Covid 19 X Prochain Paris Tonkar

Laissé en stand-by par le coronavirus, le dernier numéro du magazine attendu par tout le monde ne sortira qu’après la fin du confinement. Hélas ! Beaucoup sont ceux qui auraient aimé le lire pendant le confinement, mais ils peuvent toujours lire d’anciens numéros (commander ici). En attendant le prochain numéro nous avons sélectionné les vidéos YouTube de Weckman, VivacityRu et Rasko, à voir et revoir pendant ce confinement et même, surtout après. 

VIVACITYRU

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Lien vers la page : VivacityRu YouTube
VivacityRu vous donnera un aperçu assez varié de la qualité des styles des writers en Russie. Avec plus de trois cent vidéos, vous pourrez découvrir les exploits de Maiz, Agres, Puzo, Boeck, Dirty, Rock, Tesla, Kicker, Stock (et bien d’autres encore) sur trains, métro, murs, voies ferrées et rues. Le choix des supports n’a d’égal que le choix des armes du marqueur à l’extincteur : chaque vidéo unique démontre l’originalité de ses auteurs comme leur savoir-faire en matière de lettres. Bien que le writing apparaisse sur le sol de l’ex-URSS en 1987, les amateurs russes de ce mouvement n’ont rien à envier à leur alter-ego outre-pacifique (quand on se positionne sur la côte est de la Russie) ayant posé les jalons de cette pratique dans les années 60.

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Lien vers la page : VivacityRu Taps & Moses
Bien que le style puisse être dilué dans un mouvement d’une ampleur internationale, il conserve quelques spécificités locales. Les blocks letters, wild-style, throw-up s’ils sont influencés par les Etats-Unis et l’Europe, ils ont pu aussi trouver leur propre résonance eurasienne. Des formes de lettres typiques d’un style russe comme on peut le voir avec les déformations que subissent les lettres de Mayze, des lettres russes exécutées avec un ancien style de typographie comme le fait Dirty, Nozer, Tweso, des mélanges entre street art et lettres comme les réalisations de Charmer girl, Sole, ou bien du street art et des lettres comme VGA sait si bien le faire.

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Lien vers la page : VivacityRu Dups Crew
Il semble plus que difficile de voyager actuellement, et c’est ainsi que YouTube remplace Air France ou Aigle Azur. Prenons donc un billet pour la Russie avec VivacityRu. Entre deux rasades de Vodka et trois blinis, nous finirons bien par oublier que nous sommes confinés (ça va c’est pas du tout un stéréotype que de dire que les Russes mangent des blinis en buvant de la vodka, et j’aurais pu ajouter avec du caviar et une chapka sur la tête, si j’avais voulu)…

WECKMAN

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Lien vers la page : Weckman YouTube
Nous nous sommes tous demandés comment Weckman peut faire tourner des marqueurs entre ses doigts et taguer après. Certains coachs sportifs pensent qu’il muscle ses doigts et peaufine sa dextérité, justement pour accomplir ses prouesses artistiques. 50 millions de consommateurs estiment qu’il s’agit plutôt d’une « mise en doigt » afin d’étudier les différences entre les outils dont il se sert pour exécuter ses oeuvres. Tags à la spider, Handmixer, skinny d’origine, astrofat, correcteur, Oslo Rust, diverses tailles de squeezer et marqueurs remplis d’encre, de teinture ou de peinture, block letters remplis au rouleau ou à la bombe. Plus qu’une chaîne d’un graffeur sur ses exploits artistiques, c’est une véritable étude comparative qu’il nous livre.

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Lien vers la page : Weckman Spider
A travers les paysages de Saint-Petersbourg qu’il revisite, nous pouvons apprécier l’effet d’un Hubik sur une plaque d’égout et comparer cet effet sur le capot d’une camionnette russe. Weckman n’est pas un rustre russe qui laisse ses bonnes manières au vestiaire : même quand il tag. Il n’hésite pas à adresser un salut aux touristes admirant la capitale impériale de leur bateau voguant sur la Newa, après avoir testé un Handmixer sur la rambarde du pont. De même qu’en tout bon russe qui se respecte, après avoir fini son aérosol sur un fret, il le balance par dessus son épaule. Dans un élan plus vegan que alcoolique, nous pouvons également voir Weckman baptiser un mur d’une pastèque, ça nous dépayse fortement de ces pauvres coques de bateaux cognés par des bouteilles de champagne hors de prix.

