RIP Meo

C’est avec une grande émotion que je viens d’apprendre la disparition de Myles Carter aka MEO COP. J’ai passé beaucoup de temps avec lui à la fin des années 80 et au début des années 90, c’était un gars bien et toujours rieur. Une pensée pour sa famille et ses proches !

Maintenant que tu es parti dans d’autres cieux, je te souhaite un repos éternel !
Repose en paix mon ami.

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It is with great emotion that I have just learned of the disappearance of Myles Carter aka MEO COP.I spent a lot of time with him in the late 80s and early 90s, he was a good guy and always laughing.A thought for his family and loved ones!

Now you are in Heaven and wish you an eternal rest!
RIP my friend.

Guide du street art à Paris

GUIDE DU STREET ART À PARIS
ÉDITION 2018/19
Stéphanie Lombard & Simon Hoareau

Nouvelle édition augmentée et mise à jour

En librairie le 22 mars 2018 / 160 pages / 13,50 €

Découvrez les meilleurs spots d’arts urbains à Paris, Vitry-sur-Seine et Montreuil grâce à la nouvelle édition 2018/19 du Guide du street art à Paris. Ce guide abondamment illustré vous invite à parcourir Paris en 9 itinéraires : du Marais à Beaubourg, Mouffetard et la Butte-aux-cailles, de République au 104, d’Oberkampf à Belleville, Paris XIII, autour de Montmartre, de Stalingrad à Pantin, Vitry-sur-Seine, une nouvelle balade à Montreuil. Cartes à l’appui, découvrez Paris en mode street art tout en profitant de focus documentés sur les œuvres et les artistes ainsi que d’informations pratiques (festivals, bars, galeries, librairies spécialisées…).

Au sommaire de la nouvelle édition 2018/19 :

• 1 visite supplémentaire à Montreuil
• 1 index des artistes cités
• 1 focus sur les festivals
• 8 itinéraires remis à jour
• 70 nouveaux artistes à découvrir
• 165 photos inédites

Arts urbains et Amazonie, une forêt de possibles

Yurimaguas (1)

Au nord du Pérou, département de la Haute Amazonie (Alto Amazonas), la ville de Yurimaguas bordée par le fleuve Huallaga est un terminus obligatoire pour celles et ceux qui depuis les terres veulent rejoindre via le fleuve, des destinations plus lointaines. Ici les touristes qui veulent expérimenter l’Amazonie au sein de la réserve nationale Pacaya-Samiria, font une étape à Yurimaguas avant de s’élancer pour deux jours par voie fluviale vers des destinations comme Iquitos gros aimant écotouristique. D’autres s’arrêteront à Lagunas après six heures de lancha rapide ; plus discrète beaucoup plus rapide à atteindre mais largement plus authentique et intacte d’un tourisme de masse, Lagunas est une des portes d’entrée de la réserve .

Mais avant d’arriver à Lagunas depuis Yurimaguas, la perle du Huallaga; c’est à partir de Lima par un vol intérieur que l’on rejoint Tarapoto à deux heures de taxi de Yurimaguas. L’Amazonie, son synonyme c’est périple. Tout au long de ces deux heures de route ce qui est frappant ce sont les nombreuses plantations de palmes (dont on fait entre autres la fameuse huile) qui se succèdent quasiment jusqu’aux portes de Yurimaguas.

Yurimaguas (6)

Seul pour l’instant le fleuve interdit le saut fatal de la palme sur la berge opposée, comprenant forêt tropicale et communautés.

Yurimaguas (7)

Du côté Iquitos de l’entrée de la réserve, des problématiques liés à l’extraction de pétrole avaient, il y a encore peu défrayé la chronique. Au sein de la réserve le braconnage, souvent d’espèces menacées, et la déforestation rajoutent des pans supplémentaires à l’éventail des nombreuses menaces qui pèsent à la fois sur les droits des communautés vivant sur place et également sur un environnement à l’exubérante mais si fragile richesse.

Devant tous ces risques, ces dangers sociaux et environnementaux, à Yurimaguas les artistes locaux adressent aux populations locales, aux autorités et aux touristes de passage les messages en relation avec l’indispensable préservation de la nature et celle, toute aussi primordiale, des droits humains. Les œuvres chargées de sens, donnent lieu à un mélange de fresques murales, de portraits et d’arts modestes et populaire. Un joyeux mélange qui engendre l’étonnant paradoxe d’un art de rue en pleine Amazonie.

 
Enfin, à Lagunas village en pleine forêt où il ne circule sur l’artère unique et principale aucune voiture car il n’y en a tout simplement pas, l’art de rue s’exprime aussi annonçant quelques-uns des multiples résidents de la forêt (ci-dessous tortues, perroquets, jaguars, dauphins de fleuve).

Lagunas (1)

Toujours à Lagunas, pour une invitation à la lutte syndicale ou à l’immersion dans les halles d’un marché tropical, c’est le mur qui, en couleur, tient le haut du pavé de la communication.

Texte et photographies : Malik Mahdjouba (MkMh)
Incursion Amazonienne novembre 2016

Focus BAM BAM

Plus qu’une exposition, Edouard PAULET aka NEMS et Patrice Olivier ACARDY aka HEYPE ont dévoilé deux univers différents mais pourtant complémentaires. Tous deux ont peint longtemps sur les murs des villes de l’île de la Réunion. En perpétuel recherche d’évolution dans leurs techniques artistiques propres, c’est d’abord une histoire d’amitié qui les a uni à la galerie d’art La Kaz Blanche, du 11/08 au 01/09, à St-Pierre de l’île de la Réunion.

