Respect & Love by The Worst Mother Fuckers

Respect & Love by The Worst Mother Fuckers
123Klan (Ankama, 2013)
Scien et Klor du 123Klan que nous avons interviewés dans ce numéro sortent un artbook d’une qualité graphique exceptionnelle dans le label 619. Vous pouvez découvrir leur vision de l’art avec des exemples de leurs nombreuses productions : vingt ans de graffiti, de créations vectorielles, de designs de streetwear et de toys… Et des stickers ! Plus de 300 pages illustrées à décortiquer si vous aimez les belles images.

Ces auteurs issus du milieu graffiti français ont réussi le pari d’associer l’art des rues et le design : bravo ! Cet ouvrage est indispensable à lire et à avoir dans sa bibliothèque : Style is the Message !

Nantes, balades urbaines

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Sarah Guilbaud, Matin, midi et soir, 2018

Les éditions Ici même spécialisées dans la bande dessinée alternative se lance avec cet excellent ouvrage dans la publication de livres d’art urbain. Nantes est au centre de ce projet et nous pouvons ainsi découvrir la scène graffiti mais aussi street art de cette agglomération en pleine mutation. L’idée de la balade est pour le moins une bonne idée car la plupart du temps on découvre des murs peints en marchant dans la ville… Plusieurs chapitres (tags, street art, artistes ou encore spots) nous permettent de voir les réalisations des graffeurs de cette ville ou de certains qui ont laissé leurs traces picturales. Les textes sont clairs et éclairent les lecteurs néophytes qui voudraient en apprendre plus et comprendre cet art au delà des images bruts. Une belle surprise éditoriale.

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192 p. – 29 euros
240 x 200 mm – couleur – couverture cartonnée
EAN 9791093876016

En vente ici et en librairies

Sky’s the limit

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Un livre et un film de Jérôme Thomas, 2018

La transformation de nombreuses façades d’immeubles en œuvres d’arts dans le monde entier modifie les politiques culturelles, urbanistiques et sociales dans les grandes métropoles qui ont fait ce choix artistique. De Paris à Berlin en passant par le Caire, le muralisme s’impose. Cet excellent livre est le carnet de bord qui retrace les cinq années passées par le réalisateur Jérôme Thomas à filmer et photographier cette nouvelle forme d’art public. Les images sont sublimes tout comme le documentaire qui nous permet de nous plonger dans cet univers aérien et coloré… Un moment inoubliable, magique et époustouflant.

Vous pouvez retrouver des artistes comme Inti, Vhils, Borondo, Pantónio, Seth GlobePainter, Astro, ou encore Katre dans leur élément créatif. Le livre apporte également un complément textuel de qualité et des éléments biographiques essentiels pour ceux qui ne connaissent pas les artistes en question. Les photographies sont splendides et il faut noter que celui-ci contient le dvd du film en version longue ainsi que des bonus très instructifs. Il faut l’avoir absolument dans sa bibliothèque !

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A WALK INTO STREET ART

Pour la seconde exposition en réalité virtuelle de UMA, Yannick Boesso, directeur de Urban Art Fair, a rassemblé une sélection des plus grands chefs-d’œuvre du Street Art. Le visiteur pourra arpenter une ville rêvée et bâtie pour l’occasion. Les murs iconiques de Banksy, JR, Obey, Jef Aérosol, Ernest Pignon Ernest se dressent aux côtés des graffs pionniers du street art et les trains historiques du New York des années 80.

Tandis que les œuvres demeurent souvent attachées à leurs lieux de création, UMA propose de les faire voyager au-delà des contraintes du réel. L’exposition «A Walk Into Street Art» offre l’occasion de découvrir une sélection emblématique d’un mouvement artistique majeur de notre époque, dans un environnement inédit.

Le Street Art est bercé par une quête perpétuelle de légitimité auprès des musées comme des pionniers du graffiti. L’exposition en réalité virtuelle sur UMA permet de répondre à cette double aspiration en offrant aux œuvres un espace muséal, sans rompre avec l’identité urbaine. Par sa diversité, sa popularité et son ancrage dans le présent, le Street Art est un prisme de réflexion accessible à tous. Un axe fort pour UMA, Universal Museum of Art, le premier musée en réalité virtuelle accessible à tous, partout, tout le temps, gratuitement.

DATE DE LANCEMENT : 3 avril 2018
PARTENAIRE DE URBAN ART FAIR
UMA présentera l’exposition
stand E8 du 12 au 15 avril

A PROPOS DE UMA
Créé en août 2017, UMA est un musée en réalité virtuelle. Sans aucune limite spatiale ou pratique, UMA organise des expositions fréquentes, réalisées par des spécialistes, accessibles à tous, partout, tout le temps et gratuitement sur www.the-uma.org.UMA est fondé sur deux grands principes : accessibilité et innovation, qui œuvrent pour la coopération entre culture et digital. Son ambition est de devenir le musée le plus visité au monde en moins de 2 ans.

Interview de Wash-ink

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A quel moment as-tu vu tes premiers tags et tes premiers graffs ?
Les premiers tags et graffs que j’ai vus c’étaient dans les magazines de skate que l’on achetait avec un ami vers l’âge de 10 ans. Vivant à la campagne, à part les marquages sur les arbres, il n’y avait pas grand chose. La culture graffiti de Paris est arrivée dans mes cahiers de cours au collège dans ma petite ville natale de Pontarlier par un nouvel ami fraîchement arrivé de Sarcelles. C’est avec lui que j’ai commencé à regarder mon environnement différemment.