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Lien vers la page : Weckman Oslo Rust
Weckman n’a pas de limites ni en terme de supports ni en terme d’outils : stickers sur le métro de Saint-Petersbourg, pièces chromées sur les frets russes, panneaux publicitaires revisités : tout y passe ou presque ! Il remplit des carnets de croquis de ses hand styles quand il ne sévit pas sur la ville, et tout ceci, nous pouvons le découvrir à loisir sur sa chaîne YouTube ainsi que son Instagram.

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Lien vers la page : Weckman Unpacking Box
Si vous hésitiez entre Oslo Rust, Molotow, rouleau ou aérosol, cette chaîne est faite pour vous, elle répond à toutes vos questions et devance celles que vous ne vous êtes pas encore posées.

RASKO

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Lien vers la page : Rasko YouTube

Nous nous sommes tous posés, au moins une fois dans notre vie, la question suivante : « est-ce que les graffs de Rasko sont des bonbons, du popcorn ou bien des graffs ?” Et malgré toute la littérature à ce sujet, pas un seul spécialiste n’a pu répondre à cette question. L’institut de mathématique Clay estime que si David Hilbert nous était contemporain, il aurait inclu cette question dans la liste de ses 23 problèmes, juste à côté de hypothèse de Riemann. De ce fait, l’institut envisage d’en faire le huitième problème du millénaire. A vous le million de dollars si vous réussissez à résoudre ce problème insolvable. 

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Lien vers la page : Rasko Killing It
En cette période de confinement, beaucoup d’entre nous ne savent pas quoi faire de leur cerveau et de ce fait ils peuvent à loisir étudier cette question. L’hypothèse la plus probable semble être inspirée de l’actualité : c’est un virus… D’ailleurs les peintures de Rasko sont souvent virales, qu’elles soient diffusées sur Instagram ou YouTube elles récoltent les likes, comme le gouvernement français récolte les amendes des gens sortis sans leur autorisation. Un bruit de couloir laisse même sous-entendre que le gouvernement italien ne se laissera pas faire et récoltera plus d’amendes que Rasko ne récolte de vues sur son YouTube. 

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Lien vers la page : Rasko In da hood
L’hypothèse numéro deux privilégie la thèse du bonbon : des couleurs acidulées, des courbes brillantes que dis-je brillantes ! rutilantes. Depuis la fermeture des centres de recherches, de sérieuses disputes à ce sujet ont éclaté dans les échanges entre certains chercheurs cherchant à présent sur Skype. Plusieurs chimistes s’opposant à la thèse du virus ont même parfois été bloqués sur Skype, coupant court à toute discussion, par les défenseurs de la thèse du virus émis par certains spécialistes en biologie.

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Lien vers la page : Rasko Mad Drawing 
Une troisième hypothèse pourrait très bien se confirmer dans les mois à venir sur la nature des graffs de Rasko : il s’agirait de pop corn, le même que celui que l’on achète dans les salles de cinéma. Cette hypothèse émise par un ancien apprenti de Joël Robuchon a toutes les chances d’être la plus probable. Dans une interview accordée à la revue Nature, il ajoute même qu’il s’agirait d’un pop corn sucré. Cette avancée a suscité un vif intérêt auprès de la communauté scientifique et des physiciens sont sortis de leur sentier battu en déclarant qu’ils ne laisseront pas une discipline qui n’est même pas une science pure nous expliquer la vie. Il ont mijoté concocté à cet effet la thèse du virus en forme de bonbon. Le spin des électrons pourrait peut-être bien démontrer qu’ils ont raison. S’il s’avère qu’ils ont raison plus qu’un pâtissier, ils nommeront leur découverte candyvirus en hommage au virus le plus connus du moment (le coronavirus, pour ceux qui ne suivent pas l’actualité, ou vivent en plein cœur de l’Amazonie (mais alors ils ne liront jamais cet article)). 

