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JisbarQui es-tu ? Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Jisbar : Hello, tout d’abord merci Tarek, c’est un plaisir de pouvoir parler aux lecteurs de Paris Tonkar. Je m’appelle Jisbar, je suis un jeune artiste peintre de 26 ans ; je pratique la peinture depuis une dizaine d’années principalement sur Paris. Mon style est souvent qualifié de Pop/Street. Comme son nom l’indique, il mélange le pop’art, pour ses références à la pop culture mais aussi pour ses couleurs, et le street art, pour sa spontanéité, ses inspirations et ses codes.

Jisbar

A quel moment as-tu vu tes premiers tags, graffes, pochoirs, collages ?
J. : J’ai instantanément été transporté dans la culture urbaine quand je me suis mis à pratiquer le skateboard vers mes 13/14ans. L’art était partout : dans les magazines, sous les planches de skate, dans les shops, dans les endroits où je ridais. La musique en parlait et même les fringues que je portais avaient des visuels street art… Je me suis tout de suite senti dans mon élément.

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Est-ce que cela t’a donné envie de faire la même chose ?
J. : Bien sûr ! J’étais totalement admiratif de ce que je voyais. Dans les rues, il y avait une diversité incroyable : du pochoir, du stickers, de l’affiche, du tag, du graff, des installations… bref de quoi laisser libre cours à l’imagination de chacun. J’ai vraiment eu le sentiment de vivre l’acceptation et la démocratisation de cette forme d’art auprès d’un grand nombre de personnes.

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Que penses-tu des « street artistes » ?
J. : Je n’ais jamais eu la prétention de dire que j’étais un street artiste, c’est une spécialité très complexe qui demande de l’habilité, de la spontanéité et de la créativité ; c’est également une démarche spécifique avec un message fort. Ma formation de base est plus conventionnelle, toile et chevalet. Mais là où je m’identifie aux street artistes, c’est dans cette volonté de rendre le message vivant, à la limite du borderline, de jouer avec les codes et les règles mais aussi de le montrer au plus grand nombre. Mes toiles sont rarement cloitrées des mois en galeries. Elles vivent, elles vont d’une expo à une autre. Elles sont créées en atelier ou dans la rue, en solo ou en live painting. Mon atelier est ouvert au public. Cette proximité et cette volonté de partage, c’est ce qui me rapproche des street artistes.

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Et pourquoi as-tu eu envie de t’exprimer dans la rue ?
J. : Après, il m’arrive d’interagir ponctuellement avec la rue. Avec mon crew, nous avons monté une street team, afin de pouvoir coller les affiches de groupes de musique qui nous sont proches. J’ai également pas mal de potes dans le milieu du street art avec qui je ne me refuse pas d’embellir certaines parties de Paris. Et je me suis remis, il y a environ un an aux stickers, que je colle avec rigueur partout où je me déplace.

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Est-ce un passage obligé dans ta création artistique ?
J. : Oui ! Le street art est au centre de ma création artistique, il est ma première source d’inspiration. Je suis un grand observateur et je suis sensible à ce qui m’entoure, notamment dans les rues. Il est tellement varié que c’est une énergie infinie. C’est également, à mon sens, la traduction des courants sociétaux actuels. Le street art évolue aussi vite que ne le font notre société et nos mœurs. C’est, pour moi, l’indicateur le plus fiable et sincère de l’expression populaire.

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Peux-tu nous raconter ton histoire à partir du moment où tu as commencé ?
J. : J’ai été plongé au cœur du street art grâce à la culture skate, j’ai tout de suite été émerveillé par plusieurs artistes comme Mr Chat, Chanoir, Jeff Aerosol, Blek, Cope2, Space invaders, Obey, Tilt et plein d’autres. En parallèle, je me suis construit une culture artistique dite conventionnelle avec des artistes comme Pierre Mathieu, Andy Warhol, Keith Haring, JM Basquiat, Peter Blake, Jasper Johns, David Hockney, Roy Lichtenstein…
C’est vers mes 16/17 ans que j’ai pu perfectionner mon style et trouver une synergie gagnante entre le pop et le street art. Depuis cette période, je n’ai, sans cesse, essayé de faire évoluer mon style vers le mélange parfait des deux, en essayant de mettre en valeur les points forts de chacun.

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As-tu exposé en galerie ?
J. : J’ai essayé de faire les choses dans l’ordre, sans me précipiter, afin de gagner en expérience. J’ai commencé par exposer dans des bars comme le Dandy, le Lab, l’Anti-café et le Paname art café, le workshop par exemple, pour ensuite exposer dans des market-places tels que le Free market de Paname ou le Soixante-dix, pour ensuite exposer en galerie et web galerie. Je suis actuellement représenté par la Greenwood Gallery, qui se trouve dans le 3eme arrondissement de Paris, et par la « web-galerie » Eferya, qui est une toute nouvelle plateforme de promotion d’artistes.
J’en profite également pour te dire que le 24 septembre aura lieu l’exposition #Sprayview que j’ai montée avec mon ami Thurb. Elle proposera au public de découvrir le travail de 25 artistes sur le thème de la bombe de peinture. Le vernissage se passe à 19h le 24 septembre à la Greenwood Gallery (info sur facebook et intagram)

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Est-ce que tu vis de ton art ?
J. : Je vie en partie de mon art, mon activité de peintre est fortement liée à la conjoncture du marché de l’art. Mais une chose est sûre, le plaisir que me procure cette activité restera toujours intact, quoiqu’il arrive !

Peux-tu nous donner quelques anecdotes ?
J. : Afin d’être apporteur d’idées, j’essaye d’innover dans ma démarche. Il m’arrive, quand je suis dans une bonne lune, de planquer une de mes toiles dans la rue, et de l’annoncer sur mes réseaux sociaux. Le plus rapide pourra récupérer la toile. C’est une démarche très street art, puisque l’œuvre, du moment qu’elle est dans la rue, n’appartient plus à personne. Elle va donc vivre au rythme de son environnement et il peut lui arriver le meilleur comme le pire. C’est du Pop / Street-Art 2.0

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Photographies : Jisbar

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