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Il y a une trentaine d’années, j’ai commencé à faire de la batterie dans un groupe qui s’appelait « Passion Fodder », on avait signé chez Barclay et on était distribué dans le monde entier. Je me suis dirigé ensuite vers le théâtre, j’ai fait quelques pièces et écrit les spectacles moi-même, et je me suis dirigé vers la peinture il y a une vingtaine d’années.

NLM Laoutec

Était-ce de la peinture traditionnelle ?
NLM Laoutec : Au départ, c’était plutôt dans l’idée de l’art brut et singulier. Puis, j’ai rencontré Posca il y a cinq ans lors d’un anniversaire, on avait un ami commun avec Fabrice. Il cherchait à cette époque-là des peintres pour leur fournir du matériel, pour voir ce qu’ils allaient en faire. Voila comment ça a commencé entre nous.

NLM Laoutec

Comment s’est alors passé le premier échange ?
NLM Laoutec : J’ai pris le matériel mais je ne voulais pas essayer de faire la même chose que d’habitude parce que je travaillais plus avec des pastels secs et gras. Je me suis acheté des vestes en cuir aux puces de Montreuil et j’ai commencé à les peindre. J’ai fait un usage approprié des Posca et ça m’a permis de travailler de nouvelles formes. Comme ça a plu à Fabrice, ça a continué et petit à petit, j’ai ouvert une boutique à Belleville, c’est à la fois mon atelier et mon lieu d’exposition principal. Régulièrement, pendant trois ans et demi, un peintre a exposé chez moi, car je pouvais libérer un mur de six mètres. Ça m’a donc fait rencontrer beaucoup de peintres différents dont certains qui travaillaient avec Posca.

NLM Laoutec

Toujours en continuant les manteaux ?
NLM Laoutec : Oui, et d’autres choses, car j’ai aussi développé ma peinture en même temps. Depuis trois ans, je travaille vraiment avec des Posca et j’ai invité peut-être une trentaine d’artistes, de peintres, dans ma galerie. J’ai organisé aussi avec l’aide de Posca des événements comme la Biennale Off de Belleville qui s’appelle Bob 2014, Bob 2012, et puis la Fête de la lumière au mois de décembre. Comme je suis dans une rue piétonne, il est très facile de se l’approprier pour faire des événements extérieurs, d’autant qu’il y avait pas mal d’espaces à peindre pour des street artistes.

NLM Laoutec

Qu’est-ce exactement les Posca ?
NLM Laoutec : C’est un outil, proche du feutre avec en même temps une qualité de peinture bien différente. C’est quand même de l’acrylique, ça n’a pas d’odeur, ce n’est pas toxique. Ils appellent ça « marqueur » mais ce n’est pas tout à fait la même chose, ils ont leur spécificité.

NLM Laoutec

Où est-ce que ça a démarré ?
NLM Laoutec : Au Japon mais après, je ne connais pas du tout la distribution.

NLM Laoutec

Beaucoup d’artistes se servent maintenant du Posca. Comment s’est venu ?
NLM Laoutec : C’est plus une histoire de bouche à oreille, et de découverte. C’est arrivé dans le milieu des années quatre-vingts, et ça a commencé aussi à être pris par les graphistes de pub qui y ont trouvé un intérêt pour faire divers plans de présentations de projet : ça leur fait gagner du temps et ça leur évite de faire des mélanges compliqués. Et les graffeurs de l’autre côté ont commencé aussi à s’en emparer parce que ça leur permettait de faire leur maquette, avec des couleurs proches des bombes et un travail similaire. Comme c’était un peu cher, beaucoup de Posca circulaient dans un groupe, c’était vraiment un instrument qui se passait de main en main.

Quand on parle de Posca, quelle est l’évolution ces dix dernières années ?
NLM Laoutec : J’ai rencontré la première fois les Posca en 1990 pour faire un dossier d’une pièce de théâtre. À l’époque, il devait y avoir huit couleurs mais ils ont dû maintenant doublé, largement. Je ne les utilise pas tous, j’ai mes couleurs préférées, et il y a surtout une qualité de pointe qui a énormément évolué.

Quel est l’ordre de prix ?
NLM Laoutec : En moyenne, dans les trois ou quatre euros.

 

Liens :
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http://www.jokerpromotion.fr
http://ateliers-artistes-belleville.fr/artiste/laoutec/

Interview : Cédric Naïmi
Crédit photos : NLM Laoutec

État des lieux du graffiti et du street art - Enquête

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