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Lien vers la page : Rasko Colorfull Painting
En attendant une confirmation scientifique nous pouvons toujours aller faire un tour sur ses chaînes YouTube afin d’avoir notre propre avis ou simplement regarder comment il fait du pop-corn des bonbons sur les murs et cliquer sur rejoindre.

Discocaso

Lorsque Clément m’a proposé d’exposer dans sa boutique, j’ai toute de suite eu cette idée d’investir les pochettes de disque. Habituellement ce sont plus les vinyles qui sont investis par les artistes que les pochettes. En attendant l’exposition physique, vous pouvez tous les retrouvez sur https://discocaso.com/

image-asset (4)J’ai choisis des pochettes de disques peu cotés afin de leur offrir une valeur, qui n’est plus basé sur le contenu mais le contenant. Mon choix s’est orienté vers des pochettes de disque incontournables, classiques, kitsch autant visuellement que auditivement. La série de pochette de disque comporte une quinzaine de pièces uniques. Ce sont des déclinaisons chromatiques de mon pseudonyme Lady. K jouant avec le visuel de la pochette.

image-asset (7)Des photos composaient certaines pochettes, j’ai retravaillé ces visuels : ajouter quelques palmiers, incorporé des cadres, occulté des visages avec des masques, remplacé une guitares par une hache. La seule pochette où je n’ai pas écrit Lady. K mais Amor, est celle de ce disque de musique classique. Il y avait une photo d’un bas-relief représentant Pan, il semblait si jeune et quand j’avais vu cette pochette j’avais tout de suite pensé à écrire Venus dessus. J’ai d’abord tenté de détourner la photo du bas-relief de Pan en l’habillant d’un short, d’une paire de lunette, remplacer sa flûte par un cœur, ça ne fonctionnait pas. Alors j’ai opté pour la sobriété d’une pochette unie, sombre et chaleureuse où j’ai collé un sticker très classique « hello my name is » afin de caser le monochrome, et contraster avec l’intérieur de la pochette ou explose le mot Amor sur le fond noir et blanc de photos, textes dactylographiés et manuscrits. L’autre pochette dénotant de la série est celle de la compile de Clément, je l’ai recouvert des couleurs des cartes de visite de sa boutique car je voulais également qu’elle soit le visuel de sa boutique.

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Je n’avais jamais peint sur des pochettes de disque aussi loin que je me souvienne, et le résultat est vraiment superbe. Je les aime toutes, elles ont toutes une particularité. Que ce soit la première pochette que j’ai peinte, qui est celle d’Aretha Franklin, la vue sur Venise ou sur une côte des disques de musique classique, le gris de la compile du Wu-tang, ou les liasses de billets du disque de WC, j’ai voulu garder les disques intacts afin qu’on puisse encore les écouter. Seul le disque d’Aretha Franklin est également peint, je n’avais pas la place d’écrire Lady. K en entier car je ne voulais pas recouvrir les personnages et je voulais garder la même taille pour tous les disques, j’ai donc rajouté le K sur la face du disque qui avait une large rayure.

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Avec clément nous avons décidé de les exposer encadré et disséminé parmi les disques dans leurs pochettes plastiques afin qu’il puissent garder leur coté œuvre d’art tout en chevauchant leur côté objet usuel.

In memoriam : Hipy

Suite à l’immense tristesse suscitée par le décès de HIPY, nous vous proposons de découvrir des hommages qui lui ont été rendus par des graffeurs et des amis. Celles-ci sont visibles sur la page Facebook des AOA.

« La communauté artistique dunkerquoise est en deuil. Patrice Loones, alias Hipy, nous a quittés dans sa 47e année. Natif de Rosendaël, Hipy a été fortement précurseur dans le domaine des arts urbains. Toujours disponible, fortement apprécié dans la communauté des graffeurs, il laissera une empreinte indélébile. Merci Hipy pour ton gout de la transmission et pour avoir égayé nos quartiers comme notre imaginaire de tes magnifiques fresques contemporaines ! »