Où as-tu peint la première fois ?
J’ai le souvenir de mon premier tag dans un skate park à Pontarlier et mon premier graff à Besançon dans une ruelle très tranquille.

Quel est ton pseudo depuis le début ?
Je n’ai jamais réussi à garder un blaze très longtemps, je me lasse très vite et heureusement car cela m’a évité de prendre pour les précédents. Je suis passé de PAL (Peace and Love) à MASKARAD, SW, PROZ, MOLUSK, S, WAK… jusqu’à WASH-INK aujourd’hui.

Qui as-tu croisé à tes débuts ?
J’ai croisé deux personnes en particulier qui m’ont marqué au début, BAR2 puis MASTIK deux graffeurs acharnés de Pontarlier et Paris qui m’ont beaucoup influencé.

As-tu peint des métros ou des trains en France ?
Non, je n’ai jamais peint de trains ou de métro, par méconnaissance du terrain, par peur et aussi par envie de toujours posséder mes graffs autour de moi, agrandir mon territoire en le maîtrisant.

Quels étaient les endroits où tu as peint à tes débuts ?
Les skate park, les souterrains, les rues, les bâtiments abandonnés, les cabanes dans les arbres, les chantiers, le tout toujours dans Pontarlier et sa campagne alentour.

Peux-tu nous parler de ton premier crew et de son histoire ?
Le premier crew a été The Wild Riders. Un mélange de skate, bmx et bombes de peinture. Le tout avec le petit logo approprié. Nous étions seulement deux et pas très productifs. Cela s’est vite arrêté car je suis resté au collège de Pontarlier et mon ami est parti à Besançon. Ce premier nom a très vite été remplacé par PPC. Power Painter Crew. Dans une dynamique plutôt humoristique, celui-ci prend en fait la forme qui nous plaît (P… P… C…). Composé à la base de PAL et BAD toujours d’actualité par WASH-INK et ATARAXIA, nous créons juste à quelques moments des fresques tous ensemble mais rien de très virulent. J’aime beaucoup créer seul ou avec des artistes qui n’ont pas de rapport direct avec le graff. Par exemple, je suis associé avec mon amie designer, et nous mêlons graffiti, vitrail et architecture. Des arts aux techniques différentes mais de fond quasi identique.

Quel est ton mur le plus fou ?
Le mur le plus fou que j’ai pu faire était un mur légal en dessous d’un château. Ce mur fait 45m de long sur 4m au plus haut. Le plus fou dans le sens où il est placé sur un axe où circule plus de 14 000 voitures par jour. Malgré le thème imposé j’ai eu beaucoup de liberté, ce qui m’a permis de faire passer des messages à caractère positif de manière attractive.

As-tu des influences ? Si oui, lesquelles ?
Des influences dans le graffiti mais pas que. Pour les plus connus dans le domaine du graffiti : WOSHE, DARE, OBEY, SKKI © … mais le graffiti est pour moi un moyen de communication énorme qui fait donc appel à la psychologie humaine. Je suis aussi passionné de développement personnel avec quelques auteurs comme Dale Carnegie, Zig Ziglar, Paul Watzlawick, Sénèque, Joseph Murphie, John Grinder, Richard Bandler…

Une envie folle que tu voudrais réaliser un jour ?
Le graffiti fait partie de mon quotidien, je vis en grande partie grâce à ça. Je fais très régulièrement des initiations, conférences, formations graffiti pour les jeunes, et je me rends compte à quel point le système scolaire ne permet pas aux jeunes de se développer convenablement. Leurs rêves, leurs projets sont balayés par de fausses croyances de la part de leurs ainés. Mes cours de graff sont en réalité plus des cours de sociologie où l’on apprend à se connaître et comment mieux s’adapter à son environnement. Donc mon envie folle serait de créer une école alternative similaire à Montessori ou d’autres pour apprendre à se développer personnellement et avec la société.

Peux-tu nous donner quelques anecdotes ou des événements bizarres qui te sont arrivés ?
– Se faire arrêter à seulement 100 mètres du poste de police par deux voitures. Opération musclée à 17 ans.
– Se faire offrir une exposition par la ville que j’avais tagué plus jeune. (Une belle preuve d’ouverture d’esprit).
– Voir des jeunes pleurer lors de forum des métiers quand ils me racontent que leurs parents ou professeurs leurs disent qu’ils ne pourront pas réaliser leurs rêves ou que celui-ci est stupide.
– Taguer une vache (en résine de taille réelle).
– Graffer une mairie. (Encore une belle preuve d’ouverture culturelle).
– Se faire voler une œuvre. Lors d’une exposition dans les rues de Dole : j’ai réalisé trois portraits de personnalités connues de la ville sur un format de 5m sur 3m. Quelques jours après la pose des toiles, celle de Hubert Félix Tiéfaine est déboulonnée du mur à 6m de haut, roulée et partie sous les bras des nouveaux acquéreurs. Côté positif, beaucoup de pub pour moi.
– Commande d’une fresque, puis demande de l’effacer par les services des bâtiments de France. (Toujours en débat)

A voir aussi : www.instagram.com/wash_ink