built friendships through his encounters with actors in the street art scene in the broad sense.

Psyckoze has forged links with stencils as well as writers from 1984 to today. It’s a special gift that is delivered to us at the end of 2019: stencils, ceramics, wood engraving, sculpture, and writing will be in the spotlight in small slippers arranged for this purpose at the foot of the tree.

The legitimacy of Psyckoze is well established. This writer of the first hour is a remarkable artist touching everything, it is not without reasons that his leitmotiv is « no limit ». His « sonal » explodes here in the wealth of materials used and styles convened. All the facets – or almost – of Psyckoze are exhibited: his wired characters woven in a painting like metal, the full and untied of his lettering, the abstractions, and figurations of this outstanding colorist, demonstrating that Psyckoze is a complete artist.

Trait d'Union #4 - by PopofIn a rather crazy bet, the exhibition of Psyckoze reconciles the enemy brothers: stencils and writers, creating a rare exhibition with four hands juggling between sharing, originality, eclecticism, and contrast.

It is between the four hands of the prestigious guests of Psyckoze – be they famous in the underground or on the art market – and of Psyckoze, that we travel in the heart of the coalescences of the summoned universes.

In an exceptional heterotopy where the silhouettes of Jérôme Mesnager, the skeletons of Maxy. T, the gentlemen (Zuman) of the VLPs dance with the characters of Psyckoze and drag us into their farandole to accompany us in a metro station with the legendary tiles revisited with Nasty to take a strange metro made in collaboration with Sirius to go back in time. From the window, Misstic’s Miss discusses with the misters of Psyckoze in the labyrinths of the atlas covered walls of the letters of the night outings of Psyckoze with Funco, Creez, Dizer, O’Clock, Nassyo, Lady K. We stop at a subway station still with the legendary tiling reviewed by Nasty leading us to the exit to hail a taxi at the doors of 2C speckled with JonOne. Here we are, a cup of tea tasted with an angel from Seth’s imagination and we chat with Jace’s gouzous. The petits fours made by the Golem made with Earl are savored and here we are admiring the sunset with Sunset.

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Soon the night will wrap us with his galactic coat made with Stesi. It’s time to go. For that, we take the 2 Shy and Psyckoze metro, unless we prefer to walk in catacombs carved by Psyckoze where Adam and Eve chose to anchor with the help of Kraken. If we took this path, I am not sure that we could prevent ourselves from taking possession of this skull extracted from the forbidden catacombs reviewed with C215, under the tender eye of the Venus of Psy eternalized by Louis-Adrien. We arrive at home in this piece of wood carved with Clement, on our walls hangs a paper made with Popof, we have framed and it looks at us as much as we look at it.

It is over the pages of a catalog that is told to us by Psyckoze, as it could have been told by Sherazade, that we fall asleep. 35 stories stealing a piece of time from the poetic flavors capture the colorful lines plunged into the urban space to rock us.

It remains a piece of Medovik, it is perfect because it is already Ceizer (playword in french, that mean 16:00), return with психоз to appreciate again the city erected with Popay, tagged by the ODG. Let’s look for the hut built with Gorey, then walk the Speedy Graffito bunny playing happily with Black Cat in puddles reflecting the graffiti of Pazer and Psy under the eye of Nunca’s mask.

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It is with a wave of the hand, whose finger is waiting for a ring of Rust Stain, that we say goodbye to the 36 artists of the exhibition. Our last word will be « Tanc you so much » for this moment suspended between space and time.


(1) Alexandre STOLYPINE dit Psyckoze Nolimit est un des précurseurs du writing en France. L’œuvre de cet artiste d’origine russe est marqué par l’éclectisme. Depuis 1984, nous pouvons admirer ses créations dans les galeries et murs de la ville d’une large partie du monde, ainsi que dans les catacombes interdites de Paris pour les plus téméraires. 

(2) Le titre est un clin d’œil à une célèbre trilogie de vidéos documentaires sur le writing illégal essentiellement sur train, réalisé par des writers, dont le premier tome est sorti en 1999. 