Patrice Vergriete

Phet

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Phet commence à peindre en 1989 suite aux pièces et pièces qu’il voit dans la rue. Amok 156, Dejoe, Phos et Odem figurent parmi les artistes qui l’inspirent.  Il commence par écrire Kugel et change pour Phet en 1991. Ce nouveau pseudonyme est inspiré d’une réplique de Jackie Chan. Son père étant fan de kung fu, ils regardaient certains soirs des films d’arts martiaux.  Phet étudie pendant trois ans et obtient un diplôme de peintre-décorateur en 1994. Après avoir été décorateur pendant 22 ans il s’initie au tatouage et ouvre en 2018 un salon de tatouage dans le quartier de Wedding à Berlin. Phet maîtrise la réalisation de personnages, décors et lettrages, mais sa recherche s’épanouie réellement dans le travail de la lettre.

La lettre ne se situe ni dans la figuration, ni dans l’abstraction, elle est entre les deux. Le writing propose des images d’un nouveau genre : une représentation par l’abstraction de l’alphabet.  Lorsque le writer crée des lettres, il crée à partir d’une base calligraphique simple une proposition de calligraphie plus complexe. Il cherche de nouvelles formes comportant mouvement, rythme, cohérence. Cette opération de l’esprit appel à ses aptitudes de logique, d’observation, de réflexion, de déduction, d’invention afin de pouvoir créer des lettres harmonieuses revisitées par cette technique.  Créer des lettres pour le peintre est comme résoudre un problème mathématique. Il dispose de formes et couleurs tandis que le mathématicien a des chiffres et des opérateurs, et comme le mathématicien, il doit usiter de ces éléments pour créer un ensemble cohérent, harmonieux. Il manie les formes et les couleurs pour trouver une juste harmonie, comme un mathématicien utilise les chiffres et les opérateurs pour créer un ensemble cohérent.

maxresdefaultSi notre manière de penser est structurée par notre langue, il semble que les germanistes font de meilleurs mathématiciens. Est-ce que la structure transparente du vocabulaire allemand simplifierait des concepts complexes et entrainerait le cerveau à raisonner de façon plus logique ? Les contributions de l’Allemagne en sciences dures (Einstein, Planck, Schrodinger), humaines (Hegel, Goethes, Leibniz), artistiques (Durër, Schopenhaueur, Bach, Kandinsky, Klee, Lagarfeld), inventions (avec Gutenberg, Röntgen, Diesel, Benz, Braun) sont notables.  Elle se délecte également d’une recrudescence d’excellents writers tel que Daim, Mad.C, Skore, Phet. Le langage peut être un des facteurs pouvant expliquer pourquoi autant d’allemands produisent des lettres complexes et équilibrées par un rapport logique entre elle.

Phet invente des lettres où la ligne de l’écriture s’étire en surface. Ses lettres entraînent le regard à circuler du long de leurs lignes de l’intérieur vers l’extérieur et de l’extérieur vers l’intérieur. La surface est rythmée par une structure dynamique composée d’une alternance de lignes droites, rondes et pointes flottant entre vides et pleins, invoquant : force, fluidité, légèreté et dynamique. Phet hybride ces éléments pour créer des paraboles rendant la pointe plus délicate, la parabole plus gracieuse, évoquant une sensation de fragilité forte. Les droites courbées convoquent une sensation de douce stabilité. Il réinvente des éléments propres au writing : une poignée prend l’inflexion d’une courbe en cloche, il cambre et recourbe une flèche, ajoute un simulacre d’apostrophe triangulaire étirée d’un apex incurvé, ses volutes finissent des polygones convexes, et le bout de ses lettres s’échappent en arabesques.  Avec parcimonie il ajoute aux surfaces internes et externes des lettres des éléments chromatiques qu’il revisite (effet chrome, zébrures, fumée, nuages, éclats). Les structures que créé Phet bénéficient d’une palette originale (gris, vert d’eau et rose ; beige, orange et bleu par exemple)  dégradés et aplats se juxtaposent. Ces éléments constituent son alphabet personnel dont il se sert pour exprimer des sensations faisant osciller son éventail entre joie et peine, folie et sagesse, colère et sagesse.

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La maîtrise de l’aérosol qu’il pratique depuis 1989 offre à son style précision et assurance. Les années d’expérience de Phet octroient une liberté à sa peinture qui dépasse la technique (quasiment depuis ses débuts dans le writing). Le style de Phet est parfaitement identifiable et sa complexité rend son style difficilement copiable.

