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L’apparition du Hip-Hop à l’île de la Réunion dans les années 1982 amène toute une nouvelle culture : le style de vêtement, les beats, les MCs, DJ, breakdance et le Graffiti. Le Hip-Hop connaît un certain succès à la Réunion notamment grâce à l’émission H.I.P.H.O.P animée par Sidney, accueillant notamment le Graffeur new-yorkais Futura 2000. LOIZO fait partie de ceux qui ont permis au graffiti de s’étendre sur l’île.  

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Ses influences et son parcours :
Jeune et insouciant, LOIZO, emporté par l’engouement du Hip-Hop, découvre le Graffiti en traînant dans les garages sans vraiment chercher à comprendre la signification du mouvement.

87-89 : Influencé par ENZO, ami et Graffeur Parisien, ils créent le crew NGS ‘Nouvelle Génération Suprême’, c’est l’occasion pour LOIZO d’approfondir ses techniques de writer et l’apprentissage du « vrai » mouvement HIP-HOP avec l’apparition de Radio NOVA.

89-95 : LOIZO connaît la première étape de son apprentissage du Graffiti grâce à SKIO, Graffeur Parisien. Il aborde les codes du lettrage, top to bottom*, les flops,… Il aspire alors au Graffiti en solo.

*peinture qui commence en bas du wagon et qui va jusqu’au toit, sans recouvrir tout le wagon, contrairement à un whole-car.

Son rapport au Graffiti d’aujourd’hui à la Réunion :
Dans les années 1990, le matériel était plus difficile à avoir. Aujourd’hui c’est le contraire, on peut trouver de la spray partout.

A la Réunion, le mouvement Graffiti a perdu en ampleur ces dernières années, les nouvelles générations de writers ne poussent pas assez loin le lettrage. Il y a un manque de création, pas dans les techniques mais dans la volonté d’aller taguer. Aujourd’hui certains Graffeurs demandent l’autorisation pour peindre un mur ! Non, le Graffiti s’impose, pas besoin d’autorisation !

Au début du mouvement à la Réunion, les portes des toilettes d’un lieu public étaient constamment recouvertes de tag, aujourd’hui c’est blanc… ça montre bien l’essoufflement du vrai Graffiti.

Que ce soit à la Réunion ou en métropole, la signification du mot Graffiti perd tout son sens, le Graffiti est un art libre qui utilise la lettre ou le perso.

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© Jerome Picard

Street-art vs Graffiti ?

C’est un nouveau mot inventé pour englober tous les arts urbains, enjoliver le Graffiti. Le mot Street-art passe mieux quand tu as un projet à présenter dans les mairies. Le mot graffiti reste agressif. Moi je ferai toujours du Graffiti, je sais où je veux aller.  J’aime l’essence du Graffiti même : être à 3h du mat dehors, galérer pour trouver un spot, galérer pour trouver le sentier sous un pont…pour accéder au mur repéré. 

Le travail qui a été fait à la Réunion autour du Street-art : recouvrir les murs des quartiers par de beaux paysages, des oiseaux… , c’est génial, MAIS lorsqu’on regarde les bacs à sable des enfants qui sont totalement abandonnés car en mauvais état, je me demande bien pourquoi avoir mis de l’argent dans de la « décoration » plutôt que dans la rénovation du parc pour enfant… Il y a eu un échange entre Street-artistes et enfants pendant la peinture mais il n’y a pas de suite… Pour les enfants il n’y a pas eu d’évolution, le terrain vague reste en mauvais état… Pourquoi mettre du Street-art là ? Dans quel sens ?

Son parcours dans le Graffiti :
Je préfère peindre un panneau, un petit mur seul et être en perpétuelle évolution sur mes productions.
Je suis comme le vent, j’ai pris conscience de l’éveil. Amener un plus, niveau caps, spray… aider et partager avec autrui. Toujours faire une pièce pour faire réagir le public. C’est le Graffiti qui m’a choisi. Le Hip-Hop, c’est « So Fresh », dans 40 ans, je grafferai toujours. Depuis les années 80, le Graffiti est mon équilibre et ma liberté, si je n’ai pas ça… LOIZO I VOL PI (LOIZO ne vole plus).

Un dernier mot :
Paix dans la galaxie et restez en perpétuelle évolution.

Crédits photos : 22 V’là / Le Graffiti 974