(3) Si nous considérons le street art comme un découpage de l’histoire de l’art au même titre que la renaissance, le classicisme, le romantisme,  l’art moderne, l’art contemporain. Ce grand ensemble regroupe comme le faisait l’art moderne et l’art contemporain différents médiums, techniques, dont la particularité est, si l’art moderne incluait des objets du réel dans ses œuvres (ex : Pablo PICASSO, Nature morte à la chaise cannée, 1912, ovale de 29 x 37 cm, huile sur toile cirée entourée de corde, Musée Picasso, Paris), l’art contemporain faisait des oeuvres avec du réel (ex : ARMAN, Long Term Parking, 1982, tour de 19,50 m, automobiles superposées les unes sur les autres, coulées dans le béton, parking de l’ex-Fondation Cartier, Jouy-en-Josas) le street art réalise ses œuvres sur le réel. 

(4) Du latin coalescere (« s’unir, se lier »).En astronomie phénomène par lequel deux astres fusionnent.

(5) L’hétérotopie (du grec topos, « lieu », et hétéro, « autre » : « lieu autre ») est un concept forgé par Michel Foucault dans une conférence de 1967 intitulée « Des espaces autres ». Il y définit les hétérotopies comme une localisation physique de l’utopie. Ce sont des espaces concrets qui hébergent l’imaginaire, comme une cabane d’enfant ou un théâtre. Ils sont utilisés aussi pour la mise à l’écart, comme le sont les maisons de retraite, les asiles ou les cimetières. 

(6) Le medovik, ou gâteau au miel, est depuis longtemps l’un des desserts les plus populaires de Russie, et son histoire commence au début du XIXe siècle dans les cuisines du Palais impérial de l’Empereur Alexandre Ier. Sa femme, l’impératrice Elizabeth, détestait le miel et ne supportait aucun plat en comprenant. Mais un jour, un jeune pâtissier de la cuisine impériale, n’étant pas au courant des goûts de l’Impératrice, prépara un nouveau gâteau au miel et à la crème fraîche épaisse. Elizabeth, qui ne savait pas que la recette était à base de miel, fut conquise par ce délicieux gâteau.

(7) психоз, mot russe signifiant psychose. Étymologiquement le mot est formé de l’élément grec ψυχή, psyché, « esprit, âme », et du suffixe nominal -ose comme sur le modèle du mot “névrose”. Le terme “psychose” fut employé pour la première fois par un médecin autrichien, le baron Ernst von Feuchtersleben, en 1845, comme alternative aux termes vésanie, folie et manie. Il dérive du grec ψύχωσις (psychose), littéralement, “anomalie de l’esprit”. Il caractérise la violation manifeste d’activité mentale dans laquelle les réactions mentales sont manifestement contraires à la situation réelle (selon le soviétique I.P. Pavlov), ce qui se traduit par un trouble de la perception du monde réel et une désorganisation du comportement.

 

Comment le writing s’affranchit de la banalité et de la gouvernance pour révéler sa réalité ?

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Minas

Le writing apparaît comme une pulvérisation formelle des canons de l’écriture, et de l’identité, qui entraîne un questionnement ontologique. Son axe se situe au centre de l’anthropocentrisme et de l’autodétermination des individus, tels qu’on les retrouve chez les humanistes. La signature du peintre apparaît à la Renaissance lorsque son statut change. Il passe de l’artisanat, classé parmi les arts serviles, au statut libéral. Ce statut est accordé car Alberti et de Vinci défendent la peinture comme une activité intellectuelle. Ils signent dès lors leurs œuvres, et pendant plusieurs siècles elle se fera discrète au coin généralement droit et bas du tableau. Est-ce parce que l’humanisme a failli dans sa volonté de remplacer Dieu par l’humain, que la signature est devenue l’objet central de l’oeuvre, et se délocalise du tableau au réel ? Son remplacement par la haute bourgeoisie, laisse toujours l’humain à la périphérie du monde, et le libre arbitre est anéanti par des constitutions pour maintenir cette configuration.

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Jolee

La dimension anthropocentriste se love dans l’acte de signer. Le writing, en en faisant son sujet principal, met l’humain au centre de l’oeuvre – rejoignant la peinture réaliste telle que Jean-François Milet l’impulse en peignant des paysans – par la signature qui fut créée pour attester de l’existence d’un être en son absence.  Et si les lois définissent l’organisation sociétale et soumettent celle-ci à la dépendance de la nation envers l’état, alors défier les lois devient une contestation de cette structure. Le writer dans sa performance (définie par l’art comme les répercussions d’une action sur l’environnement) passe de la passivité à l’action pour modifier le réel. L’autodétermination s’exprime dans l’infraction législative, car ce sont plus les lois qui déterminent l’action. C’est le point de vue de l’observateur qui en fait un acte créateur et une activité intellectuelle ou une dégradation volontaire et criminelle. 