Le traité de peinture de Léonard de Vinci nous enseigne que le mouvement donne vie aux figures. Cela s’incarne dans les compositions de Phet qui défigent l’espace statique d’une toile ou d’un mur. Les supports émettent sous les traits de Phet un mouvement de respiration. Les lettres y dansent sur un rythme émis par les sillons de musiques imaginaires. Elles sont sobres, leur structure se suffit à elles-mêmes. Elles sont comparables à une formule mathématique qui est élégante parce qu’elle simplifie la complexité du monde. Les peintures de Phet ont cette élégance. Mais elles ne sont pas juste une représentation du monde, elles présentent un nouveau monde. Une  » mise en abysse  » façonnée par les aller-retours d’une peinture du réel qui déchire le réel à même le réel des murs.

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Si les germanistes font de bons logiciens, la vague d’immigration (des latinistes du nouveau monde) latino-américaine a largement contribué a inventé un style d’expression international, populaire, libre et aussi comme leur langue : chaleureux.  Le writing apporte une représentation de l’humain par ce qui le distingue des autres créations : l’écriture. L’écriture permet de communiquer des concepts complexes pouvant permettre de voyager dans l’espace par exemple. La figuration nous informe que nous sommes faits de chair, de nos images, et le tag nous dit que nous somme également fait de pensées, de ces mots qui existent parce que l’humanité a créé un langage pour matérialiser cette pensée, et des alphabets pour les perpétuer. Le writing est ce nouveau genre de peinture qui nous représente comme des individus modelés par la pensée. En effet c’est la pensée qui nous éduque, qui configure nos actes. Il est l’art du tag (pseudonyme) qu’il soit beau, démultiplié à l’infini, brutal, épaissit en graff (ou pièce), il est cette représentation d’une humanité qui pense.

En défiant l’autorité pour s’implanter dans la ville, le writing devient ce feu que Prométhée dérobe à l’Olympe. Il est cette folle tentation de se mesurer aux puissants et de s’élever au-dessus de sa condition. Il tente d’aplanir toute hiérarchie pyramidale, adoucir les maux échappés de la boite de Pandore par ses mots. Il est à l’image des révolutions industrielles qui ont contribué à pouvoir démocratiser l’accès aux ressources matérielles et intellectuelles longtemps confisquées par les classes aristocratiques et cléricales. La lignée (qui peut être symbolisée par l’image) ne définit plus notre place dans la société, mais avec la révolution industrielle c’est l’idée, l’innovation, qui va désormais définir notre place dans le monde.  L’art s’est emparé de cette nouvelle organisation, et le writing en est une des déclinaisons possibles. Il est le résultat d’une histoire des arts qui cherche à créer un mouvement de peinture international et la technologie qui permet de réduire les distances du monde de façon physique comme virtuelle.

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Phet magnifie par ses compositions cette propension de l’humanité à créer des concepts que l’écriture pérennise, à éduquer par la pensée et former des humains libres, à égalité avec les puissants. Il invente un monde de lettres empreint de liberté. Un monde de lettres logiques nées d’un élan plus émotionnel. A l’image du processus de rationalisation décrit par Antonio Damasio : le corps reçoit des sensations qui vont provoquer des émotions qui vont devenir des informations qui seront rationalisées ; Phet édifie un monde où l’irrationnel croise son antagoniste. Sa peinture symbolise le parfait compromis entre la raison et l’émotion.

Photographies : © DR

Down by law, une satire fascinante

La coulure en temps que technique de peinture représente des politiciens corrompus dans la série Down by law, « elle s’autonomise et dérègle le régime classique du signe[1]». Entre lois physique et lois législative, la série Down by law exprime l’organisation du monde avec ses processus créatifs basés sur les lois universelles de la gravitation et les lois juridiques organisant la vie dans la polis. La peinture de Fasim synthétise les éléments essentiels de la vie qui parcourent la cité. Une cité qu’il explore comme le lieu vivant où la performance du writing vient à dépeindre la vie dans la ville, sur sa peau et nourrissant sa pratique plus traditionnelle d’atelier.

