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logo-pierre-frey-detoureDepuis quand a été fondé Pierre Frey ?
Pierre Frey s’est fondé en 1935 par mon grand-père, monsieur Pierre Frey, dans le premier arrondissement de Paris dans l’immeuble dans lequel nous sommes toujours.

Quels étaient les produits phares de l’époque ?
Ils ont commencé au tout début par des jacquards, des unis et des faux-unis, tissés à Paris chez différents fournisseurs qui étaient à l’époque des femmes. Elles travaillaient de chez elle, et mon grand-père leur passait des commandes.

Par rapport aux produits que vous proposez, est-ce qu’on peut parler de mode ?
Je ne sais pas si « mode » est le terme mais il y a effectivement des styles ou des produits qui plaisent plus à une certaine époque qu’à une autre. Des années soixante aux années quatre-vingts, les fleurs étaient très à la mode, et les années cinquante après la guerre étaient forcément plus surréalistes, très colorées, très fortes. Depuis les années quatre-vingt-dix, on est plus minimaliste avec du blanc, du beige, moins de motifs et de couleurs. Puis, depuis une dizaine d’années, tous les styles sont mélangés et on revend un peu de tout, du contemporain au classique. Aujourd’hui, je pense qu’il n’y a plus de mode : tous les styles se mélangent et c’est cette harmonie qui est très jolie.

Comment avez-vous défini auprès de votre frère et de votre père qu’il fallait faire du graffiti ?
J’aime depuis très longtemps le street art et le graffiti. Je suis rentré il y a trois ans des États-Unis, où je travaillais pour Pierre Frey, pour reprendre en charge la communication. Mon père m’a demandé de trouver plus de collaborations à faire que lui et son studio de création, même s’il était toujours le directeur artistique et le principal créateur. On n’a pas envie que ça soit des stylistes externes qui fassent nos collections, mais on voulait ajouter quelques collaborations pour donner plus de piquants, plus d’intérêts à nos collections. Je lui ai parlé de street art et je lui ai expliqué, car il n’y connaissait rien. On est allé à des expositions, et je lui ai fait rencontrer Alain-Dominique Gallizia qui nous a évidemment charmé. On lui a expliqué ce qu’on cherchait pour faire nos tissus et nos papiers peints, le style d’œuvres et de produits dont on avait besoin, c’est-à-dire des couleurs, des formes géométriques assez graphiques, et il nous a dit : « Toxic est votre homme ». On a réfléchit, on a regardé, et il nous a présenté Toxic. Je suis allé dans son studio, on s’est très bien entendu, on est devenu ami et il nous a proposé plusieurs œuvres. On pensait faire un seul papier peint mais on en a fait plusieurs tellement nous avons aimé.

D’après vous, qui seront les acheteurs ? Des jeunes ?
Des hôtels parisiens sont intéressés, des magazines étrangers très classiques, et évidemment des jeunes, il y a un peu de tout. La beauté de notre métier par rapport à l’œuvre réelle, c’est qu’on est extrêmement moins chers pour une très bonne qualité, un très bon rendu, et pour quelques centaines d’euros, on a un papier peint de Toxic dans son intérieur. Ça plaît déjà beaucoup et je lui souhaite beaucoup de succès dans les années à venir.

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Comment se passe la fabrication ?
Différents fournisseurs peuvent réaliser un papier peint de couleur, et nos ingénieurs textiles et nos stylistes nous ont recommandé certains d’entre eux. Nous avons fait des essais, et nous avons choisi le fournisseur qui avait le meilleur rendu et les couleurs les plus fraîches.

Est-ce qu’on peut penser qu’on aura place de Furstenberg une décoration totalement street art ?
Bien sûr, d’ici fin août début septembre.

Êtes-vous les premiers au niveau mondial à avoir fait ce genre de projet ?
En décoration, oui, nous sommes les premiers.

Interview : Cédric Naïmi
Crédit photos : Pierre Frey

État des lieux du graffiti et du street art - Enquête

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