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Psyckoze

Le writing opère une torsion de l’écriture, cette pratique noble qui donne corps aux idées, permet d’échanger des concepts parmi les plus abstraits, de les véhiculer à travers l’espace et le temps, de témoigner une présence malgré l’absence, et de gouverner le monde par ses lois. Ce faisant, il dérobe l’identité à la signature en lui offrant la possibilité de la remplacer par un mot – plus rarement un prénom – existant ou non, relevant de notre propre expérience du monde. La pratique du writing est ouverte à tous, grâce à la popularisation de l’écriture, qui accompagne l’accès facilité à l’instruction, apparu avec les révolutions industrielles. Les règles tacites du writing incitent chaque writer à opter pour un pseudonyme unique. Cette originalité questionne l’absence de singularité des prénoms, et rappelle que l’art doit d’être un acte créateur. Il débarrasse l’être de son l’aspect formel  (identitaire) au bénéfice de l’aspect intérieur (la pensée). Le writing engage la coalescence entre le corps et l’esprit. Il se dévoile comme un objet d’étude esthétique qui porte son champ d’effectivité au-delà de la signature . 

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Musa

Cet acte déploie dans la ville son contraste entre sa présence exubérante et la discrétion de son auteur. Cette précaution entraîne un anonymat, généré par la volonté de ne pas être inquiété par les autorités juridiques, qui va rejoindre le mot substitué à l’identité pour intensifier une volonté d’effacer la surface, trop superficielle, pour s’attacher au fond, bien plus substantiel. L’artiste en effaçant son identité au profit de son oeuvre, signe-t-il le manifeste résolu d’être le symbole d’une masse considérée comme une force de travail, dans le cadre des politiques qui engagent des doctrines mettant le social au service de l’économie, et la volonté de s’extraire de cet amas ? C’est en tout cas ce que le writing propulse comme réflexion autour des conditions de l’existence qui se débat autant dans le champ culturel qu’à l’assemblée nationale.  

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Shuck Two

Le writing apparaît comme un super réalisme contre une faillite humaniste. Il déclare la primauté de l’essence de l’être par la connaissance (transmise par l’écriture) comme condition préalable à la conscience de l’être (annoncé par la signature) afin de pouvoir s’affranchir de l’état dont il n’a plus besoin pour organiser sa vie politique (grâce à la conscience permise par la connaissance). 

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Jolee

 

Interview de Rasko

RASKO Graffiti Vandal Street Artist

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Where do you come from?
Russia.

Why choose Rasko?
Streets gave me this name and it is the best (Still cannot believe)…

It means something?
R – means Real it rocks
A – means Absolutly, form of triangle and best letter by the sound
S – Super Hussler, it strikes! it is graceful as a snake
K – is a Killer!
O – only Original

What is your crews?
No crews, I’m dealin with Hood Husslaz.

Since how many time you write?

I’m writing since 99, maybe some sketches at 98, first photocamera in 2004-2005.

Some of your videos exceed the million of views, how you can explain?
It was a good time and good videos!

What made you want to start?

Dark side music and hiphop, unclear inscriptions of cool people on walls struck me by the mysticism and the dopeness.

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What are you looking for in your letters?
I try to do them really real, my names have to миять and stun all with the style.

How is the scene writing in Russia?
It’s not growing.

It doesn’t exist for a long time?
Since 98-99.

I heard that street art could be one of the few tools for freedom of expression?
I dunno. I see only lot of people who try to earn money on street art as it is easier to sell it.

Can you explain how easy it is to make money with street art?
To earn money people do the style more sold and clear to all that everyone could understand it. I draw graffiti it what it was for me initially, I’m not strongly informed on earnings on art

Do you tagged for freedom?
Im tagging and writing to promote my style, to make it famous and really cool, and i just like it.

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Can writing be considered as an American cultural practice?
I dunno, it came to us from Europe mostly.

And in a country like Russia where the two blocs engaged in a cultural war, can we think that writing helps spread a liberal cultural ideology?
The mentality changes, but I don’t see cultural war here. People need only now prosperity and good life, only very few people are interested in liberalism.

The Agitprop used trains to spread the ideas of Marxism-Leninism, how to paint a train now is perceived in Russia?
The painted train gonne be buffed within one day.