Edouard mêle imaginaire et couleurs avec des traits graphiques représentant des univers cartoonesques. Ayant une approche artistique consciencieuse, il laisse libre cours à son imagination face à la toile, afin d’avoir une pièce qui permet le dialogue avec le visiteur. Il tire son inspiration de la bande dessinée et du B-Boy graffiti avec lesquels il a grandi. Aujourd’hui, cela représente un mix imaginatif de tout ce qu’il a pu voir dans sa vie.

Patrice se définit lui-même comme un humain lambda avec ses forces et faiblesses. Ne le qualifiez pas d’artiste. Il assume sans complexe ses différents blazes dûs à ses nombreuses activités et passions : Heype/Ape pour le graff ou le street art ou la peinture, Digital Distortion, dans la musique IQB7, Patrice Olivier Acardy pour la 3D, le graphisme, la vidéo et le multimédia. Il ne revendique aucune étiquette mis à part son travail et ses idées qui sont, pour lui, le plus important et c’est ce que les gens devraient avant tout retenir. Il aime apparaître et disparaître au gré de ses envies et frustrations.

Ces deux personnages vous ouvrent avec grand plaisir et sans prise de tête les portes de leurs univers respectifs sources d’idées infinies. Installez-vous confortablement et bon voyage !

En savoir plus sur les artistes :

Juges et graffeurs jouent au juste prix

Comme nous l’avons vu dans un précédent article, le seul fondement pertinent pour sanctionner l’artiste de rue agissant avec bombes ou feutres sans autorisation est le « délit de graffiti ». Ce délit sanctionne un dommage léger, pour autant que le propriétaire du bien concerné puisse prouver qu’il existe un dommage, causé par exemple par la nécessité de repeindre la surface graffée.

Sur ce point, les deux affaires ayant récemment opposé Monsieur Chat à la RATP et à la SNCF sont relativement atypiques puisque ses dessins, réalisés sur des surfaces en travaux, devaient en tout état de cause être recouvertes à bref délai par chacune de ces sociétés, qui ont donc peiné à démontrer un quelconque préjudice.

Pourtant, en général, il est relativement aisé pour le propriétaire du mur « graffé » sans son autorisation de démontrer l’existence d’un dommage, en fournissant au tribunal un devis concernant les travaux de nettoyage ou de peinture nécessaires à une remise en état. D’ailleurs, en pratique, les services de police recevant la plainte d’un propriétaire pour des faits de graffiti l’invitent de manière quasi-systématique à faire réaliser un devis et à le communiquer au juge en vue de l’audience.

Une décision du tribunal correctionnel de Coutances rendue en 2015 est intéressante sur la question de l’estimation financière du dommage subi par la « victime ». L’artiste B. le Piaf avait été interpellé par les services de police après avoir effectué des tags sur des murs en béton et du mobilier urbain, principalement constitués d’ « inscriptions amoureuses » (selon le procès-verbal de la police) du type « Je t’aime Camille » ou « Boris ♥ Camille ». L’un des propriétaires des murs concernés avait porté plainte et s’était constitué partie civile.

BLP 5

Le montant du devis communiqué par le propriétaire était de plus de 6.800 euros. De son côté, le prévenu avait fourni deux devis dont les montants étaient respectivement d’environ 1.000 et 1.500 euros. Face à ces éléments, le tribunal a fixé le montant du dommage à réparer à la somme de 1.800 euros, bien loin du montant réclamé par le plaignant.

En effet, si le propriétaire qui se porte partie civile devant le tribunal correctionnel a vocation à voir réparer intégralement son préjudice, il ne saurait obtenir une somme plus élevée que celle nécessaire à la réparation (et, de ce fait, s’enrichir). L’indemnisation financière a pour unique but la remise en état du bien. Peu importent les moyens mis en œuvre et les coûts associés dès lors que ce résultat est obtenu. Dans l’affaire de B. le Piaf, le devis de la « victime » a donc été considéré comme excessif par le juge.

La question de l’évaluation du dommage causé par des graffitis s’est encore posée récemment, dans l’affaire opposant la RATP à Azyle, légendaire graffeur du métro parisien, connu notamment pour avoir tagué un avion Concorde. En 2012, ce dernier avait été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à 8 mois de prison avec sursis et à 195.000 euros de dommages et intérêts en faveur de la RATP au titre du nettoyage des rames de métro. Azyle, qui n’a pas nié les faits mais qui a contesté le montant des dommages et intérêts qu’il estimait à 40.000 euros, a donc fait appel de la décision du tribunal correctionnel. Les juges d’appel l’ont finalement condamné à verser 138.000 euros de dommages et intérêts à la RATP.

L’argumentation développée par Azyle reposait sur le fait que la RATP, qui seule fournit les devis pris en compte pour évaluer le montant des dommages subis, en l’absence d’un expert indépendant, est « juge et partie ». Le graffeur et son avocat se sont donc livrés eux-mêmes à un travail d’expert afin de démontrer notamment qu’avec les produits de nettoyage de la RATP, il ne faudrait pas plus de 10 minutes pour effacer une surface taguée d’un mètre carré, contre un temps estimé à une heure par cette dernière.

La démonstration n’a pas convaincu la Cour d’appel de Paris.