La coulure fait partie du vocabulaire artistique : les larmes (Pieter Von Mol, Déposition, vers 1635), le sang (Fra Angelico, Saint Dominique avec le Christ en croix, vers 1941), l’eau (Lucas von Valckenborch, L’hiver, vers 1595), qui jaillit avec Francis Bacon (Jet d’eau, 1979), ou Jeff Wall (Milk, 1984), la peinture (Roy Liechtenstein, Brushstroke, 1965), elle devient le sujet central dans l’œuvre de Jackson Pollock, et Cy Twombly l’oppose aux aplats de pinceau dans Untiltted (Rose) en 2008. La coulure devient avec l’utilisation des aérosols et des marqueurs, la nouvelle conquête du peintre. Peindre avec un aérosol nécessite de pouvoir maîtriser le flot de peinture, ce à quoi s’exerce Fasim depuis sa rencontre à Barcelone en 1986 avec Henry Chalfant. La coulure est censurée ou exploitée dans l’esthétique du writing dont l’esprit imprègne le street art. Fasim inscrit la coulure dans la tradition de la peinture espagnole dont il renouvelle le style. Les facettes cubistes des portraits de Picasso, les montres de Dali, sont métamorphosées en coulées chez Fasim. Il s’empare de ce vocable pictural qui traverse l’histoire de la peinture pour réaliser les portraits de politiciens corrompus de la série Down by law. Ces figures du pouvoir coulantes rappellent les épanchements qui s’écoulent des saintes plaies de cette autre figure du pouvoir qu’est le Christ (Rogier Van der Weyden, Crucifixion, vers 1425-1430, Fra Angelico, Crucifixion, vers 1430, Véronèse, Pieta, 1581). La monarchie espagnole, son déclin, la dictature franquiste, la Movida, la monarchie constitutionnelle, le bi-partisme sont autant d’éléments fort de l’histoire qui peuplent  l’espace culturel d’une Espagne en pleine mutation et forment des tresses avec les traditions catholiques, royalistes et les héritages démocratiques gréco-romain. Tout cela vient se glisser entre les vides et les pleins des œuvres de Fasim, et finissent par déborder, ivre du désir de la liberté.

La série Down by law libère le discours des formes académiques et entraîne cette dialectique ruisselante à faire jaillir l’épouvante contenue dans les œuvres des politiciens corrompus inondant la cité qu’il a choisit de peindre et dépeindre. Il y a dans la coulure la brutalité de la sensation manifestée qui n’est pas encore conscientisée. Elle exprime cette sensation reçue, tend à faire apparaître un langage archaïque, sensitif. Elle représente le mouvement, l’instabilité, l’évolutif, elle incarne la vie, le doute, elle s’oppose aux dogmes stables et rigides. Les coulures de la série Down by law offrent un espace entre l’épouvante qu’elle convoque et l’assainissement par la liquidité, comme si ces portraits de politiciens décadents pouvaient dégouliner jusqu’à disparaître de la scène politique.

Cette satire picturale représente le pilonnage des politiciens immoraux en 2018 en Espagne, comme la Guernica peut représenter le bombardement ordonné par les nationalistes espagnols en 1937, elle invite à la réflexion par la dénonciation. L’art « possède une force d’éveil prophétique qui peut avoir une profonde influence[2]»  appel au changement avec la série Down by law de Fasim.

[1]La coulure.  Histoire(s) de la peinture en mouvement, Paris, éd.. Hazan,  2015, p. 95.

[2]Wassily Kandinsky, Du spirituel dans l’art, et dans la peinture en particulier, Paris, éd. Denoël, coll. « Folio », 1989, P. 58.

1- DOWN BY LAW nº 39 - Acrylic paint on paper, 29,7 x 42 cm - 2017 baja

Down by law – A fascinating satire

Dripping as a pictorial technique represents corrupt politicians in the series Down by Law, « it be-comes self-sufficient and disrupts the classical regime of the sign”.

Between physical laws and legislative laws, the Down by Law series expresses the organization of the world with its creative processes based on the universal laws of gravitation and the legal laws organizing life in the polis.