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It’s easy to write in Russia on street, trains and walls? Specially at Moscow?
In small towns the police can quickly find active artists, and in big, like Moscow, especially nobody does not care, but municipal services paint over drawings within 3 days often. It is quite easy to draw under different bridges and along trainlines.

Do you make exhibition?
No, I don’t do exhibitions yet, but I try to do more works on canvases and in digital format. I trying to learn something new (smile)…

What are your inspirations?
Everything and other graffiti writers.

What are you looking for? your style seems marked by the liquor and proposes its own rhythm apart from the calligraphic canons?
I want to make the style ideal and to change it a little and to develop.

Since how many time you make design for clothes? It’s your mark or mark take your design?
YES all mine, with help of my hustlas from da hood. I began this year and I plan a to release more and improve things for myself and for street guys!

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Where we can buy?
rasko1.com

Have you a word for the end?
Thanks for an interviev & Peace and respect to all playaz and graffiti writers wordwide!

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Photographies : © Rasko

Phet

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Phet commence à peindre en 1989 suite aux pièces et pièces qu’il voit dans la rue. Amok 156, Dejoe, Phos et Odem figurent parmi les artistes qui l’inspirent.  Il commence par écrire Kugel et change pour Phet en 1991. Ce nouveau pseudonyme est inspiré d’une réplique de Jackie Chan. Son père étant fan de kung fu, ils regardaient certains soirs des films d’arts martiaux.  Phet étudie pendant trois ans et obtient un diplôme de peintre-décorateur en 1994. Après avoir été décorateur pendant 22 ans il s’initie au tatouage et ouvre en 2018 un salon de tatouage dans le quartier de Wedding à Berlin. Phet maîtrise la réalisation de personnages, décors et lettrages, mais sa recherche s’épanouie réellement dans le travail de la lettre.

La lettre ne se situe ni dans la figuration, ni dans l’abstraction, elle est entre les deux. Le writing propose des images d’un nouveau genre : une représentation par l’abstraction de l’alphabet.  Lorsque le writer crée des lettres, il crée à partir d’une base calligraphique simple une proposition de calligraphie plus complexe. Il cherche de nouvelles formes comportant mouvement, rythme, cohérence. Cette opération de l’esprit appel à ses aptitudes de logique, d’observation, de réflexion, de déduction, d’invention afin de pouvoir créer des lettres harmonieuses revisitées par cette technique.  Créer des lettres pour le peintre est comme résoudre un problème mathématique. Il dispose de formes et couleurs tandis que le mathématicien a des chiffres et des opérateurs, et comme le mathématicien, il doit usiter de ces éléments pour créer un ensemble cohérent, harmonieux. Il manie les formes et les couleurs pour trouver une juste harmonie, comme un mathématicien utilise les chiffres et les opérateurs pour créer un ensemble cohérent.

maxresdefaultSi notre manière de penser est structurée par notre langue, il semble que les germanistes font de meilleurs mathématiciens. Est-ce que la structure transparente du vocabulaire allemand simplifierait des concepts complexes et entrainerait le cerveau à raisonner de façon plus logique ? Les contributions de l’Allemagne en sciences dures (Einstein, Planck, Schrodinger), humaines (Hegel, Goethes, Leibniz), artistiques (Durër, Schopenhaueur, Bach, Kandinsky, Klee, Lagarfeld), inventions (avec Gutenberg, Röntgen, Diesel, Benz, Braun) sont notables.  Elle se délecte également d’une recrudescence d’excellents writers tel que Daim, Mad.C, Skore, Phet. Le langage peut être un des facteurs pouvant expliquer pourquoi autant d’allemands produisent des lettres complexes et équilibrées par un rapport logique entre elle.

