Étiquettes

, , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

11046675_617994651677766_1581195297265094864_nPeux-tu nous parler de ton parcours et de tes débuts?
J’ai grandi à Paris où j’ai étudié l’art et l’impression textile à l’école Nationale des Arts Appliqués et des Métiers d’art Olivier de Serres. Je me suis passionné par la suite pour les impressions et les motifs textiles. J’ai beaucoup voyagé et pu explorer les techniques traditionnelles d’impressions textiles à travers les pays que j’ai visités. De retour en France, j’ai peint, une peinture plutôt figurative. J’ai exposé à Paris et à La Rochelle. Ma dernière exposition était à la galerie LBL à la Flotte en Ré en avril 2014.

10451680_586746238135941_4487315883332419640_nParles nous de ta technique, comment procèdes-tu?
Mon médium de prédilection est le pochoir que je peux réaliser à la bombe aérosol. J’utilise un papier fin, qu’il est possible de coller, grâce à une colle que je prépare moi même, le « wheat paste » ( mélange d’eau et de farine).
La réalisation d’un pochoir s’effectue en différentes étapes: un premier travail numérique où j’interviens en modifiant la photo, je la transforme en niveau de couleurs gris, noir, blanc, pour en dégager les ombres. Ensuite je réalise un travail manuel important : je redessine, décalque ce que je veux extirper de la photo, sur du papier canson, à l’aide d’une table lumineuse puis je découpe au cutter une quantité de petits trous pendant des heures.
Différents niveaux de pochoirs sont employés, un pochoir formant la silhouette puis un autre constituant la couleur grise et ainsi de suite pour tous les niveaux de couleurs.
Ce que j’aime, c’est qu’à chaque étape, tu t’éloignes du côté photographique.
Sur toile, je suis dans un mélange de techniques. Pour mes fonds, j’emploie très souvent le pochoir, sinon de la peinture acrylique, de l’encre ou des encres aquarelles. J’utilise la brosse pour un effet de fonds décrépis, la brosse à dent pour des effets mouchetés, puis je réalise les motifs que je bombe ensuite ou j’ajoute la peinture et l’encre à la main.
J’aime le mélange de techniques traditionnelles et de bombes aérosols, l’idée est de confronter des esthétiques.

10400808_10152699627763059_5124675706756503416_nÀ partir de quelles influences, ta pratique s’est-elle construite?
Mes premières influences sont classiques. Fra Angelico, (première renaissance), j’admire sa technique hallucinante et son utilisation de la peinture à l’huile, les couleurs sont encore aujourd’hui d’une telle vivacité, d’un éclat tellement impressionnant ! J’aime l’impressionnisme, Van Gogh m’a toujours fasciné. La couleur pure est ce qui me provoque le plus d’émotions.
Je m’inspire énormément de la photographie pour mes pochoirs. J’adore Erwin Olaf, photographe hollandais de mode. Il utilise l’esthétique de la photo de mode qu’il pousse à l’extrême, des photos de studio hyper travaillées qu’il déconstruit avec des modèles mélancoliques, complètement rêveur et en décalage. Également Jeff Wall, photographe canadien. J’aime les installations contemporaines de Philippe Parreno et Pierre Huyghe, où l’on est happé, englobé par tout un univers. Il n’existe pas de clivages dans l’art contemporain entre la peinture, la photo et la vidéo. Tout peut être utilisé pour s’exprimer et c’est ce qui me touche.
En Street Art, j’affectionne Shepard Fairey, que j’ai connu sur le tard, alors que je travaillais mes motifs textiles. Son idée de réutiliser l’esthétique de l’image de propagande avec des motifs textiles accolés à un personnage est fantastique. Évidement il y a Banksy, qui a fait accepter et connaitre le Street Art. Puis aussi SNIK qui travaille sur la photo réaliste ou encore Swoon, artiste féminine, américaine.

15664_612139388929959_5106969873202678707_n

Tu représentes souvent des femmes, aux postures élégantes, sur fonds imprimés des années 60/70. Un éloge à la beauté féminine. Que veux-tu exprimer?
Je n’utilise pas la rue comme revendication mais plutôt comme un moyen de laisser part aux rêves.
J’aime l’idée de rapprocher plusieurs mondes, notamment le monde de la mode, celui de la photo de mode avec le monde de la peinture.

10959613_608703749273523_5520832783399620335_n

Comment et pourquoi investis-tu la rue?
C’est assez récent dans mon activité d’aller m’exposer dans la rue. C’est grisant et excitant car je n’ai pas le droit, et à la base je respecte la loi. Je ne suis pas pour le vandalisme gratuit en graffiti, c’est trop agressif, évidement sauf si c’est pour découvrir un procédé graphiquement sympa. Mais j’aime la matière même du mur qu’il soit décrépi, avec des petits renfoncements, des petites niches, les vieux volés, les maisons abandonnées.
À Paris, il y a une véritable émulation et une vraie tolérance autour du pochoir, de l’affiche et du graffiti. J’ai réalisé mon premier pochoir rue du Cordouan, où une nouvelle boutique photo venait d’ouvrir à La Rochelle, j’avais collé un pochoir de polaroid et un appareil argentique, en cohérence avec l’environnement.

10365392_469967166480516_2281958308750368781_o

Comment établis-tu le lien entre la rue et la galerie?
1013612_590197391124159_6538034110499845386_nLa rue apporte une visibilité que l’on n’a nulle part ailleurs. J’offre mon travail, sans vouloir l’imposer, c’est éphémère, si cela ne plait pas, c’est retiré. Par contre, on ne va pas vendre des pochoirs dans la rue. La galerie est le lieu pour vendre les œuvres et représenter les artistes. Cependant, je considère cet endroit peu facile d’accès, souvent austère avec très peu de personnes qui osent rentrer à l’intérieur. J’ai pourtant fais des études d’arts.
A vrai dire, le marché de l’art est comme n’importe quel marché. L’artiste doit rester dans la création, les artistes contemporains qui prospèrent, sont d’ailleurs ceux qui demeurent indépendant face au marché.

Quels sont tes projets à venir?
Je souhaite améliorer ma technique encore débutante. L’élaborer davantage avec différentes couches. J’aimerai aussi réaliser des murs avec des graffeurs, et évidement continuer à m’exprimer dans la rue!

 Interview de : Célia Dandois