Fasim’s painting synthesizes the essential elements of life that run through the city. A city he explores as a living place where the performance of writing comes to depict life in the city, on his skin, and nourishing his more traditional workshop practice.

Dripping is part of the artistic vocabulary: present as tears (Pieter Von Mol, Deposition, around 1635), as blood (Fra Angelico, Saint Dominic with Christ on the cross, around 1941), like water (Lucas von Valckenborch, Winter, circa 1595), which springs with Francis Bacon (Jet d’eau, 1979), or Jeff Wall (Milk, 1984), as paint (Roy Liechtenstein, Brushstroke, 1965); it becomes the central subject in Jackson’s work Pollock and is opposed to brushstrokes in Cy Twombly’s Untitled (Rose) in 2008.

With the use of aerosols and markers, dripping becomes the new conquest of the painter. To paint with an aerosol requires to control the flow of paint, which Fasim has been doing since meeting Henry Chalfant in Barcelona back in 1986. Dripping is censored or exploited in the aesthetics of writing, whose spirit permeates street art.

Fasim inscribes dripping in the tradition of the Spanish painting, of which he renews the style: the cubist facets of Picasso’s portraits and Dali’s watches morph into drips in his work. He makes this pictorial term that runs through the history of painting his own to portray corrupt politicians in the series Down by Law. These figures of power recall the effusions leaking from the holy wounds of this other figure of power that is Christ (Rogier Van der Weyden, Crucifixion, around 1425-1430, Fra Angelico, Crucifixion, around 1430, Veronese, Pieta, 1581).

The Spanish monarchy, its decline, Franco’s dictatorship, the Movida, the constitutional monarchy, the bi-parties are all strong elements of history that populate the cultural space of a country, Spain,  immersed in transformation, and that link with Catholic, Royalist, and Greco-Roman democratic inheritances.

All these slides and pour between the gaps and the shapes of the works of Fasim, and end up overflowing them, drunk with desire for freedom.

The series Down by Law frees the discourse from academic forms and leads this dripping dialectic to expose the contained terror that lies in the corrupt politicians’ works scattered across the city he chose to paint and depict. In the dripping lies the brutality of the manifested sensation which is not yet conscious. It expresses this received sensation and tends to reveal an archaic, sensitive language.

It represents movement, instability, evolution, it embodies life, and doubt; it opposes stable and rigid dogmas.

The drips of the Down by Law series offer space between the horror it conjures up and the cleansing through liquidity, as if these decadent politicians portrayed could leak and drip away to the point of disappearing from the political scene.

This pictorial satire represents the constant bombarding of politicians’ immorality in 2018 in Spain, as the Guernica can represent the bombardment ordered by the Spanish nationalists in 1937, and it invites reflection through denouncement. Art « has a prophetic awakening power that can have a profound influence ».

Fasim’s Down by Law series calls for change.

9- DOWN BY LAW nº 45 ( Corrupt politician IV )- Acrylic paint on paper, 29,7 x 42 cm - 2017 baja

LINEA6 Backstore, C/ Ample de la Mercè, 20, Palma de Mallorca, 07002, Baleares. https://linea6.com/

From May 4 and up to the beginning of August you can visit the individual exhibition of the Barcelona artist Germán Bel / Fasim in the small gallery of Linea6 Backstore in Palma de Mallorca entitled; ‘Down By Law, Works on paper, 2018’.

The title refers to the series of paintings on paper painted in rigorous black acrylic that the artist has been developing for about a year and the series has not yet concluded, Fasim clarifies; « I’ve painted around 180 until now, but I have not yet cataloged them all, only about 50 or so, I do not all like them either, but I have not bored myself and the series promises to get longer, new paintings keep coming out every day, I want to see how far arrive. »

The series has never been shown to the public and a selection of nine original paintings on paper from the Down by Law series is presented for the first time, four of which are dedicated to corrupt politicians, on this point and on the selected series of paintings. graffiti writer and painter Lady K 156 / Jessica Balota has written a text for the occasion.

The show is complemented by two numbered serigraphs, one of the same series as the exhibition.

The exhibition hall is exhibiting artists since July 2016, date of its inauguration and artists such as Dems333, Egs or Xena among others have already passed.