Phet invente des lettres où la ligne de l’écriture s’étire en surface. Ses lettres entraînent le regard à circuler du long de leurs lignes de l’intérieur vers l’extérieur et de l’extérieur vers l’intérieur. La surface est rythmée par une structure dynamique composée d’une alternance de lignes droites, rondes et pointes flottant entre vides et pleins, invoquant : force, fluidité, légèreté et dynamique. Phet hybride ces éléments pour créer des paraboles rendant la pointe plus délicate, la parabole plus gracieuse, évoquant une sensation de fragilité forte. Les droites courbées convoquent une sensation de douce stabilité. Il réinvente des éléments propres au writing : une poignée prend l’inflexion d’une courbe en cloche, il cambre et recourbe une flèche, ajoute un simulacre d’apostrophe triangulaire étirée d’un apex incurvé, ses volutes finissent des polygones convexes, et le bout de ses lettres s’échappent en arabesques.  Avec parcimonie il ajoute aux surfaces internes et externes des lettres des éléments chromatiques qu’il revisite (effet chrome, zébrures, fumée, nuages, éclats). Les structures que créé Phet bénéficient d’une palette originale (gris, vert d’eau et rose ; beige, orange et bleu par exemple)  dégradés et aplats se juxtaposent. Ces éléments constituent son alphabet personnel dont il se sert pour exprimer des sensations faisant osciller son éventail entre joie et peine, folie et sagesse, colère et sagesse.

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La maîtrise de l’aérosol qu’il pratique depuis 1989 offre à son style précision et assurance. Les années d’expérience de Phet octroient une liberté à sa peinture qui dépasse la technique (quasiment depuis ses débuts dans le writing). Le style de Phet est parfaitement identifiable et sa complexité rendent  rend son style difficilement copiable.

Le traité de peinture de Léonard de Vinci nous enseigne que le mouvement donne vie aux figures. Cela s’incarne dans les compositions de Phet qui défigent l’espace statique d’une toile ou d’un mur. Les supports émettent sous les traits de Phet un mouvement de respiration. Les lettres y dansent sur un rythme émis par les sillons de musiques imaginaires. Elles sont sobres, leur structure se suffit à elles-mêmes. Elles sont comparables à une formule mathématique qui est élégante parce qu’elle simplifie la complexité du monde. Les peintures de Phet ont cette élégance. Mais elles ne sont pas juste une représentation du monde, elles présentent un nouveau monde. Une  » mise en abysse  » façonnée par les aller-retours d’une peinture du réel qui déchire le réel à même le réel des murs.

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Si les germanistes font de bons logiciens, la vague d’immigration (des latinistes du nouveau monde) latino-américaine a largement contribué a inventé un style d’expression international, populaire, libre et aussi comme leur langue : chaleureux.  Le writing apporte une représentation de l’humain par ce qui le distingue des autres créations : l’écriture. L’écriture permet de communiquer des concepts complexes pouvant permettre de voyager dans l’espace par exemple. La figuration nous informe que nous sommes faits de chair, de nos images, et le tag nous dit que nous somme également fait de pensées, de ces mots qui existent parce que l’humanité a créé un langage pour matérialiser cette pensée, et des alphabets pour les perpétuer. Le writing est ce nouveau genre de peinture qui nous représente comme des individus modelés par la pensée. En effet c’est la pensée qui nous éduque, qui configure nos actes. Il est l’art du tag (pseudonyme) qu’il soit beau, démultiplié à l’infini, brutal, épaissit en graff (ou pièce), il est cette représentation d’une humanité qui pense.

En défiant l’autorité pour s’implanter dans la ville, le writing devient ce feu que Prométhée dérobe à l’Olympe. Il est cette folle tentation de se mesurer aux puissants et de s’élever au-dessus de sa condition. Il tente d’aplanir toute hiérarchie pyramidale, adoucir les maux échappés de la boite de Pandore par ses mots. Il est à l’image des révolutions industrielles qui ont contribué à pouvoir démocratiser l’accès aux ressources matérielles et intellectuelles longtemps confisquées par les classes aristocratiques et cléricales. La lignée (qui peut être symbolisée par l’image) ne définit plus notre place dans la société, mais avec la révolution industrielle c’est l’idée, l’innovation, qui va désormais définir notre place dans le monde.  L’art s’est emparé de cette nouvelle organisation, et le writing en est une des déclinaisons possibles. Il est le résultat d’une histoire des arts qui cherche à créer un mouvement de peinture international et la technologie qui permet de réduire les distances du monde de façon physique comme virtuelle.

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Phet magnifie par ses compositions cette propension de l’humanité à créer des concepts que l’écriture pérennise, à éduquer par la pensée et former des humains libres, à égalité avec les puissants. Il invente un monde de lettres empreint de liberté. Un monde de lettres logiques nées d’un élan plus émotionnel. A l’image du processus de rationalisation décrit par Antonio Damasio : le corps reçoit des sensations qui vont provoquer des émotions qui vont devenir des informations qui seront rationalisées ; Phet édifie un monde où l’irrationnel croise son antagoniste. Sa peinture symbolise le parfait compromis entre la raison et l’émotion.

