
En 2015, l’artiste Ernest Pignon-Ernest souhaite prolonger à Naples le parcours de son projet « Se torno » qui l’a vu coller sur les murs de Rome et de Matera l’image d’un Pasolini au regard sévère portant dans ses bras son propre corps sans vie. C’est Davide Cerullo, enfant du quartier passé par la criminalité avant de trouver la rédemption dans la poésie, qui va lui ouvrir les murs de Scampia, banlieue populaire de Naples dans laquelle l’artiste voit un univers pasolinien d’aujourd’hui. Le Français découvre son travail photographique saisissant depuis une dizaine d’années la vie du quartier dans ses aspects les plus durs, mais également avec l’espoir et la conviction que les enfants seront sauvés par l’instruction. Des textes d’auteurs renommés comme Erri De Luca ou Christian Bobin joignent leur voix à celle d’Ernest Pignon-Ernest pour introduire les photographies de Cerullo. Cet ouvrage est magnifique et nous montre le côté obscur de la société italienne, celle des pauvres et des perdants de la mondialisation. Vous aurez certainement envie de vous replonger ou de découvrir la somme publiée sur Ernest Pignon-Ernest par le même éditeur. L’humain avant tout.
Ce livre est une perle rare. Un de ceux que l’on ne feuillette pas distraitement, mais que l’on prend le temps de regarder, de lire et de laisser résonner. Un must-have pour qui apprécie le travail d’Ernest Pignon-Ernest et, plus largement, une certaine idée de l’art engagé, profondément humain.
En 2015, l’artiste prolonge à Naples son projet Se torno, après Rome et Matera. Il y colle cette image saisissante de Pasolini, au regard sévère, portant dans ses bras son propre corps sans vie. À Scampia, quartier populaire trop souvent réduit à ses clichés, cette figure trouve une résonance particulière. Ernest Pignon-Ernest y perçoit un univers pasolinien contemporain, brut, tragique, mais traversé d’élans de vie.
La rencontre avec Davide Cerullo donne au projet une profondeur supplémentaire. Ancien enfant du quartier passé par la criminalité, sauvé par la poésie, Cerullo ouvre à l’artiste les murs de Scampia. Ses photographies, prises depuis une dizaine d’années, saisissent la dureté du quotidien sans jamais tomber dans le misérabilisme. Elles montrent aussi l’espoir, la dignité, et cette conviction forte que les enfants, par l’instruction, peuvent échapper à la fatalité.
Le dialogue entre les images et les textes est l’une des grandes forces de l’ouvrage. Les mots d’Ernest Pignon-Ernest, mais aussi ceux d’auteurs comme Erri De Luca ou Christian Bobin, accompagnent les photographies avec justesse et pudeur. Rien n’est surligné, rien n’est démonstratif. Tout est à hauteur d’homme.
Ce livre donne à voir le versant sombre de la société italienne, celle des pauvres, des oubliés, des perdants de la mondialisation, mais il le fait avec une infinie délicatesse. L’humain est toujours au centre, jamais écrasé par le discours.
On referme l’ouvrage avec l’envie de se replonger dans le travail d’Ernest Pignon-Ernest, ou de le découvrir plus largement à travers la somme publiée par le même éditeur. Un livre fort, nécessaire, qui laisse une empreinte durable.