If you are going to visit Mallorca this summer you can not miss the opportunity to visit this unique exhibition.

5- DOWN BY LAW nº 41 - Acrylic paint on paper, 29,7 x 42 cm - 2017 BAJA.jpg

Down By Law – Una sátira fascinante. 

« El goteo como técnica pictórica representa a políticos corruptos en la serie Down By Law, que «es autosuficiente y desbarata el sistema clásico del signo».

A caballo entre las leyes físicas y las legislativas, la serie Down By Law versa sobre los procesos creativos basados en las leyes universales de la gravedad y en las leyes jurídicas establecidas para la vida en la polis.

La pintura de Fasim sintetiza los elementos esenciales de la vida que forman parte de la ciudad. Una ciudad que explora como lugar vivo, donde los textos rotulados retratan la vida urbana, sobre su piel y nutriendo su trabajo más tradicional de estudio.

El goteo forma parte del vocabulario artístico: lágrimas (Pieter van Mol, Descendimiento, hacia 1635), sangre (Fra Angelico, Santo domingo, adoración del Crucificado, hacia 1941), agua (Lucas van Valckenborch, Invierno, hacia 1595; Francis Bacon, Chorro de agua, 1979), leche (Jeff Wall, Leche, 1984), pintura (Roy Liechtenstein, Pincelada, 1965). El goteo se convierte en el motivo central de la obra de Jackson Pollock. Por el contrario, Cy Twombly lo contrapone a manchas de colores planos (Sin título, Rosa, 2008).

El goteo es el nuevo territorio pictórico a conquistar, junto con el uso de los botes de espray y los rotuladores. Pintar con espray exige dominar el chorrear de la pintura, algo que Fasim ha estado practicando desde que conoció a Henry Chalfant en Barcelona en 1986. El goteo se suele censurar o se usa como estética grafitera; en toda su esencia rezuma arte callejero.

Fasim ha logrado introducir el goteo en la tradición pictórica española y revitalizar el estilo. Fasim transforma en goteos los elementos cubistas de los retratos de Picasso o los relojes de Dalí.

Fasim se apropia de este vocabulario pictórico que recorre la historia de la pintura para realizar los retratos de políticos corruptos de la serie Down by Law. Estas figuras del poder que gotean recuerdan a las efusiones que se derraman de las llagas sagradas de esa otra figura del poder que es Jesucristo (Rogier Van der Weyden, Crucifixión, hacia 1425-1430, Fra Angelico, Crucifixión, hacia 1430, Véronèse, Pieta, 1581).

La monarquía española y su decadencia, la dictadura franquista, la movida, la monarquía constitucional o el bipartidismo son potentes elementos históricos que pueblan la cultura española en plena mutación, y que enlazan con las tradiciones católicas, monárquicas y la herencia democrática grecorromana.

Todo ello se desliza entre los vacíos y los llenos de las obras de Fasim y acaba por desbordarse, embriagado de anhelo de libertad.

La serie Down By Law libera el discurso de las formas académicas y da pie a una dialéctica chorreante que suscita el terror repentino contenido en sus pinturas de políticos corruptos que inundan la ciudad que él ha elegido pintar y describir. En el goteo se halla la brutalidad de la sensación manifestada de la que todavía no se tiene consciencia. En él se expresa esa sensación recibida, y tiende a hacer aparecer un lenguaje arcaico, sensitivo.

El goteo significa movimiento, inestabilidad, evolución, vida, duda y se opone a los dogmas estables y rígidos.

Los goteos de la serie Down By Law sugieren un espacio entre el espanto que evocan y la purificación a través de la fluidez, como si esos retratos de políticos decadentes pudieran irse escurriendo hasta desaparecer de la escena política.

Esta sátira pictórica representa el bombardeo de políticos inmorales en España en 2018, como el Guernicapuede representar el bombardeo ordenado por los nacionales españoles en 1937; invita a la reflexión a través de la denuncia.

Las obras de Fasim en Down By Law son una llamada al cambio.

7- DOWN BY LAW nº 43 - Acrylic paint on paper, 29,7 x 42 cm - 2017 baja.jpg