Photographies : © DR

Down by law, une satire fascinante

Down by law – une satire fascinante

La coulure en temps que technique de peinture représente des politiciens corrompus dans la série Down by law, « elle s’autonomise et dérègle le régime classique du signe[1]». Entre lois physique et lois législative, la série Down by law exprime l’organisation du monde avec ses processus créatifs basés sur les lois universelles de la gravitation et les lois juridiques organisant la vie dans la polis. La peinture de Fasim synthétise les éléments essentiels de la vie qui parcourent la cité. Une cité qu’il explore comme le lieu vivant où la performance du writing vient à dépeindre la vie dans la ville, sur sa peau et nourrissant sa pratique plus traditionnelle d’atelier.

La coulure fait partie du vocabulaire artistique : les larmes (Pieter Von Mol, Déposition, vers 1635), le sang (Fra Angelico, Saint Dominique avec le Christ en croix, vers 1941), l’eau (Lucas von Valckenborch, L’hiver, vers 1595), qui jaillit avec Francis Bacon (Jet d’eau, 1979), ou Jeff Wall (Milk, 1984), la peinture (Roy Liechtenstein, Brushstroke, 1965), elle devient le sujet central dans l’œuvre de Jackson Pollock, et Cy Twombly l’oppose aux aplats de pinceau dans Untiltted (Rose) en 2008. La coulure devient avec l’utilisation des aérosols et des marqueurs, la nouvelle conquête du peintre. Peindre avec un aérosol nécessite de pouvoir maîtriser le flot de peinture, ce à quoi s’exerce Fasim depuis sa rencontre à Barcelone en 1986 avec Henry Chalfant. La coulure est censurée ou exploitée dans l’esthétique du writing dont l’esprit imprègne le street art. Fasim inscrit la coulure dans la tradition de la peinture espagnole dont il renouvelle le style. Les facettes cubistes des portraits de Picasso, les montres de Dali, sont métamorphosées en coulées chez Fasim. Il s’empare de ce vocable pictural qui traverse l’histoire de la peinture pour réaliser les portraits de politiciens corrompus de la série Down by law. Ces figures du pouvoir coulantes rappellent les épanchements qui s’écoulent des saintes plaies de cette autre figure du pouvoir qu’est le Christ (Rogier Van der Weyden, Crucifixion, vers 1425-1430, Fra Angelico, Crucifixion, vers 1430, Véronèse, Pieta, 1581). La monarchie espagnole, son déclin, la dictature franquiste, la Movida, la monarchie constitutionnelle, le bi-partisme sont autant d’éléments fort de l’histoire qui peuplent  l’espace culturel d’une Espagne en pleine mutation et forment des tresses avec les traditions catholiques, royalistes et les héritages démocratiques gréco-romain. Tout cela vient se glisser entre les vides et les pleins des œuvres de Fasim, et finissent par déborder, ivre du désir de la liberté.

La série Down by law libère le discours des formes académiques et entraîne cette dialectique ruisselante à faire jaillir l’épouvante contenue dans les œuvres des politiciens corrompus inondant la cité qu’il a choisit de peindre et dépeindre. Il y a dans la coulure la brutalité de la sensation manifestée qui n’est pas encore conscientisée. Elle exprime cette sensation reçue, tend à faire apparaître un langage archaïque, sensitif. Elle représente le mouvement, l’instabilité, l’évolutif, elle incarne la vie, le doute, elle s’oppose aux dogmes stables et rigides. Les coulures de la série Down by law offrent un espace entre l’épouvante qu’elle convoque et l’assainissement par la liquidité, comme si ces portraits de politiciens décadents pouvaient dégouliner jusqu’à disparaître de la scène politique.

Cette satire picturale représente le pilonnage des politiciens immoraux en 2018 en Espagne, comme la Guernica peut représenter le bombardement ordonné par les nationalistes espagnols en 1937, elle invite à la réflexion par la dénonciation. L’art « possède une force d’éveil prophétique qui peut avoir une profonde influence[2]»  appel au changement avec la série Down by law de Fasim.

[1]La coulure.  Histoire(s) de la peinture en mouvement, Paris, éd.. Hazan,  2015, p. 95.

[2]Wassily Kandinsky, Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, Paris, éd. Denoël, coll. « Folio », 1989, P. 58.

1- DOWN BY LAW nº 39 - Acrylic paint on paper, 29,7 x 42 cm - 2017 baja

Down by law – A fascinating satire

Dripping as a pictorial technique represents corrupt politicians in the series Down by Law, « it be-comes self-sufficient and disrupts the classical regime of the sign”.

Between physical laws and legislative laws, the Down by Law series expresses the organisation of the world with its creative processes based on the universal laws of gravitation and the legal laws organising life in the polis.

Fasim’s painting synthesises the essential elements of life that run through the city. A city he explores as a living place where the performance of writing comes to depict life in the city, on his skin and nourishing his more traditional workshop practice.

Dripping is part of the artistic vocabulary: present as tears (Pieter Von Mol, Deposition, around 1635), as blood (Fra Angelico, Saint Dominic with Christ on the cross, around 1941), as water (Lucas von Valckenborch, Winter , circa 1595), which springs with Francis Bacon (Jet d’eau, 1979), or Jeff Wall (Milk, 1984), as paint (Roy Liechtenstein, Brushstroke, 1965); it becomes the central subject in Jackson’s work Pollock, and is opposed to brushstrokes in Cy Twombly’s Untiltted (Rose) in 2008.

With the use of aerosols and markers, dripping becomes the new conquest of the painter. To paint with an aerosol requires to control the flow of paint, which Fasim has been doing since meeting Henry Chalfant in Barcelona back in 1986. Dripping is censored or exploited in the aesthetics of writing, whose spirit permeates street art.

Fasim inscribes dripping in the tradition of the Spanish painting, of which he renews the style: the cubist facets of Picasso’s portraits and Dali’s watches morph into drips in his work. He makes this pictorial term that runs through the history of painting his own to portray corrupt politicians in the series Down by Law. These figures of power recall the effusions leaking from the holy wounds of this other figure of power that is Christ (Rogier Van der Weyden, Crucifixion, around 1425-1430, Fra Angelico, Crucifixion, around 1430, Veronese, Pieta , 1581).

The Spanish monarchy, its decline, Franco’s dictatorship, the Movida, the constitutional monarchy, the bi-partidism are all strong elements of history that populate the cultural space of a country, Spain,  immersed in transformation, and that link with Catholic, Royalist and Greco-Roman democratic inheritances.

All these slide and pour between the gaps and the shapes of the works of Fasim, and end up overflowing them, drunk with desire for freedom.

The series Down by Law frees the discourse from academic forms and leads this dripping dialectic to expose the contained terror that lies in the corrupt politicians’ works scattered across the city he chose to paint and depict. In the dripping lies the brutality of the manifested sensation which is not yet conscious. It expresses this received sensation and tends to reveal an archaic, sensitive language.

It represents movement, instability, evolution, it embodies life, and doubt; it opposes stable and rigid dogmas.

The drips of the Down by Law series offer a space between the horror it conjures up and the cleansing through liquidity, as if these decadent politicians portrayed could leak and drip away to the point of disappearing from the political scene.

This pictorial satire represents the constant bombarding of politicians’ immorality in 2018 in Spain, as the Guernica can represent the bombardment ordered by the Spanish nationalists in 1937, and it invites reflection through denouncement. Art « has a prophetic awakening power that can have a profound influence » .

Fasim’s Down by Law series calls for change.

9- DOWN BY LAW nº 45 ( Corrupt politician IV )- Acrylic paint on paper, 29,7 x 42 cm - 2017 baja

LINEA6 Backstore, C/ Ample de la Mercè, 20, Palma de Mallorca, 07002, Baleares. https://linea6.com/

From May 4 and up to the beginning of August you can visit the individual exhibition of the Barcelona artist Germán Bel / Fasim in the small gallery of Linea6 Backstore in Palma de Mallorca entitled; ‘Down By Law, Works on paper, 2018’.

The title refers to the series of paintings on paper painted in rigorous black acrylic that the artist has been developing for about a year and the series has not yet concluded, Fasim clarifies; « I’ve painted around 180 until now, but I have not yet cataloged them all, only about 50 or so, I do not all like them either, but I have not bored myself and the series promises to get longer, new paintings keep coming out every day, I want to see how far arrive. »

The series has never been shown to the public and a selection of nine original paintings on paper from the Down by Law series is presented for the first time, four of which are dedicated to corrupt politicians, on this point and on the selected series of paintings. graffiti writer and painter Lady K 156 / Jessica Balota has written a text for the occasion.

The show is complemented by two numbered serigraphs, one of the same series as the exhibition.

The exhibition hall is exhibiting artists since July 2016, date of its inauguration and artists such as Dems333, Egs or Xena among others have already passed.

If you are going to visit Mallorca this summer you can not miss the opportunity to visit this unique exhibition.

5- DOWN BY LAW nº 41 - Acrylic paint on paper, 29,7 x 42 cm - 2017 BAJA.jpg

Down By Law – Una sátira fascinante. 

« El goteo como técnica pictórica representa a políticos corruptos en la serie Down By Law, que «es autosuficiente y desbarata el sistema clásico del signo».

A caballo entre las leyes físicas y las legislativas, la serie Down By Law versa sobre los procesos creativos basados en las leyes universales de la gravedad y en las leyes jurídicas establecidas para la vida en la polis.

La pintura de Fasim sintetiza los elementos esenciales de la vida que forman parte de la ciudad. Una ciudad que explora como lugar vivo, donde los textos rotulados retratan la vida urbana, sobre su piel y nutriendo su trabajo más tradicional de estudio.

El goteo forma parte del vocabulario artístico: lágrimas (Pieter van Mol, Descendimiento, hacia 1635), sangre (Fra Angelico, Santo domingo, adoración del Crucificado, hacia 1941), agua (Lucas van Valckenborch, Invierno, hacia 1595; Francis Bacon, Chorro de agua, 1979), leche (Jeff Wall, Leche, 1984), pintura (Roy Liechtenstein, Pincelada, 1965). El goteo se convierte en el motivo central de la obra de Jackson Pollock. Por el contrario, Cy Twombly lo contrapone a manchas de colores planos (Sin título, Rosa, 2008).

El goteo es el nuevo territorio pictórico a conquistar, junto con el uso de los botes de espray y los rotuladores. Pintar con espray exige dominar el chorrear de la pintura, algo que Fasim ha estado practicando desde que conoció a Henry Chalfant en Barcelona en 1986. El goteo se suele censurar o se usa como estética grafitera; en toda su esencia rezuma arte callejero.

Fasim ha logrado introducir el goteo en la tradición pictórica española y revitalizar el estilo. Fasim transforma en goteos los elementos cubistas de los retratos de Picasso o los relojes de Dalí.

Fasim se apropia de este vocabulario pictórico que recorre la historia de la pintura para realizar los retratos de políticos corruptos de la serie Down by Law. Estas figuras del poder que gotean recuerdan a las efusiones que se derraman de las llagas sagradas de esa otra figura del poder que es Jesucristo (Rogier Van der Weyden, Crucifixión, hacia 1425-1430, Fra Angelico, Crucifixión, hacia 1430, Véronèse, Pieta, 1581).

La monarquía española y su decadencia, la dictadura franquista, la movida, la monarquía constitucional o el bipartidismo son potentes elementos históricos que pueblan la cultura española en plena mutación, y que enlazan con las tradiciones católicas, monárquicas y la herencia democrática grecorromana.

Todo ello se desliza entre los vacíos y los llenos de las obras de Fasim y acaba por desbordarse, embriagado de anhelo de libertad.

La serie Down By Law libera el discurso de las formas académicas y da pie a una dialéctica chorreante que suscita el terror repentino contenido en sus pinturas de políticos corruptos que inundan la ciudad que él ha elegido pintar y describir. En el goteo se halla la brutalidad de la sensación manifestada de la que todavía no se tiene consciencia. En él se expresa esa sensación recibida, y tiende a hacer aparecer un lenguaje arcaico, sensitivo.

El goteo significa movimiento, inestabilidad, evolución, vida, duda y se opone a los dogmas estables y rígidos.

Los goteos de la serie Down By Law sugieren un espacio entre el espanto que evocan y la purificación a través de la fluidez, como si esos retratos de políticos decadentes pudieran irse escurriendo hasta desaparecer de la escena política.

Esta sátira pictórica representa el bombardeo de políticos inmorales en España en 2018, como el Guernicapuede representar el bombardeo ordenado por los nacionales españoles en 1937; invita a la reflexión a través de la denuncia.

Las obras de Fasim en Down By Law son una llamada al cambio.

7- DOWN BY LAW nº 43 - Acrylic paint on paper, 29,7 x 42 cm - 2017 baja.jpg